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FDSEA : Porter au plus haut la voix du bio

Le syndicat se dote d'une commission bio pour défendre celles et ceux qui font ce choix de production.

Après son passage aux JA, Éric Fabre adhère à la FDSEA (responsable communal) et prend aujourd'hui la tête du groupe bio départemental.
Après son passage aux JA, Éric Fabre adhère à la FDSEA (responsable communal) et prend aujourd'hui la tête du groupe bio départemental.
© R.Saint-André

Son engagement syndical ne date pas d'hier. Son choix pour l'agriculture biologique non plus. Éric Fabre, éleveur à Saint-Cirgues-de-Malbert, assume aujourd'hui la responsabilité du tout nouveau groupe bio dont s'est dotée cette année la FDSEA du Cantal. "L'objet de cette section d'une quarantaine de membres est d'assurer la promotion et la défense des agriculteurs qui ont fait le choix de produire bio", annonce le nouveau référent.


Un complément attendu


Si l'association Bio 15 - à laquelle adhère Éric Fabre, comme de nombreux autres agriculteurs bio - a pour vocation les échanges techniques et l'organisation des filières,  le  syndicat   sepropose d'apporter un messageplus politique, visant à défendre les intérêts économiques des producteurs. En effet, les filières biologiques réclament un fonctionnement différent. Certes, les exploitations sont moins sensibles aux charges (moins d'intrants, moins de frais vétérinaires,...) mais se doivent d'être autonomes en aliment, compte tenu du prix prohibitif du fourrage bio. "En moyenne, les produits issus de nos exploitations sont valorisés 10 % au dessus du prix du conventionnel. Mais si pour produire, on doit acheter à l'extérieur, il nous faudra dépenser minimum 15 % de plus qu'un agriculteur conventionnel", révèle Éric Fabre. "Il ne faut pas passer en bio en espérant gagner plus, tant que les aides ne soutiendront pas davantage", poursuit-il, avec l'objectif que le syndicat, organisé, puisse faire du lobbying. En Auvergne, la Haute-Loire a également constitué un groupe bio. Les deux représentants auvergnats siègent en qualité d'administrateurs dans une commission nationale permanente de la FNSEA. Celle-ci est présidée par Étienne Gangneron, qui a rencontré le groupe cantalienen avril et évoqué les sujets d'actualité, dont la prochaine révision du cahier des charges. Ces derniers jours, la section bio de la FDSEA du Cantal s'est réunie pour évoquer les aides Pac, et a dressé le constat que les conditions des primes Feader, qui vont être versées par la Région, sont encore bien floues. "C'est pourquoi nous réclamons au conseil régional d'Auvergne des éclaircissements", explique Éric Fabre. À cet égard, il vient d'adresser un courrier à des élus, dont Dominique Bru, conseillère régionale et maire de Vic-sur-Cère.


Les questions à la Région


"Nous savons tout au plus que la prime au maintien à l'agriculture biologique sera reconduite dans les cinq années suivant la conversion. C'est très bien d'attirer vers le bio, mais il nefaudrait pas oublier ceux qui sonthistoriquement en agriculture biologique et qui ont construit les filières", plaide Éric Fabre, qui espère une "prime pour tous". Parmi les autres questions en suspens : les perspectives politiques envisagées par la Région, quelles orientations bio dans le projet de développement rural régional (PDRR) ? Par souci d'équité, le Cantal ne veut pas de zonage. Le groupe bio de la FDSEA réclame aussi que les éle- veurs victimes de la sécheresse en juin puissent acheter du four-rage conventionnel s'ils ne letrouvent pas labellisé bio. Enfin, il s'inquiète d'un récent courrier de l'Inao(1)   relatif aux demandes   de   dérogation   à l'attache des bovins, puisque sur 26 demandes, seules onze seraient accordées, alors même que certaines situations ne le permettent pas...Bref, du pain sur la planche, fût-il bio.


(1) Institut national de l'origine et la qualité.

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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