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Le veau Sobeval à la conquête des USA

La Sobeval, de Boulazac, est la première entreprise française à avoir obtenu l’autorisation d’exporter de la viande bovine aux États-Unis. Une cérémonie saluant cette victoire a été organisée le 14 février à la préfecture à Périgueux.

© N. Berbessou

L’obtention de l’agrément d’exportation aux États-Unis par Sobeval, entreprise boulazacoise, de sa viande de veau du Périgord, valait bien une cérémonie sous les ors de la République. Ce sont les propos qu’a tenus Anne-Gaëlle Baudoin-Clerc, préfète de la Dordogne, en recevant Gilles Gauthier, P-DG de l’entreprise, ses collaborateurs et des représentants des éleveurs, mardi lors d’une cérémonie que la représentante de l’État avait souhaité organiser.
Il est vrai que ce succès mérite d’être salué. En effet, Sobeval est la première entreprise française à obtenir ce précieux sésame qui lui ouvre les portes d’un marché à fort potentiel mais très protégé.
Un premier conteneur a quitté Boulazac pour les États-Unis cette semaine, et les envois devraient se poursuivre à un rythme hebdomadaire. Avant l’été, l’entreprise devrait traiter 300 à 350 veaux supplémentaires chaque semaine. Pour satisfaire ce besoin accru de volume, elle va recruter une cinquantaine d’éleveurs en Dordogne et dans les départements limitrophes. Et qui dit viande haut de gamme pour les États-Unis dit savoir-faire et compétences spécifiques des salariés de l’entreprise, les cahiers des charges français et
américains étant très différents. Des formations vont être organisées et des embauches sont prévues.

La victoire de toute la filière
« C’est un succès incommensurable que cet agrément qui est le Graal de l’exportation pour la viande bovine, a souligné Gilles Gauthier, c’est la victoire de toute la filière, des salariés et des éleveurs sans lesquels Sobeval n’est rien. » Le P-DG qui avoue être avare de compliments habituellement a tenu à saluer le travail acharné mené pendant trois années par les services de l’État, notamment la DDCSPP, direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations, la DGAL, direction générale de l’alimentation, FranceAgrimer, en étroite collaboration avec le service qualité de l’entreprise boulazacoise.
L’agrément « USDA » exigé par les États-Unis pour pouvoir prétendre à accéder à son marché pour les produits à base de viande, est très difficile à obtenir. L’entreprise Sobeval a fait l’objet de plusieurs audits, avec visites d’inspecteurs américains, dont la dernière a duré pas moins de dix-sept heures non-stop ! Pour la petite histoire, les collaborateurs de Gilles Gauthier, connaissant bien son caractère éruptif, l’ont invité à quitter l’entreprise le temps de ce contrôle, craignant des échanges vifs avec les contrôleurs américains.

Bon pour l’économie locale et l’agriculture
Cette victoire de la Sobeval et de ses partenaires ouvre des perspectives de développement pour l’entreprise et donc pour l’emploi et l’économie locale. Pour l’agriculture périgourdine, mise à mal par les crises sanitaires et économiques, c’est aussi une bouffée d’oxygène qui s’annonce.
La viande de veau de la Sobeval – que des morceaux haut de gamme, côtes, filets mignons, escalopes – sera distribuée par la société franco-américaine D’Artagnan, que dirige Ariane Daguin, originaire du Gers. Elle sera consommée à 95 % dans des restaurants.

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