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Entrepreneurs des territoires
Les EDT en route pour séduire de jeunes diplômés

L’assemblée des EDT du Cantal, qui s’est tenue au Lioran, a permis de souligner la nécessité de renforcer la formation et la collaboration entre générations. 

jeune salarié d'EDT au volant d'un engin agricole remplit un formulaire.
Les professionnels, en lien avec le milieu scolaire, planchent à un diplôme de niveau 5 pour former des jeunes plus autonomes, avec des missions polyvalentes et gratifiantes.
© Reussir SA

L’AG des Entrepreneurs des territoires du Cantal (EDT 15) s'est ouverte avec un accueil musical et coloré. “C’est l’idée des jeunes”, a commenté Patrice Peyrissac, président des EDT 15

Et au de-là de l'anecdote, c'est surtout le reflet d’un état d’esprit : s'inspirer des idées des différentes générations, afin que chacun puisse se retrouver dans les orientations de la profession. Dans ce même esprit, il a tenu à inviter ce vendredi 14 mars au Lioran, les représentants des EDT voisins - Aveyron, Puy-de-Dôme, Allier... - ainsi que la Fédération régionale EDT Aura.  

EDT cherche main d'œuvre

 “Aujourd’hui, on a quand même des entreprises des territoires qui se développent”, a-t-il constaté, non sans fierté, chiffres à l’appui. En dix ans, le nombre d’entreprises de travaux agricoles et forestiers (ETARF) a progressé de 7 % et la masse salariale a bondi de 43 %. 

Les exploitations s’agrandissent, mais il y a de moins en moins d’agriculteurs." Patrice Peyrissac, président des EDT15. 

Par  ailleurs, les organismes de conseil agricole recommandent de plus en plus souvent le recours aux Cuma ou aux EDT, pour des raisons d’efficacité économique. Côté forêt, le secteur bénéficie aussi d’un contexte porteur : l’État affiche l’objectif d’un milliard d’arbres plantés, un programme désormais piloté par le ministère de l’Environnement. Une ambition qui ne pourra se concrétiser sans une main d’œuvre qualifiée pour éclaircir, planter, entretenir et exploiter, y compris pour le compte des collectivités. 

Les EDT misent sa la formation

Président des EDT 15 au micro d'une tribune.

Pour faire face à ces enjeux, les EDT misent sur une formation des jeunes, adaptée aux évolutions technologiques. “On ne peut pas professionnaliser nos métiers sans faire évoluer les formations”, insiste le président cantalien. D’autant que le traditionnel vivier, composé de fils d’agriculteurs, tend à se réduire, même pour les emplois saisonniers. 

Il faut recruter à l’extérieur du milieu agricole. La Fédération régionale, où siège également Patrice Peyrissac, entend renforcer les liens avec les établissements scolaires. Des échanges bilatéraux sont  engagés pour mieux identifier  les besoins des entreprises et y répondre efficacement. 

Un diplôme de niveau bac+2 (type BTS) est actuellement à l’étude : il viserait à former des salariés capables non seulement de conduire et entretenir les machines, mais aussi de gérer une équipe et la relation clients de manière autonome. Et pourquoi pas un jour devenir patron. 

Le référentiel, en cours de construction avec une dizaine d’entreprises du Cantal, de la Loire et de la Haute-Loire, se veut pragmatique et adapté aux réalités du terrain. Jean-Noël Boissières, membre du bureau des EDT 15 et employeur régulier d’apprentis, souligne  l’importance de ces compétences complémentaires. 

"Actuellement, on a plutôt affaire à des bacs  agricoles CGEA, des bacs technologiques STAV ou encore des  formations d’agro-équipement, comme à la MFR de Marcolès. Mais cela ne suffit pas."

"Ils sont encore un peu jeunes, et un bac+2 paraît indispensable pour gagner en maturité et en technicité", poursuit le chef d'entreprise. L’idéal serait même, selon le président Peyrissac, de proposer des spécialisations régionales, en fonction des caractéristiques et des besoins locaux. 

Au-delà du contenu des formations, l’enjeu des EDT est aussi de susciter des vocations. Patrice Peyrissac rêve d’émissions télévisées valorisant les métiers du machinisme agricole, à l’image de celles qui mettent en avant le transport routier. Au lieu de cela, il regrette les reportages “souvent à charge” contre l’agriculture et la filière forestière. Mais, résolument optimiste, de conclure : “Notre fédération nationale travaille à des campagnes d’information tournées vers le grand public.” 

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