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Sécheresse : les éleveurs appelés à anticiper pour préserver leur autonomie fourragère

Face à un nouvel épisode de sécheresse et à des cultures déjà fortement impactées, la Chambre d'agriculture de Haute-Loire et Haute-Loire Conseil Élevage organisent 3 réunions techniques consacrées à l'adaptation des exploitations.Le 27 juillet au soir c'était au tour d'Yssingeaux.

Le remplissage des grains de maïs pourrait être insuffisant, entraînant une baisse de la teneur en amidon et donc de la valeur énergétique des ensilages.
Le remplissage des grains de maïs pourrait être insuffisant, entraînant une baisse de la teneur en amidon et donc de la valeur énergétique des ensilages.
© Réussir SA

L'objectif était clair : dresser un état des lieux, apporter des conseils et potentiellement des solutions concrètes afin d’accompagner chaque exploitation dans ses choix pour préserver son autonomie fourragère et traverser les mois à venir dans les meilleures conditions possibles.

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« à plus de 30 degrés, il n’y a plus rien qui pousse »

Dès le début de la réunion le constat était simple : il n'y a pas de solution miracle aujourd'hui. Ce message délivré par les techniciens de la Chambre d'agriculture et Haute-Loire Conseil Élevage se voulait donc avant tout réaliste. Après trois épisodes de canicule depuis le début de l'année, les cultures accusent le coup et les inquiétudes grandissent dans les élevages.

Autour de plusieurs conseillers spécialisés : Nolwen Surieux, conseillère productions végétales, Joël Batonnet, technicien basé sur le secteur du Puy et Patrice Mounier, directeur de Haute-Loire Conseil Élevage, les échanges ont permis de faire le point sur une situation jugée préoccupante.

Les intervenants ont rappelé que les deux campagnes précédentes (2024 et 2025) avaient été exceptionnellement favorables, permettant de constituer des stocks. Mais le contexte climatique change. « Aujourd'hui, à plus de 30 degrés, il n’y a plus rien qui pousse », a résumé l'un des techniciens. Les fortes chaleurs et le déficit hydrique laissent présager des récoltes de maïs très insuffisantes, tant en volume qu’en qualité. En effet, l’amidon ne sera pas au rendez-vous des ensilages.

Une réunion animée par les conseillers Chambre d'agriculture et Haute-Loire Conseil élevage, (représenté sur la photo par le directeur Patrice Mounier) en présence de Alain Boudet, élu Ch. d'agriculture.

Faire un bilan précis des stocks et ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier !

Premier conseil adressé aux éleveurs : ne pas attendre. Les techniciens recommandent de réaliser dès maintenant un bilan précis des fourrages disponibles et des besoins du troupeau afin d'anticiper les éventuels achats de fourrage ou de paille.

L'accompagnement proposé par la Chambre d'agriculture se veut personnalisé ; les conseillers se déplacent dans les exploitations pour étudier chaque situation au cas par cas, en fonction des productions, des stocks existants et des besoins spécifiques de chaque élevage. Haute-Loire Conseil Élevage assure ces mêmes missions auprès de ses adhérents.

Les échanges ont également porté sur les cultures dérobées et les espèces mieux adaptées aux conditions sèches. Ces solutions ne permettront pas de compenser totalement les pertes sur maïs, mais peuvent contribuer à sécuriser une partie de l'autonomie fourragère pour l'automne.

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Adapter les rations et raisonner les choix

Au-delà de la quantité de fourrage disponible, les intervenants ont insisté sur la qualité des récoltes. Le remplissage des grains de maïs pourrait être insuffisant, entraînant une baisse de la teneur en amidon et donc de la valeur énergétique des ensilages. Les rations devront être adaptées en conséquence, notamment pour les vaches laitières.

Les techniciens ont également alerté sur les conséquences économiques de cette situation. Le manque de maïs risque de tendre le marché tandis que les rendements en céréales s'annoncent eux aussi en retrait. Les prix des aliments et des fourrages pourraient ainsi augmenter dans les prochains mois.

Dans ce contexte, certaines décisions devront parfois être envisagées, comme le tri des animaux les moins productifs afin de préserver les ressources destinées au cheptel le plus performant et en parallèle faire de la trésorerie en faveur du cheptel qui produit.

Rédaction Réussir

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