Aller au contenu principal

La ferme Cantal renoue avec sa dynamique d’installation

Avec 83 jeunes installés avec DJA l’an dernier, le département renoue avec un rythme soutenu mais aussi avec des projets laitiers. Et la diversification attire de plus en plus

Après le gros creux de l’année 2023 (43 dossiers seulement), lié à la bascule de la gestion du dispositif de l’État à la Région, le nombre d’installations aidées dans le Cantal a renoué avec son niveau antérieur, soutenu : l’an dernier, 83 jeunes ont vu leur projet validé en commission, plaçant le Cantal sur la deuxième marche du podium régional et dans le Top 5 national. Autre bonne nouvelle, soulignée par les responsables des Jeunes agriculteurs lors de la session installation que JA organisait le 26 mars : l’attrait retrouvé pour la production laitière et des projets de diversification qui continuent de progresser, talonnant les élevages spécialisés dans les choix d’installation. “C’est positif pour notre territoire car la  production laitière implique beaucoup d’emplois derrière”, a relevé Jérémy Chancel, co-responsable installation à JA.

Investisssement : on frôle les 400 000 euros 

Ainsi, en 2024, on a compté 23 % d’installations en bovins allaitants, autant en bovins lait, 21 % en bovins mixtes et 22 % en diversification hors bovins (apiculture, caprins, escargots, canards gras...). “On est en train de rattraper notre retard en matière de diversification, c’est une bonne chose car cela permet d’installer sans recourir à l’agrandissement”, a fait valoir Valentin Delbos, président des JA. En réaffirmant : “Notre volonté, c’est d’installer sur des exploitations viables, vivables, à taille humaine et donc transmissibles.” Sachant que la SAU des jeunes installés a reculé en 2024, à 113 ha (SAU totale et non par actif). Les installations sociétaires restent majoritaires (77 %) et un quart des candidats sont des candidates. L’âge moyen des jeunes installés demeure stable, 28 ans.
En revanche, le point noir demeure le montant d’investissement à l’installation qui flirte désormais avec les 400 000 € (contre 360 000 € en moyenne depuis 2014), alourdi par l’inflation sur les bâtiments, le matériel... Ce qui, pour Valentin Delbos, justifie d’autant plus un soutien massif à la trésorerie via la DJA (dotation jeune agriculteur). 
À 46 000 € en moyenne en 2024, celle-ci est en légère hausse, à un niveau des plus élevés en Aura et en France, en optimisant les leviers de modulation. Neuf dossiers sur dix ont ainsi bénéficié d’une majoration pour démarche de progrès (engagement en HVE, bas carbone, bio, AOP, MAEC) et au regard des investissements consentis. Le levier “formation et expérience” (30 % des dossiers) reste une priorité pour JA : 
“On veut des jeunes formés et bien formés, on a toujours préconisé qu’ils aillent chercher de l’expérience, des compétences, une ouverture d’esprit avant de s’installer”, ont rappelé les JA.
Voilà pour la dynamique de 2024, qui devrait se poursuivre sur 2025, estiment les JA, notamment au vu de l’effectif toujours élevé de porteurs de projet accueilli au PAI (point accueil installation) : 183 ont en effet poussé la porte de la conseillère du PAI à la Chambre d’agriculture l’an dernier et 108 autres ont entamé leur parcours 3 P (parcours de compétences personnalisé), préalable à l’installation aidée. 

Gonfler les rangs des candidats

Il n’empêche, il va falloir grossir davantage encore les rangs des candidats à l’installation pour compenser la vague de départs en retraite déjà amorcée. Aussi, lors de cette session installation, les Jeunes agriculteurs ont sollicité les partenaires invités (OPA, banques, centres de formation...) pour contribuer à solutionner les trois freins identifiés à l’installation : l’accès (et le coût) au foncier ; l’atteinte d’un revenu minimum ; l’attractivité du territoire (lire ci-dessous).
 

Les plus lus

En 2010 et 2015, les éleveurs avaient déjà bloqué les sites du groupe Bigard.
Les éleveurs de viande bovine vont bloquer les abattoirs du groupe Bigard

Trop c'est trop. Face à la baisse continue des cours en viande bovine, les éleveurs ont décidé de passer à l'action. Ils…

groupe de personnes devant une retenue collinaire d'eau
La FDSEA et les JA ont convaincu le préfet de l’intérêt des réserves d’eau collinaires

En visite à Quézac, le préfet du Cantal s’est dit favorable aux réserves d’eau, devant l’installation d’une exploitation qui…

Antoine, Éric et Yoann Foncelle, de l'EARL des Diagots
Transmission : « Reprendre la ferme familiale, une évidence »

À 23 ans, Antoine Foncelle est en plein dans l’aventure de l’installation. Son projet est de reprendre la ferme de son père.…

Théo Mialon, éleveur à Moissat, aux côtés de Viking, un taureau qui devrait partir en concours dès septembre 2026.
Installation : Théo Mialon, l'élevage charolais en héritage

À seulement 24 ans, Théo Mialon a déjà tout d’un agriculteur accompli. Installé depuis novembre 2022 sur l’exploitation…

Conditions d'attribution, calcul des ressources, recours sur succession : la MSA Auvergne fait le point sur un dispositif qui préserve spécifiquement l'outil de travail des agriculteurs.
L’ASPA, un coup de pouce méconnu pour les retraites agricoles modestes

Complément de revenu destiné aux retraités les plus modestes, l’ASPA reste largement sous-utilisée par les exploitants…

Lionel Chauvin, Président du Conseil départemental du Puy-de-Dôme, et Marie-Anne Marchis, Vice-présidente en charge du tourisme, des Grands Sites et de l'UNESCO, ont inauguré l’Échappée volcanique, le nouvel itinéraire de cyclotourisme
L'Échappée volcanique : le nouvel itinéraire vélo de 110 km dans la Chaîne des Puys

Cet été, le Département du Puy-de-Dôme invite les amateurs de cyclotourisme à découvrir l’Échappée volcanique, un itinéraire…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière