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Tabac
Les planteurs de tabac dans l’incertitude

La réforme de la PAC occulte l’avenir des producteurs de tabac. Un climat d’incertitude règne mais il ne suffit pas à faire taire la volonté d’avancer.

La machine coupe les plants de tabac au pied et les suspend à des cadres métalliques pour le séchage. Le besoin de bras est quasi inexistant (2 à 3 personnes) et les coûts sont divisés par deux.
La machine coupe les plants de tabac au pied et les suspend à des cadres métalliques pour le séchage. Le besoin de bras est quasi inexistant (2 à 3 personnes) et les coûts sont divisés par deux.
© M. Brut

Ils sont 87 producteurs de tabac dans le Puy-de-Dôme à craindre l’avenir. Aujourd’hui, seules les compensations tarifaires actuelles leurs permettent de dégager un revenu mais après 2013, elles pourraient bien disparaître.

 

Article 68 en ballotage

Les producteurs de tabac vendent leur production 3.50 €/kg. Un prix rendu possible grâce au soutien de l’Etat français et de la coopérative Périgord Tabac. Jusqu’en 2013, les producteurs bénéficieront d’une compensation de 0.50 €/kg pour les tabacs de qualité A, B, C, et D. Une fois l’échéance passée, les producteurs ignorent à quelle sauce ils vont être mangés. «Après 2013, l’article 68 qui nous garantissait une compensation sur le prix du tabac, aura disparu. De plus, nous ignorons tout de la réforme de la PAC et du devenir des DPU. Nous sommes dans le brouillard» explique Jean-Louis Duron, président des planteurs de tabac du Puy-de-Dôme. L’inquiétude est donc de mise. Sans ces aides les producteurs auront des difficultés à avoir un revenu décent. La production de tabac demande une main d’œuvre importante au moment de la récolte. Les coûts ne sont donc pas négligeables. Les aides en place permettent de répercuter ces charges sur le prix de vente. Seulement, aux regards des planteurs, elles ne suffisent pas. «Il faudrait que le prix du tabac soit de 4.50 €/kg pour espérer un revenu correct et développer notre production.» La main-d’œuvre est décidemment le point faible du tabac. C’est donc sur cet atelier que les planteurs et la coopérative Périgord Tabac ont décidé d’agir. La coopérative a investi cette année dans une «arracheuse» à tabac. La machine coupe les plants de tabac au pied et les suspend à des cadres métalliques pour le séchage. Le besoin de bras est quasi inexistant (2 à 3 personnes) et les coûts sont divisés par deux.

Boué de sauvetage ?

Encore au stade expérimental, l’engin redonne pourtant le sourire aux planteurs. Habituellement, il faut compter environ 150 heures/ha pour la récolte. Avec la machine, une après-midi voire une journée suffirait. «Il faut compter environ 1 500€ pour arracher et mettre à sécher environ

23 000 pieds de tabac. Traditionnellement, il faut plus de 3 000 €. Nous espérons ainsi diminuer les charges et maintenir les producteurs.» Pour la récolte 2012, seuls cinq planteurs se sont engagés dans cette démarche puisqu’elle implique une disposition particulière des pieds de tabac.

Cependant, les producteurs espèrent d’ici trois à quatre ans récolter la totalité de la surface avec cette machine. Cette dernière est d’ailleurs la deuxième à fonctionner en France.

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