Chasse : « Le rôle du louvetier a beaucoup évolué »
Louvetier depuis 2010 et président de l’association départementale depuis 2020, Sylvain Ytournel est aussi éleveur laitier à Celles-sur-Durolle. Il témoigne de la montée en puissance des opérations de régulation dans le Puy-de-Dôme et du rôle joué par les louvetiers auprès des agriculteurs.
Louvetier depuis 2010 et président de l’association départementale depuis 2020, Sylvain Ytournel est aussi éleveur laitier à Celles-sur-Durolle. Il témoigne de la montée en puissance des opérations de régulation dans le Puy-de-Dôme et du rôle joué par les louvetiers auprès des agriculteurs.
Pourquoi êtes-vous devenu lieutenant de louveterie ?
Sylvain Ytournel, louvetier depuis 2010 et président de l’association départementale depuis 2020 :
Je suis d’abord chasseur. C’est la passion de la chasse qui m’a amené à devenir louvetier. Mais la fonction a beaucoup évolué depuis 2010. Au début, nous avions seulement quelques opérations de régulation, principalement sur les renards et parfois les sangliers. Chacun faisait environ trois sorties par an.
Nous travaillions sur deux ou trois arrêtés préfectoraux dans l’année, pour répondre à un problème identifié sur une commune ou un secteur.
Aujourd’hui, nous sommes à environ dix arrêtés par louvetier sur l’année.
Le rôle a donc complètement changé.
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Pourquoi les louvetiers ont-ils autant d’interventions aujourd’hui ?
Sylvain Ytournel : Il y a beaucoup plus d’animaux, quelle que soit l’espèce. Cela entraîne davantage de collisions sur les routes et davantage de dégâts chez les agriculteurs. On voit aussi apparaître des espèces que nous ne connaissions pas ou très peu auparavant, comme le raton laveur. Aujourd’hui, il y en a partout, jusque dans les maisons.
Les sangliers sont-ils devenus le principal sujet ?
Sylvain Ytournel : Cette année, les dégâts sont particulièrement importants.
Le contexte climatique de l’été a poussé les sangliers à se reporter sur les maïs.
Nous intervenons donc à de nombreuses reprises depuis juillet, après avoir déjà commencé dès le printemps.
Il y a quelques années, deux ou trois communes seulement étaient concernées par les dégâts de sangliers. Désormais, c’est l’ensemble du département.
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Tous ces secteurs du Puy-de-Dôme sont-ils concernés de la même manière ?
Sylvain Ytournel : Non. En Limagne, il y a encore quatre ans, il n’y avait pratiquement pas de sangliers et donc pas de dégâts. Aujourd’hui, certaines communes comptent plus de sangliers que de lièvres.
Le secteur de l’Allier est également compliqué, notamment dans la zone périurbaine entre le Zénith à Aubière, et Riom. Les animaux se réfugient le long de l’Allier pour avoir accès à l’eau et provoquent ensuite des dégâts dans les cultures.
Comment les lieutenants de louveterie interviennent-ils ?
Sylvain Ytournel : On en prélève tant qu’on peut, par la chasse et le piégeage. Pour le sanglier comme pour les autres espèces.
Cette année, cela représente environ cinq à six heures d’intervention par semaine et par louvetier. Nous sommes vingt dans le département.
Sur certains secteurs, les tirs de nuit permettent de réguler les populations. Mais ce n’est pas simple et cela ne se fait pas n’importe comment. Nous travaillons notamment avec l’agglomération de Clermont et le Département du Puy-de-Dôme pour essayer de barrer les routes. Mais barrer une route à 8h du matin autour de Clermont, ce n’est pas facile !
Comment se passent les relations avec les agriculteurs ?
Sylvain Ytournel : Elles sont bonnes. Notre première mission de louvetier, c’est d’ailleurs de faire de la diplomatie.
Lorsqu’un agriculteur constate des dégâts, il doit appeler la DDT en priorité. Elle mandate ensuite le louvetier du secteur pour constater les dégâts et déterminer s’il faut prendre un arrêté.
Nous avons un réseau qui fonctionne bien entre la DDT, la Fédération des chasseurs et la Chambre d’agriculture. Avant de prendre un arrêté, la DDT demande l’avis de la Chambre et de la Fédération. À 99,9 %, tout le monde tire dans le même sens. Et le dispositif s’est accéléré : il y a quelques années, il fallait une semaine pour prendre un arrêté. Aujourd’hui, en trois jours, c’est fait.
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