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La filière porc menacée par la guerre en Ukraine ?

La guerre Russo-ukrainienne met en lumière la dépendance des filières animales aux importations de céréales et d’oléagineux. La filière porc ne fait pas exception à la règle. En Nouvelle-Aquitaine cependant, l’impact est réduit.

© AdobeStock

Début mars, un communiqué de la Fédération Nationale Porcine (FNP) s’alarmait de la situation de la filière consécutive au conflit entre la Russie et l’Ukraine. Dans celui-ci, François Valy, président de la FNP évoquait l’aggravation de la situation des éleveurs de porcs, situation déjà critique. Pour lui, il fallait demeurer pragmatique en donnant aux éleveurs la possibilité de « cultiver les jachères (notamment en maïs, céréales et protéagineux), valoriser pleinement les engrais organiques dont les lisiers sur les cultures en stoppant le traitement des lisiers et réguler par l’intervention publique le prix de l’alimentation animale » faute de quoi « des pans entiers des filières d’élevage, notamment porcin, vont disparaître ». En Nouvelle-Aquitaine, l’organisation de la filière porcine la conduit à une situation plus nuancée comme le souligne Jacques Chapolard, éleveur dans le Lot-et-Garonne et responsable de la section porcine à la FNSEA Nouvelle-Aquitaine : « Pour le moment, la filière porcine de Nouvelle-Aquitaine est peu touchée par la situation en Ukraine. Depuis les années 1980-1990 et la constitution de l’association AIRFAF, nous sommes dans une démarche de fabrication des aliments à la ferme. Aujourd’hui, notre stock couvre presque 100 % de nos besoins. D’autre part, les éleveurs de porcs néo aquitains ont su s’adapter ces dernières années en mettant en place des IGP, des filières de haute qualité, des circuits de vente directe... Ces démarches payent puisque les prix se maintiennent pour ces catégories ». Toutefois, la filière régionale reste prudente car elle est malgré tout touchée par les hausses des coûts de l’énergie et des engrais. « Les éleveurs ont essuyé les augmentations de l’azote et des engrais en janvier ; les aides à la trésorerie mises en place par l’État et les mesures prises par la MSA vont être les bienvenues, reprend Jacques Chapolard. Nous sommes un peu plus inquiets à moyen terme, notamment pour les semis. Nous espérons un bon printemps pour faire le joint entre nos stocks actuels et la récolte à venir. Si ce n’est pas le cas, alors nous devrons nous approvisionner ailleurs. Les stocks de céréales n’ont pas été touchés par les attaques russes mais le souci c’est l’acheminement. Si nous devons nous tourner vers l’Amérique du Sud, les coûts de transport vont flamber. Nous ne sommes ni pessimistes, ni optimistes, nous attendons de voir ».

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