Matière, architecte industriel du renouveau des pylônes électriques français
Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, a visité lundi 4 mai l’usine de la Souleyrie de Matière, où seront usinés une partie des pylônes nouvelle génération de RTE.
Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, a visité lundi 4 mai l’usine de la Souleyrie de Matière, où seront usinés une partie des pylônes nouvelle génération de RTE.
D’ici 2040, RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, va renouveler 85 000 pylônes haute tension. Un chantier titanesque avec une triple exigence : des pylônes plus simples à déployer, mieux intégrés dans le paysage et plus résistants au
changement climatique (phénomène de corrosion cathodique). Les 1 000 premiers exemplaires au moins de ces pylônes innovants vont sortir des usines de l’entreprise Matière à laquelle le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a consacré le premier temps de sa visite sur Aurillac lundi 4 mai.
1 000 premiers pylônes
Remporté par l’industriel cantalien en concurrence avec neuf autres dossiers, ce contrat de 60 millions d’euros étalés sur cinq ans, va lui permettre de rebondir dans un contexte de ralentissement économique plombé par les affres géopolitiques et “les inspirations malheureuses des écologistes qui bloquent beaucoup de projets, entre autres autoroutiers”, a glissé Philippe Matière, président du groupe. Les quatre premiers prototypes de ces pylônes nouvelle génération ont été validés la semaine dernière par RTE et les premiers exemplaires seront déployés sur la ligne Decazeville-Montauban à compter de septembre prochain. S’ils répondent pleinement au cahier des charges, un nouveau contrat prometteur pourrait s’ouvrir à terme pour Matière dont une partie de l’usine de la Souleyrie est en cours de reconversion pour accueillir cette fabrication. “On s’est lancé là-dedans alors qu’on n’était absolument pas du métier, a expliqué Philippe Matière au ministre Martin. Ce sont mes collaborateurs qui m’ont poussé à le faire.”
Spécialiste du béton armé
Novice dans les pylônes, Matière est à l’inverse spécialiste du béton armé préfabriqué, matériau qui composera le fut des futurs pylônes, avec l’avantage de pouvoir être peints pour une meilleure insertion dans leur environnement. La partie métallique recevant les lignes sera elle usinée dans un premier temps sur son site de Bagnac-sur-Célé avant d’être transférée sur Decazeville, dans l’ancienne fonderie Sam, que la Région Occitanie, propriétaire du site, va reconvertir puis mettre à disposition.
Réalisés selon les plans de l’agence Nimos, ces pylônes vont assurer aux 100 salariés de l’unité de la Souleyrie de l’activité sur les trois prochaines années.
“Si j’ai choisi de venir ici, c’est pour montrer au pays qu’il y a de la production industrielle partout, y compris dans des territoires ruraux comme le Cantal, a déclaré le ministre.
"Beaucoup de gens dénigrent notre industrie, ne voient que ce qui va mal, oubliant qu’on a des savoir-faire industriels comme ici chez Matière qui exporte partout à travers le monde", a fait valoir le ministre délégué. Une entreprise dont l’innovation est constitutive de l’ADN : après les ouvrages d’art en béton armé préfabriqué installés sur les rocades, autoroutes, lignes de TGV, les ponts métalliques modulaires Unibridge® déployés entre autres dans les pays théâtres de conflits destructeurs, les éoliennes off-shore, Matière va contribuer au plan d’électrification annoncé par le Premier ministre pour assurer la souveraineté tricolore.
Lors de sa visite, Sébastien Martin a pu également mesurer l’ancrage international de l’entreprise cantalienne, actuellement dans neuf pays : Philippines, Indonésie, Sénégal, Bénin, Burkina Faso,... mais aussi Libye, son plus gros client. “Quand vous dites aux banques que vous allez travailler avec la Libye... elles partent toutes en courant”, a glissé Philippe Matière, qui a tenu à souligner l’appui vital de l’État - via les garanties à l’export, les crédits du Trésor ou encore la BPI - pour les entreprises qui exportent, a fortiori vers des destinations à risques. Et l’État pourrait être mis à contribution sur d’autres projets - dont le ministre s’est entretenu en privé avec Philippe Matière - tournés vers le génie civil, et les ouvrages d’art métallique.