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À Lacapelle-Viescamp, l’école a du chien

En à peine deux mois, Vicky, le chien d’assistance à la sociabilisation 
et l’apprentissage a fait ses preuves dans cette école rurale du Cantal.

Attentive elle aussi aux consignes d’Alexandra Janer, Vicky évolue librement dans la classe.
© Patricia Olivieri

Àce rythme-là, Vicky pourrait bien apprendre à lire aussi vite que les écoliers 
de Lacapelle-Viescamp(1). À 18 mois, cette jeune golden retriever n’est pourtant pas un chien savant doté de capacités hors-normes. Mais depuis que ce chien d’assistance à la sociabilisation et à l’apprentissage a investi il y a deux mois les classes de l’école, une fois leur activité finie, les enfants, même les plus réservés, n’hésitent pas à demander à faire la lecture à Vicky. C’est loin d’être le seul bénéfice de sa présence dans l’établissement : “Le matin, je ne prends pas 10 heures pour me réveiller. Dès que je pense qu’il y aura Vicky, je me lève !, témoigne Elina, en classe de CM1-CM2. Et on a plus confiance en nous depuis qu’elle est là.” “On est beaucoup plus concentré, elle nous aide beaucoup”, complète Nino, 9 ans. “On est tous un peu plus calme”, abonde Cyril, son voisin, en CM2. 

Plus de sérénité et de concentration 

Davantage de calme et sérénité que constate Alexandra Janer, leur maîtresse, et l’une des deux référentes du chien. “En observant Vicky, les enfants comprennent davantage l’importance de ne pas parler trop fort, d’avoir des gestes moins brusques, relève-t-elle. Et on arrive à transposer beaucoup de choses chez les grands : par exemple qu’on ne récompense que les bons comportements de Vicky sans réprimer les mauvais, on parle aussi des bienfaits de son alimentation active (on ne remplit pas sa gamelle d’un coup)...” 
Le quotidien du chien sert aussi à l’acquisition des compétences, avec, entre autres, des exercices de mathématiques dont l’énoncé pourrait ressembler au suivant : “Sachant que Vicky a besoin de tant de nourriture par jour, répartie en tant de bols, dont certains contiennent déjà tant de croquettes, combien doit-on remplir les autres ?”

Lire aussi Le golden Urda, le chien anti-stress du lycée Cortat

Ni doudou ni peluche

Ni doudou ni peluche, le chien, libre de ses mouvements dans la classe, contribue également à la mobilisation et la motivation des enfants, en lançant par exemple un dé personnalisable dont chaque face affiche un pronom personnel ou, en petite section, des lettres de l’alphabet. 
Vicky joue aussi un rôle particulier chez les plus jeunes, en facilitant le moment de la séparation le matin avec les parents au portail de l’école. C’est ce qui a le plus impressionné Aude Marcombe, la deuxième référente du chien. “Dès qu’il a vu Vicky, un petit garçon qui faisait sa rentrée en très petite section en janvier a fait un bisou à sa maman et a tout de suite passé la porte”, relate l’Atsem, 
qui va bientôt intégrer l’animal aux exercices de mobilité en maternelle. 

Un projet collectif

Alexandra et Aude prennent le temps d’une “mise au travail” progressive de l’animal à qui il a fallu un bon mois d’adaptation pour prendre ses repères et s’attacher à ses nouvelles référentes, motrices du projet soutenu et appuyé par la municipalité. Une fois obtenu l’aval de l’inspection de l’Éducation nationale et de la mairie, ainsi que des fonds pour financer l’initiative (alimentés par la mairie et du financement participatif(2), les deux femmes, soutenues par leurs collègues, 
se tournent vers l’association Handi’Chiens qui les aide à formaliser et approfondir leur dossier. Ce dernier, validé par l’association, Handi’chiens se charge d’identifier le chien dont le caractère, le profil et les capacités correspondent le mieux aux attentes. Ce sera Vicky, une jeune chienne à la fois émotive et empathique, éduquée par une famille d’accueil puis formée aux différentes commandes en centre Handi’Chiens.

Référentes formées à “lire et commander” le chien

Une première rencontre a lieu début octobre, l’éducatrice d’Handi’Chiens venant appréhender le futur environnement de Vicky et sa compatibilité avec ses référentes. “On a tout de suite eu un très bon contact au point qu’à la fin de cette journée, on ne voulait pas la laisser partir”, sourit Aude Marcombe. Les deux 
référentes partent à leur tour se former en Alsace dans un centre dédié, une semaine intensive pour apprendre “à lire et commander un chien. Il faut être très précis dans la gestuelle, les mots mais aussi savoir identifier à quel moment le chien est fatigué, pas à l’aise...”, expliquent-elles. 
Pour l’heure, comme les tout-petits, Vicky réalise un temps partiel à l’école de la garderie du matin jusqu’à 13 h 30. À terme, elle sera en poste davantage afin d’assurer la continuité du parcours de l’enfant dans le cadre scolaire et périscolaire. Une fois sa journée terminée, la chienne profite d’un repos mérité dans la famille d’Alexandra Janer, relayée si besoin par Aude. “Elle facilite aussi les devoirs à la maison !”, sourit cette dernière.
(1) L’école compte 45 élèves, trois classes et autant d’institutrices, deux Atsem et une cantinière. 
(2) L’alimentation du chien est financée par sa référente. Comme tous les animaux d’Handi’Chiens, Vicky fait l’objet d’un suivi régulier.

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