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L’élevage bovin sous pression

La Section Bovine de la FDSEA s’est réunie cette semaine. Dans un contexte toujours plus tendu pour l’élevage bovin, les responsables professionnels ont dressé un état des lieux des difficultés rencontrées sur le terrain : crises sanitaires, sécheresse, prédation et charges administratives.

Face à une conjoncture difficile, la Section Bovine de la FDSEA de la Creuse s’est réunie pour faire front commun. Les éleveurs ont partagé leurs préoccupations – sanitaires, climatiques, économiques – mais aussi leurs propositions concrètes. Un appel à l’unité et à l’action a été lancé pour défendre une agriculture de terrain, résiliente et engagée dans l’avenir des territoires.

La DNC

Le docteur Boris Boubet, directeur du GDS de la Creuse, est intervenu pour présenter la Dermatose Nodulaire Contagieuse Bovine (DNC). Cette maladie animale, nouvelle sur le territoire français, est classée en catégorie A dans la loi de Santé animale européenne, ce qui signifie qu’elle est à éradication obligatoire et immédiate. En cas de détection d’un foyer, le dépeuplement est imposé, avec mise en place d’une zone de restriction.

Cette maladie vient s’ajouter à la FCO et à la MHE, toujours présentes sur le territoire, avec les conséquences que nous connaissons sur la décroissance du cheptel.

Sécheresse, dégâts de gibier et prédation sont les trois sujets environnementaux qui ont particulièrement retenu l’attention des participants.

Sécheresse

Les conséquences varient selon les territoires, mais les inquiétudes sont partagées. En ce début juillet, les éleveurs sont déjà contraints de puiser dans les stocks de fourrage prévus pour l’hiver. Face à la sécheresse persistante et à l’absence de pluie significative depuis plusieurs semaines, les pâtures sont à l’arrêt. L’herbe a grillé prématurément, forçant les agriculteurs à affourager leurs troupeaux plus tôt que prévu. Heureusement, les stocks de l’année dernière, bien que de qualité variable, permettent pour l’instant de tenir. Mais cette situation inquiète quant à la suite de la saison estivale.

Un comité départemental de gestion de l’eau est prévu le 23 juillet pour décider de nouvelles restrictions. Les éleveurs dénoncent une fois de plus les incohérences liées au stockage de l’eau, qui paraît pourtant simple à réaliser en hiver pour pallier son absence en été. Ils pointent du doigt une application confuse des règles et soulignent que les démarches administratives trop lourdes freinent encore la mise en place de solutions pourtant accessibles.

Faune sauvage

Sangliers et cervidés continuent de causer de gros dégâts sur les clôtures et les cultures. Les indemnisations proposées ne sont pas à la hauteur, et les procédures d’évaluation des pertes sont souvent contestées par les exploitants.

Présence du loup

Les attaques se multiplient sur les troupeaux dans certaines zones. Les éleveurs dénoncent l’inefficacité des moyens de protection actuels. Une action de sensibilisation du grand public est envisagée pour faire entendre la réalité vécue dans les territoires.

GNR

Sur le plan administratif, la section bovine alerte les éleveurs : trop d’exploitants n’ont pas encore effectué leur demande de remboursement de la TIPP sur le GNR pour l’année écoulée. Il est impératif de faire cette déclaration rapidement, sans quoi l’administration pourrait exiger le remboursement de l’avance déjà perçue.

LOA

La Loi d’Orientation Agricole, bien qu’attendue, fait l’objet de vifs débats, notamment sur les produits phytosanitaires. Elle divise la classe politique, et certains amendements sont jugés inacceptables par les professionnels.

Agribashing

Des cas de vandalisme ciblé (réserves d’eau, tracteurs, clôtures) ont été signalés dans plusieurs départements. Certains groupes écologistes radicaux appellent ouvertement au sabotage d’installations agricoles. Les éleveurs dénoncent un "agri-bashing" permanent, source d’un mal-être croissant.

Non au Mercosur !

Le traité de libre-échange avec le Mercosur est également rejeté en bloc. Il permettrait l’entrée de produits agricoles ne respectant ni les normes sanitaires, ni les conditions environnementales européennes, ce qui constitue une concurrence déloyale flagrante.

« Une délégation creusoise était présente mercredi devant l'ambassade du Brésil pour réaffirmer notre opposition au Mercosur », souligne Christian Arvis, président de la Section Bovine.

PAC en danger

Les discussions sur la révision de la PAC sont entamées. La Section bovine de la FDSEA appelle à faire circuler et à signer la pétition pour le maintien du budget européen alloué à l’agriculture, considéré comme vital pour maintenir l’équilibre des exploitations.

Les débats ont aussi mis en lumière une forte tension dans la société et vis-à-vis du monde agricole.

Dans un contexte instable, les éleveurs doivent plus que jamais rester unis et mobilisés. Face à l’empilement des contraintes sanitaires, réglementaires et climatiques, la Section Bovine de la FDSEA de la Creuse appelle à faire bloc pour défendre une agriculture de terrain et responsable.

 

 

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