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Les agriculteurs creusois se mobilisent contre l’accord du Mercosur

Face aux menaces qui pèsent sur notre modèle agricole et alimentaire, les syndicats FNSEA et JA se sont mobilisés partout en France. En Creuse, FDSEA 23 et JA se sont rassemblés le vendredi 26 septembre à Guéret.

Une cinquantaine d’agricultrices et agriculteurs creusois, réunis ce vendredi à l’appel de la FDSEA de la Creuse et des Jeunes Agriculteurs, ont manifesté à Guéret pour dénoncer l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. Une mobilisation placée sous le signe de la sensibilisation des consommateurs.

Depuis plus de dix ans, la FDSEA de la Creuse et JA 23 se mobilisent et alertent sur les dangers de cet accord commercial qui ouvrirait la porte à des importations de produits agricoles venant d’Amérique du Sud. Ces futurs produits importés ne respectent en rien les normes environnementales, sociales et sanitaires françaises et encore moins les conditions de production imposées aux agriculteurs locaux.

« Une concurrence déloyale et un danger pour la santé publique »

Séverine Bry, secrétaire générale de la FDSEA, ne mâche pas ses mots : « Il n’est pas concevable de laisser entrer sur notre territoire des produits issus de pays où sont utilisés pour les produire, des substances interdites depuis des années chez nous. C’est de la concurrence déloyale pour nos exploitations et une menace directe pour la santé des consommateurs. »

Les syndicats majoritaires rappellent que les agriculteurs français sont soumis à des contrôles stricts et à des certifications, alors que l’accord du Mercosur pourrait autoriser l’entrée de viandes produites avec des hormones et des activateurs de croissance ou d'autres produits cultivés avec des pesticides bannis en Europe. « Avec le rejet de certains amendements dans la loi Duplomb, on nous interdit certaines pratiques, certains produits et avec cet accord du Mercosur on va nous imposer des denrées qui ne respectent en rien nos standards et sans aucun contrôle. Trop, c’est trop ! », s’indigne Véronique, agricultrice sur le canton de Le Grand-Bourg.

Des actions symboliques dans les supermarchés

Plutôt qu’un blocage de route ou un déversement de produits du terroir, les agriculteurs ont préféré interpeller directement les consommateurs. Plusieurs opérations de sensibilisation ont été menées dans les supermarchés guérétois, où les manifestants ont pu vérifier l’étiquetage des produits en rayon.

Résultats : des confitures aux couleurs tricolores contenant des fruits importés hors Union européenne, des merguez étiquetées « viande bovine française » alors qu’elles contiennent de la viande ovine étrangère, ou encore du poulet venu d’Ukraine et du cheval d’Uruguay. « Les grandes surfaces nous répondent qu’elles respectent la législation. Mais pour nous, c’est une tromperie vis-à-vis du consommateur », dénoncent les syndicats.

Un message porté à la préfecture

En fin d’après-midi, une délégation a été reçue par Madame La Préfète, Anne Frackowiak-Jacobs, en présence de la directrice de la DDT, Hélène Burgaud-Tocchet.

Les revendications ont été clairement exprimées : « Notre président de la République peut et doit s’opposer encore et toujours à cet accord. Nous demandons qu’il saisisse la Cour européenne de justice pour stopper ce projet dévastateur », a déclaré Thierry Jamot, vice-président de la FDSEA de la Creuse.

Si cette mobilisation se voulait avant tout pédagogique, les syndicats préviennent que d’autres actions plus musclées pourraient suivre. « Le Mercosur c'est NON ! Si Macron franchit la ligne rouge, nous n’hésiterons pas à ressortir les tracteurs et les bennes » conclut Séverine Bry.

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