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Jusqu’à 500 litres de moins par vache

Les conséquences de la sécheresse automnale se font sentir dans les exploitations puydômoises tant sur la quantité, la qualité que la fertilité.

Moins d’alimentation, moins de lait, les éleveurs laitiers puydômois accusent la douloureuse équation de la sécheresse automnale.
Moins d’alimentation, moins de lait, les éleveurs laitiers puydômois accusent la douloureuse équation de la sécheresse automnale.
© Mélodie Comte

En plein cœur de l’hiver, les exploitations laitières du Puy-de-Dôme accusent une baisse de productivité. En moyenne, l’EDE relève une perte entre 2 et 3 kg de lait par vache et par jour. La raison est toute simple : « cet automne, les éleveurs ont puisé dans les réserves de leurs animaux pour ne pas entamer sérieusement les stocks de fourrage » explique Bibiane Beaumont, directrice du Conseil laitier.

27 000 litres en moins


Les chiffres sont accablants. « Jusqu’à 500 litres de lait en moins sur la durée de la lactation. » Multiplié par le nombre de vaches moyen dans les exploitations puydômoises (55 animaux), la perte s’élève à environ 27 000 litres de lait sur la campagne. Moins de lait donc pour les producteurs dont les espoirs ne peuvent même pas se reposer sur la qualité. « Les taux de TP et TB sont également bas. Seules les cellules, curieusement, enregistrent une amélioration » précise Bibiane Beaumont.
D’ordinaire, la campagne laitière enregistre toujours une baisse de production durant l’été et en octobre. Seulement en 2018, la sécheresse automnale n’a fait qu’aggraver les choses. « Toutes les vaches ayant vêlé jusqu’en septembre, n’ont pas bénéficié de bonnes conditions (chaleurs, carences alimentaires…). La production est de ce fait lourdement impactée. Le nombre de mort néonatale est en hausse sur septembre, octobre et novembre. A contrario, les vêlages en cours sont plus prometteurs. » Dans certains secteurs du département, les éleveurs ont complémenté leurs animaux dès le mois juillet. Afin de ne pas entamer trop ardemment les stocks de l’hiver, beaucoup ont rallongé la période de pâture malgré la faible quantité d’herbe. Un coup d’épée dans l’eau. « Ils ont tiré sur leurs animaux et ont gardé l’espoir de voir l’herbe repousser. Les décisions à prendre n’étaient véritablement pas évidentes. Ils ont fait comme ils ont pu. »

« C’est le calcul quotidien »


Bourg-Lastic a été l’une des communes les plus touchées par cette sécheresse. Christian Agay, éleveur de 70 vaches laitières, a récolté 40% de fourrages en moins en 2018. Malgré tout, il a dû commencer à nourrir ses animaux le 20 juillet jusqu’à leur donner une ration complète dès la fin août.
Aujourd’hui, il reste dans sa grange tout juste de quoi finir l’hiver, si celui-ci ne s’éternise pas. « C’est le calcul quotidien ! J’ai un mois de fourrage devant moi. » L’éleveur tente de joindre les deux bouts en réalisant des achats alimentaires (déjà 25 000€) et en réformant des animaux peu productifs. « Ce n’était pas prévu mais je n’ai pas le choix… » Sa production laitière enregistre inévitablement une baisse quantitative, « environ 2 litres en mois par vache et par jour ». L’éleveur constate également « une baisse de la fertilité » se traduisant par des retours de chaleurs plus lents.
Parfaitement conscient de la répétitivité de ces incidents climatiques, Christian Agay tente de trouver une solution mais en vain. « Le prix des terres explose dans notre secteur, je ne peux donc pas acheter de prairies supplémentaires. L’herbe sur pied, personne n’en vend. Je n’ai pas la possibilité de faire davantage de cultures. La seule option à ma disposition : réduire, encore, la taille du troupeau… »


Mélodie Comte

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