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Latuka Maituku, Aurillac pour port d’attache

Après avoir fait les belles heures du Stade aurillacois auquel il est toujours resté fidèle, l’ex troisième ligne Latuka Maituku a trouvé un nouvel équilibre entre famille et Agrolab’s

Latuka Maituku, ou la force tranquille.
© Patricia Olivieri

Simple, discret, généreux, ne comptez pas sur Latuka Maituku pour s’enorgueillir de ses exploits rugbystiques au sommet de la Pro D2 : 287 matches joués, plus de 12 000 minutes de jeu et 105 points marqués derrière la ligne des 22. Onze saisons en pro, 15 en ajoutant celles en Reichel et Espoirs, un beau palmarès pour un troisième ligne et surtout une carrière entière accomplie sous les couleurs Rouges et Bleues. Aussi, quand, il y a 18 mois, il a fait ses adieux à Jean-Alric, la question ne s’est pas vraiment posée d’explorer de nouveaux horizons. “Je suis bien ici, j’ai vu les grandes villes, Paris,... c’est trop grand pour moi. Aurillac, c’est comme chez moi, même s’il manque la mer...”, sourit le natif de Nouvelle-Calédonie aux origines polynésiennes (Wallis et Futuna). Le froid, il s’y est habitué, ne quittant que rarement le short même par 5°C ce matin de janvier. 

“Ici c’est comme chez moi... sans la mer !”

Arrivé à l’âge de 19 ans dans ce Massif central à 22 000 km de Nouméa, le plus dur aura été la séparation d’avec les siens, même si depuis, Internet et les réseaux sociaux ont permis de raccourcir les distances et garder le contact.
Aujourd’hui, sa vie est ici, auprès de son épouse, Corrézienne, et de sa fille de 6 ans. C’est d’ailleurs pour ces dernières que Latuka Maituku a décidé de raccrocher les crampons du rugby pro. “En partant du jeudi au samedi matin, je ne les voyais pas beaucoup et le lendemain de match, quand ma fille me demandait d’aller jouer avec elle, c’était difficile de me lever du canapé”, confie celui qui n’a jamais laissé sa part aux chiens sur le terrain. Le corps fatigué, la récupération plus compliquée : à 36 ans, il était temps pour le rugbyman de tourner la page. Pas totalement celle de l’Ovalie puisqu’il a rejoint l’effectif arpajonnais du RCAV : “Je voulais goûter au rugby amateur, avec moins de pression, des moments différents dans le vestiaire... On a fait un bon début de saison, on est très bien classé, je pense qu’on se maintiendra...”, estime Latuka, qui se projette sur une possible phase finale.

Lire aussi : La nouvelle vie d'Antoine Fournier

Hygiène de vie irréprochable

De quoi finir en beauté, car il ne rempilera pas pour une nouvelle saison amateur afin d’alléger un quotidien où il continue de jongler entre boulot, entraînements et séance de muscu à la salle. Sa longévité, sa résistance, il les doit d’ailleurs à cette hygiène de vie, “je m’entretiens tous les jours”, pas loin de son poids de forme (106 kg) sans pour autant renoncer à ce qui fait à ses yeux l’attrait du Cantal : “la bonne bouffe, le fromage, j’aime tout !”, s’amuse le trentenaire qui s’est découvert une passion pour la cueillette des champignons et qui apprécie également de randonner sur les monts verts du Cantal. 

Génération 2016

Entraîner ? Il s’y est essayé avec les petits du Stade aurillacois, “mais je donnais finalement plus de conseils au groupe pro... Pourquoi pas plus tard ?”, suggère Latuka, que son beau-frère - un certain Maxime Petijean - taquine à chaque repas de famille. Un beau-frère avec qui il partage aussi les meilleurs souvenirs de sa carrière, la finale d’accession de 2016 face à Bayonne. “Un moment magique...” Mais lui retient aussi tous ces instants partagés avant et après les matches dans les vestiaires, avec le blues de la défaite et l’euphorie des grandes victoires. 

À Agrolab’s, je motive les gens comme au vestiaire”

À l’aise avec un ballon ovale, Latuka Maituku a dans les mains l’agilité d’un artisan. Dans une autre vie, il aurait d’ailleurs pu exceller derrière l’établi d’un menuisier, sa formation initiale. Ce savoir-faire manuel, il le met aujourd’hui au service de l’entreprise Agrolab’s qui a proposé de le recruter à l’issue de sa dernière saison. “Je connaissais depuis quelques années Jean-Vincent Gauzentes (directeur, ndlr) par le rugby, il m’a proposé une initiation de deux jours, ça s’est fait naturellement”, explique-t-il. Agent de maintenance, il entretient, répare les machines, le matériel,... du laboratoire, aussi bien celui du siège aurillacois que du nouveau site d’Auch ou encore de Clermont-Ferrand. “Moi, il faut que je bouge, au début je suis arrivé sur la pointe des pieds, mais aujourd’hui, comme dans un vestiaire, je motive les gens, ça passe avec tout le monde et j’ai la chance d’avoir une bonne équipe”, se réjouit Latuka. 
Une cote de popularité restée aussi intacte chez les supporters du Stade aurillacois : “Quand je passe en ville, des gens me saluent dans la rue, certains me disent : “Si tu avais été sur le terrain, on l’aurait gagné ce match...” Pas de quoi gonfler son ego mais assez pour faire rougir la modestie de celui qui, les dernières années, s’est plu à endosser le rôle de grand frère dans le vestiaire auprès des plus jeunes. “Ils m’appelaient même papy”, sourit-il.

Dans notre série : Greg Fabro simpe comme un coup de fil
 

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