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FCO : La vaccination, pilier de la prévention

La vaccination constitue aujourd’hui le pilier central de la lutte contre la fièvre catarrhale ovine (FCO). Elle est un levier essentiel pour protéger durablement les élevages, limiter la circulation virale et sécuriser les activités d’élevage face à cette maladie vectorielle.

Les animaux vaccinés doivent être dans un état sanitaire compatible avec une bonne réponse immunitaire.
Les animaux vaccinés doivent être dans un état sanitaire compatible avec une bonne réponse immunitaire.
© Reussir

Maintenir et entretenir la vaccination 

Même si le département de la Haute-Loire a été relativement épargné par la FCO au cours de l’année 2025 (11 foyers de FCO3 recensés et aucun de FCO8), le contexte sanitaire reste évolutif et la circulation du virus peut varier rapidement d’une année sur l’autre. L’absence ou la faible expression clinique observée l’an dernier ne constitue pas une garantie pour les campagnes suivantes, en particulier pour une maladie vectorielle fortement dépendante des conditions climatiques et environnementales. Dans ce contexte, nous recommandons de maintenir et d’entretenir la vaccination au sein des troupeaux.

La vaccination constitue aujourd’hui le pilier central de la lutte contre la fièvre catarrhale ovine (FCO). Dans un contexte de circulation virale liée à l’activité saisonnière des culicoïdes et à la coexistence de plusieurs sérotypes, elle représente l’outil le plus efficace pour protéger les animaux, limiter les impacts sanitaires et économiques et réduire la diffusion du virus à l’échelle des troupeaux et des territoires.

Stimulation du système immunitaire

Le principe de la vaccination repose sur la stimulation du système immunitaire de l’animal contre un ou plusieurs sérotypes précis du virus de la FCO. Après l’administration du vaccin, l’organisme développe une réponse immunitaire spécifique, permettant une réaction plus rapide et plus efficace en cas d’exposition ultérieure au virus. Cette réponse ne se met pas en place immédiatement : un délai est nécessaire après la vaccination, en particulier lors de la primovaccination. 

La protection obtenue est strictement spécifique du ou des sérotypes ciblés ; un animal vacciné contre un sérotype n’est pas protégé contre les autres.

L’objectif premier de la vaccination est la protection individuelle des animaux. Chez les ovins, espèce la plus sensible, elle permet de réduire significativement l’expression clinique de la maladie, la mortalité, les pertes d’état et les troubles de la reproduction. 

Chez les bovins, souvent moins symptomatiques, la vaccination contribue néanmoins à limiter la virémie et donc le rôle de réservoir que peut jouer cette espèce dans la diffusion du virus. Au-delà de l’animal, la vaccination a un effet collectif majeur : en diminuant le nombre d’animaux virémiques et la durée de circulation du virus dans le sang, elle réduit la probabilité de transmission aux culicoïdes et participe ainsi à la maîtrise de la circulation virale à l’échelle du troupeau, voire du territoire.

Une stratégie globale et anticipée

Pour que la vaccination soit pleinement efficace, elle doit être pensée comme une stratégie globale et anticipée. Le calendrier de vaccination est un élément clé : la protection doit être acquise avant la période de forte activité des culicoïdes. 

Une vaccination réalisée trop tardivement, alors que la circulation virale est déjà active, perd une grande partie de son intérêt préventif.

En savoir plus : FCO et MHE : vacciner les bovins dès l’hiver pour anticiper la reprise d’activité des culicoïdes

État sanitaire compatible

Les animaux vaccinés doivent être dans un état sanitaire compatible avec une bonne réponse immunitaire : un stress excessif, une pathologie intercurrente ou un mauvais état général peuvent altérer l’efficacité de la vaccination. La préparation des animaux en amont de la vaccination constitue un levier important de réussite, souvent sous-estimé. Une réponse vaccinale efficace repose sur un système immunitaire fonctionnel, lui‑même étroitement dépendant de l’état nutritionnel des animaux. Une ration équilibrée est indispensable. Un déficit alimentaire ou une transition alimentaire mal conduite peut altérer la capacité de l’animal à répondre correctement à la vaccination.

Apports en oligo‑éléments et vitamines

Une attention particulière doit être portée aux apports en oligo‑éléments et vitamines, notamment ceux impliqués dans l’immunité. Les carences en cuivre, zinc, sélénium ou iode peuvent diminuer l’efficacité de la réponse vaccinale. De même, les vitamines A et E jouent un rôle clé dans le bon fonctionnement du système immunitaire. Lorsque des risques de carence sont identifiés ou suspectés, une correction en amont de la vaccination permet d’optimiser la réponse des animaux.

Cette phase de préparation doit s’inscrire dans une approche globale de conduite du troupeau, intégrant également la maîtrise du parasitisme et la limitation des facteurs de stress. En préparant les animaux sur le plan nutritionnel et sanitaire, la vaccination s’effectue dans de meilleures conditions et atteint plus efficacement ses objectifs de protection individuelle et collective. La surveillance des animaux après vaccination, notamment dans les 24 à 48 heures, permet de détecter et de gérer rapidement d’éventuels effets indésirables.

Qualité de la mise en œuvre

La réussite passe également par la qualité de la mise en œuvre sur le terrain. Le respect de la chaîne du froid, depuis le stockage jusqu’à l’injection, conditionne l’efficacité du vaccin. Le matériel utilisé, la voie et le site d’injection doivent être conformes aux recommandations.

Enfin, la vaccination ne peut être dissociée des autres mesures de prévention : stabulation nocturne lors des périodes à risque, gestion des eaux stagnantes pour réduire les zones de reproduction des vecteurs et surveillance quotidienne des animaux pour repérer précocement les signes cliniques.

Inscrite dans une démarche collective et rigoureuse, la vaccination contre la FCO est un levier essentiel pour protéger durablement les élevages, limiter la circulation virale et sécuriser les activités d’élevage face à cette maladie vectorielle.

Lire aussi : Les stigmates de la MHE et de la FCO sur la trajectoire du cheptel allaitant

 

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