Canicule : Les bons réflexes alimentaires pour préserver la santé des ruminants
Les canicules ont un impact direct sur les ruminants dont les performances se réduisent. Conseils techniques du GDS Haute-Loire pour contrer leurs conséquences.
Les canicules ont un impact direct sur les ruminants dont les performances se réduisent. Conseils techniques du GDS Haute-Loire pour contrer leurs conséquences.
Lors des épisodes de forte chaleur, les ruminants mettent en place différents mécanismes pour évacuer l'excès de chaleur. Ces adaptations leur permettent de survivre, mais elles ont des conséquences importantes sur leur métabolisme, leur digestion et leurs besoins nutritionnels.
La gestion de l'alimentation devient alors un levier essentiel pour préserver la santé des animaux et limiter les pertes de production.
Que se passe-t-il lors d'un stress thermique ?
À partir d'un certain seuil (autour de 22-25 °C chez une vache laitière selon l'humidité), les animaux diminuent leur ingestion (jusqu'à -20 à -30 % chez les bovins laitiers) et augmentent leur fréquence respiratoire (halètement). Ils boivent davantage (parfois +50 à +100 %), réduisent leur activité et ont tendance à rester debout plus longtemps pour favoriser les échanges de chaleur. Ces adaptations augmentent le risque de troubles métaboliques et entraînent une baisse des performances.
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L'acidose : un risque souvent sous-estimé
Lorsque les animaux mangent moins, ils modifient également leur comportement alimentaire. Ils consomment moins de fibres longues, font des repas plus importants aux heures fraîches. La rumination est donc diminuée, entraînant une baisse de la production de salive, principal tampon naturel du rumen. Le pH ruminal diminue alors plus facilement, favorisant l'acidose subaiguë.
Les conséquences sont nombreuses : boiteries (fourbure) ; baisse d'immunité mais également baisse du taux butyreux ; baisse de production laitière ou de croissance.
Le pH sanguin et urinaire sont normalement corrélés. Mesurez le pH urinaire de vos animaux et tamponner si besoin vos animaux. En lactation : pH attendu entre 7.8 et 8.25. Si les pH mesurés sont inférieurs, l’apport de bicarbonate limitera la fuite de calcium et phosphore. Pour mémoire : dans les jours qui précèdent vêlage ou mise bas : pH <7.5.
Pourquoi apporter du bicarbonate ?
Le bicarbonate de sodium agit comme un tampon ruminal. Son intérêt est de maintenir un pH du rumen plus stable durant ses périodes éprouvantes, limiter les variations liées aux repas concentrés. En pratique :
- 100 à 200 g/jour chez une vache laitière selon la ration ;
- 15 à 30 g/jour chez une chèvre ;
- 10 à 20 g/jour chez une brebis recevant une ration riche.
Le bicarbonate n'est cependant efficace que si la ration conserve suffisamment de fibres efficaces.
Attention à l'équilibre électrolytique
Le stress thermique modifie profondément les pertes minérales. Les animaux perdent davantage de sodium (Na), potassium (K), chlorures (Cl). Chez les bovins, les pertes se font essentiellement par l'urine, les fèces, la salive.
Le halètement provoque également une perte importante de CO₂, pouvant conduire à une alcalose respiratoire. Les reins compensent alors en éliminant davantage de bicarbonates, ce qui réduit les réserves tampons de l'organisme et peut rendre le rumen plus sensible aux variations de pH.
Pourquoi augmenter les apports de minéraux ?
Une moindre ingestion signifie automatiquement une moindre consommation de minéraux. Or, dans le même temps, les besoins augmentent.
Le sodium : Le sodium est indispensable à l'équilibre hydrique, à la soif, à l'absorption des nutriments. Une carence limite la consommation d'eau et peut aggraver la déshydratation.
Le potassium : Le potassium joue un rôle majeur dans le fonctionnement musculaire, la régulation de l'équilibre acido-basique, l'hydratation cellulaire. Les fourrages sont souvent riches en potassium, mais lorsque l'ingestion diminue, les apports peuvent devenir insuffisants. À l'inverse, des excès chroniques de potassium dans les fourrages restent défavorables car ils réduisent l'absorption du magnésium et augmentent le risque de troubles métaboliques.
Le magnésium : Le magnésium participe au fonctionnement neuromusculaire, à la synthèse énergétique, au maintien de l'appétit. En période chaude, il contribue également à limiter les effets des excès de potassium.
Les oligo-éléments : Le zinc, le cuivre, le sélénium et le manganèse participent notamment aux défenses immunitaires, à la lutte contre le stress oxydatif provoqué par la chaleur.
Le stress thermique augmente la production de radicaux libres ; un apport adapté en oligo-éléments et en vitamines antioxydantes (A, E notamment) aide les animaux à mieux y faire face.
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Les autres leviers essentiels
La nutrition ne suffit pas à elle seule. Il est indispensable de :
- fournir une eau propre, fraîche et disponible en permanence ;
- augmenter le nombre d'abreuvoirs et leur débit ;
- distribuer la ration aux heures les plus fraîches ;
- repousser fréquemment le fourrage ;
- assurer une bonne ventilation des bâtiments ;
- utiliser des ventilateurs ou des systèmes de brumisation lorsque cela est possible ;
- offrir de l'ombre au pâturage.