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"L'urgence est de gérer les stocks et la production actuelle "

Patrice Chassard, vice-président de l’Interprofession Saint-nectaire, collège producteur, s'exprime sur la chute de consommation de l'AOP Saint-Nectaire en cette période de crise

© auvergne agricole

« Les ventes de Saint-nectaire se sont effondrées de 30 à 70%, voire plus, selon les circuits de commercialisation. La fermeture des cantines et des restaurants a impacté le Saint-nectaire laitier. Le Saint-nectaire fermier souffre quant à lui de la fermeture des circuits courts (marchés…). Les producteurs, laitiers ou fermiers, doivent désormais s’adapter avec les moyens du bord. Dans l’immédiat nous devons gérer les stocks et la production actuelle. Les Saint-nectaires blanc sont congelés dans la mesure du possible. A titre personnel, j’ai loué un camion frigorifique pour congeler ma production. Une poignée de producteurs fermiers tente également d’écouler des fromages en faisant des livraisons ou en installant un système de drive. Ce sont des initiatives personnelles difficiles à dénombrer.

La seconde solution à être mise en place dès maintenant, c’est la baisse de la production. Nous tarissons des vaches plus précocement. Nous réformons également les animaux et réajustons les rations alimentaires. Le coup de froid de cette semaine aura au moins l’avantage de ralentir la pousse de l’herbe. Il donne un peu plus de temps avant le retour à la pâture, une période où naturellement la production augmente.

Cette crise est une double peine pour les producteurs de Saint-nectaire. En 2019, nous avons réalisé d’importants achats de fourrages pour assurer notre production malgré la sécheresse. Une production qu’aujourd’hui nous ne pouvons plus vendre !

C’est une situation extrêmement complexe, laborieuse et frustrante. J’ai traversé beaucoup de choses dans ma vie professionnelle mais celle-ci est de loin la plus difficile. Le marché qui s’effondre du jour au lendemain, c’est impensable. Inimaginable. De plus, nous vivons la fermeture des marchés alimentaires locaux comme une trahison. Cette décision a été prise sous la pression sans penser qu’elle ouvrait un pont d’or à la grande distribution. D’autant plus que nous n’avons aucun contact avec la GMS. Elle ne nous aide pas. »

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