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L'activité agricole : à la fois remède et à l'origine d'incendies

Si le bilan des incendies de l'été 2025 en Haute-Loire apparaît plutôt maîtrisé, 6 feux se sont déclenchés sous l'effet de l'activité agricole. Le point avec le SDIS 43 et la Préfecture.

130 ha de végétation brûlés

« Avec 130 ha de végétation parcourus par les flammes cette année contre 160 ha en 2022 (année de référence), la Haute-Loire affiche un bilan maîtrisé, mais que l'on peut encore améliorer. Ce bilan est le résultat de l'efficacité opérationnelle et stratégique du SDIS (Service départemental d'incendie et de secours) ; ainsi, un schéma de prépositionnements a permis de préserver une surface de 400 ha. C'est aussi le résultat de la coordination d'acteurs (ONF, DDT) au côté du SDIS et d'un comportement général favorable et responsable de tous » a indiqué le sous-Préfet et directeur de cabinet du Préfet, Benoît de Lagarde lors d'un récent entretien avec le directeur chef de corps du SDIS, le colonel Frédéric Robert.

6 feux d'origine agricole 

9 feux sur 10 ont une origine liée à l'activité humaine : une voiture en feu sur une route, un mégot de cigarette, des travaux de soudure... et des travaux agricoles. 

« Par leurs activités (de culture, d'élevage et de pastoralisme), les agriculteurs contribuent à la prévention des risques d'incendie, en luttant contre la déprise rurale, mais ils peuvent parfois être à l'origine de départs de feux par leurs activités » explique le colonel qui identifie 6 feux, cet été, qui ont trouvé leur origine dans des travaux agricoles. 

Ces 6 incendies, qui ont brûlé plus de 4 ha chacun et dont l'un a détruit 35 ha de végétation, ont concerné les communes de Lorlanges, Ally, Mazeyrat d'Allier, Esplantas, Tiranges et Saint-Paulien. Pour maîtriser ces incendies, le SDIS a déployé une stratégie d'attaque massive aéroterrestre et a par ailleurs pu compter sur une quasi-absence de vent. 

« Une combinaison entre des températures élevées et du vent verra inévitablement des feux de plus grande surface » prévient le Colonel Robert.

Feux de cultures

Parmi les feux "agricoles" qui sont intervenus en Haute-Loire durant l'été, le SDIS en distingue 2 catégories : les feux de cultures et les feux de stockage de fourrage. Dans la première catégorie, les départs de feux sont occasionnés par le fonctionnement et l'échauffement des engins de récolte, en particulier les moissonneuses-batteuses, mais aussi les tracteurs avec faucheuses. Ces feux ont à chaque fois de lourdes conséquences à la fois pour les sapeurs pompiers, dont l'intervention est de longue durée, et pour les exploitants agricoles dont les pertes sur la culture et en matériel sont conséquentes. 

En savoir plus : Tout savoir pour prévenir les incendies sur les exploitations agricoles

Cultures détruites et machines outils brûlées

« Sur ce type de feux, 80% des surfaces en cultures ont été détruites et les machines outils brûlées » confirme le directeur du SDIS, qui invite les agriculteurs et les entreprises de travaux agricoles à assurer l'entretien du matériel de récolte avant et pendant les travaux (soufflage régulier des résidus de fauche). 

« Les très fortes chaleurs et une faible hygrométrie sont des conditions très favorables à la fauche mais elles le sont également pour les incendies ! » ajoute-t-il. 

C'est pourquoi il est préférable d'adapter ses interventions lors des journées à risque (voir encadré).

Feux de stockage de fourrage

Le second type d'incendie "agricole" observé dans notre département se déclenche dans des bâtiments de stockage de fourrages avec des conséquences économiques très importantes pour l'exploitant, et qui peuvent être malheureusement bien plus dramatiques. Sur ces feux, le colonel Robert émet deux points de vigilance : l'une sur la couverture des hangars équipée de panneaux photovoltaïques, avec pour certains des départs de feux en toiture, et l'autre sur le stockage combiné des fourrages et des engrais ammonitrates. Sur ce dernier cas, le chef de corps du SDIS rappelle : 

Lire aussi : Mieux vaut prévenir que guérir

« tout agriculteur se doit de connaître la quantité détenue (tenir à jour ses stocks) ainsi que le type d'ammonitrate qu'il stocke, car leur réaction au feu peut être différente . Il faut aussi respecter les règles de stockage de ces engrais qui doivent être séparés physiquement du fourrage et installés dans un espace dédié, aéré et à l'abri de l'humidité ».

Une campagne de sensibilisation en 2026 et une carte des dangers

Dans le contexte d'une évolution climatique, en 2023, la Haute-Loire a été classée « nouveau territoire de feu ». Ce classement a enclenché un travail collectif* d'acteurs en vue de déployer, d'ici quelques mois, un plan d'aménagement pour préserver la vulnérabilité de nos 200 000 ha de forêt. Certaines zones sensibles sont actuellement en cours de détermination. La Préfecture et le SDIS prévoient le déploiement d'une campagne de sensibilisation au risque d'incendie dès le printemps 2026 à destination des agriculteurs, des entreprises de travaux forestiers et agricoles mais aussi du grand public et des industriels. Une carte des dangers liés au risque d'incendie sera par ailleurs consultable quotidiennement et permettra à tous d'adapter ses pratiques quotidiennes aux risques.

* SDIS, ONF, Préfecture, Collectivités territoriales

 

Zoom sur...

Les conseils pratiques du SDIS de Haute-Loire aux agriculteurs

Sur les chantiers de fauche, le SDIS 43 préconise deux outils qui ont montré leur efficacité :

- Prévoir la possibilité d'utiliser une tonne à lisier qui permettra de répandre de l'eau dans le champ en cas d'incendie,

- Utilisez une herse pour supprimer l'espace de combustible devant le feu,

- Débuter la fauche en réalisant une rangée au milieu de la parcelle afin de limiter l'extension d'un éventuel feu,

- Toujours faucher face au vent, plutôt que vent dans le dos,

- Lors des journées à risque de feux : privilégiez la nuit ou les matins pour effectuer les moissons.

Sur les lieux de stockage des fourrages :

- Surveillez votre stockage durant les périodes de fortes chaleurs en vue d'observer d'éventuels signes précurseurs (odeurs, fumée...). Surveillez le taux d'humidité de votre fourrage à l'aide d'un thermo sonde.

- Sur les toitures recouvertes de panneaux photovoltaïques, les risques d'incendies se situent sur les panneaux eux-mêmes ou bien au niveau des conditions de transfert d'énergie : sur le câblage (qui pourrait être sous dimensionné), sur l'interface de stockage de l'électricité ou au point d'injection dans le réseau. Dans tous les cas, l'agriculteur doit se tourner vers son installateur.

En savoir plus : La garantie décennale s'applique aux panneaux photovoltaïques

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