La hauteur d'herbe donne le coup d'envoi de la saison de pâturage
La saison du pâturage démarre. À l'occasion d'un "Tour de Plaine" à Isserteaux, Louis Antoine Mourgues, conseiller fourrage à la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme a rappelé quelques grands principes de base pour profiter de l'herbe sans détériorer la prairie.
La saison du pâturage démarre. À l'occasion d'un "Tour de Plaine" à Isserteaux, Louis Antoine Mourgues, conseiller fourrage à la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme a rappelé quelques grands principes de base pour profiter de l'herbe sans détériorer la prairie.
Même si l'apparition des beaux jours encourage à précipiter la sortie des vaches, il est primordial pour la saison de pâturage à venir de freiner ses ardeurs.
Prendre en compte la hauteur de l'herbe est un levier technique majeur pour préserver la productivité des prairies. C'est le rappel qui a été fait lors du "Tour de Plaine" organisé par la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme, ce début de semaine à Isserteaux.
L'herbe se fait attendre dans certains secteurs du Puy-de-Dôme
Dans cette commune à plus de 600 mètres d'altitude, les vaches n'ont pas encore retrouvé les verts pâturages. Au Gaec de la Rochette, Marjorie Roche et Damien Chassaing, les deux éleveurs savent qu'une sortie précipitée peut être préjudiciable à la fois aux prairies et à leurs animaux.
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« Nous allons commencer à inspecter nos parcelles pour déterminer la première sortie » explique l'éleveuse. Ici, les vaches sont encore dans le bâtiment. Les sols manquaient de portance par endroits et l'herbe est à la traîne.
« On commence tout juste à avoir une belle hauteur. Les derniers coups de froid ont ralenti la pousse » ajoute Damien.
L’impact de la hauteur de pâturage sur la régénération de l'herbe
La hauteur d'herbe donne le coup d'envoi de la saison. En élevage laitier, Louis Antoine Mourgues, conseiller fourrage à la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme, recommande d'attendre entre 10 et 12 cm et 14 cm pour les vaches allaitantes. Pour les éleveurs, un repère simple consiste à s’arrêter à la hauteur de la cheville.
« Au-delà, la valeur alimentaire diminue et le gaspillage augmente. »
Lorsque le niveau de l'herbe pâturée arrive au talon, il est temps de sortir les vaches. Une coupe trop basse (moins de 5 cm) affaiblit la plante.
« Si les animaux broutent trop ras, ils vont consommer les gaines de la plante qui va devoir puiser dans ses réserves pour reconstituer ses feuilles, ce qui ralentit sa croissance et réduit le rendement. »
Gestion de la densité et rotation des parcelles
La densité du troupeau et la taille des parcelles influencent directement la qualité du pâturage. Une rotation trop lente ou un surpâturage localisé peuvent créer des zones dégradées où l'herbe peine à repousser.
La taille des paddocks doit être adaptée au nombre de bêtes et à la vitesse de repousse de l'herbe.
« Sur une parcelle prévue pour 3 jours, il faut éviter de laisser les animaux 4 jours : ils gaspilleront l'herbe et piétineront le sol. »
Dès le premier tour, les rotations doivent être rapides même si « les erreurs commises en début de saison sont plus faciles à rattraper qu’un surpâturage en plein été ».
Enfin, l'herbe printanière est certes un aliment complet, mais elle peut avoir un petit déficit en énergie par rapport à sa MAT (Matières Azotées Totales). Un complément pour les vaches en production peut se révéler nécessaire.
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