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La colère gagne les campagnes

© AM

En aparté du mouvement des gilets jaunes, les agriculteurs ne pouvaient rester les bras croisés à l’heure où la grogne généralisée des Français prend de plus en plus ampleur sur tout le territoire national. Si le mal-être des citoyens français se propage en profondeur, ce vent de contestation souffle sur tous les secteurs d’activité avec la hausse généralisée des taxes et des charges de toute nature.
À l’appel de la FDSEA et des JA, des centaines d’agriculteurs ont donc crié également leur colère, en instaurant des barrages filtrants sur 5 points du département le 19 novembre : carrefour de la Seiglière à Aubusson, sur la RN 145 à hauteur de Gouzon et de La Souterraine, à Genouillac et Bourganeuf.
Après l’augmentation du prix du gaz, de l’électricité et maintenant des carburants, mais aussi des cotisations diverses et variées, la profession agricole se retrouve elle aussi impactée par ces hausses de charges. Près de 200 agriculteurs étaient rassemblés sur le carrefour de la Seiglière, rejoints par des gilets jaunes. Le responsable du site Christian Arvis n’a pas manqué de rappeler les raisons de la colère paysanne : « l’ensemble de ces hausses risque à très court terme de faire disparaître notre agriculture en Creuse, mais malgré ces temps difficiles, il nous appartient de rester toujours debout ».
Annonçant qu’une délégation de responsables agricoles de la FDSEA, des JA et de la Chambre d’Agriculture serait reçue par le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, le lendemain, il a invité les manifestants à rester dignes, mais déterminés.
Pascal Lerousseau, vice-président de la FDSEA rappelait les enjeux de cette manifestation et surtout des sujets qui seront abordés avec le ministre de l’Agriculture : « nous avons de nombreux dossiers à lui exposer, mais nous attendons de lui des réponses concrètes et pragmatiques. Assez de paroles, il nous faut aujourd’hui des actes ». Parmi les dossiers qui lui seront présentés, figure prioritairement celui des calamités agricoles, les EGA, la hausse des charges, mais « nous devons rester mobiliser en cas de besoin » souligne Pascal Lerousseau.
Comme il l’avait annoncé, la présence du député Jean-Baptiste Moreau sur le barrage fut attendue et sifflée… Pour Jean-Baptiste Moreau, « les problématiques du monde agricole je les connais bien. Concernant le dossier sécheresse, j’apporterai tout mon soutien au dossier creusois à la commission du CNGRA qui aura lieu en décembre prochain. Mais au-delà des compensations financières, ce qui manque le plus, c’est le fourrage, et il devient de plus en plus difficile d’en trouver, et lorsque l’on en trouve, c’est souvent à des prix exorbitants. Au sujet des EGA, la loi est promulguée, mais il faut maintenant l’appliquer. Les ordonnances devraient être signées très prochainement. Maintenant, il y a le sujet des carburants, mais il y a un élément qui ne se contrôle pas, c’est celui du cours du pétrole, mais nous devons aussi faire face au lobbying des industries pétrolières et ce n’est pas simple. Le tout gasoil c’est fini, il va falloir trouver des énergies alternatives… », sans même avoir terminé son intervention, de nombreux agriculteurs l’ont invectivé, considérant que le Gouvernement méprise ses concitoyens, mais aussi, et surtout ses agriculteurs. Pour le secrétaire général de la FDSEA Christian Arvis : « nous voulons simplement vivre dignement de notre métier et avoir une agriculture prospère et rémunératrice, mais pour cela, l’État doit bien comprendre au travers des EGA qu’il faut absolument tenir compte de nos coûts de production ».
Le ras-le-bol généralisé des Français, tous secteurs d’activité confondue témoignent, très clairement du fossé qui se creuse entre l’exécutif et les français, « Macron nous méprise et ça c’est inadmissible »
Au terme d’un débat houleux avec le député, les agriculteurs se sont dirigés en direction du centre-ville d’Aubusson, pour aller murer l’hôtel des impôts, symbole par excellence de l’administration financière de l’État.

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