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Faner ses prés : mission impossible cet été !

Les pluies perturbent la récolte des fourrages partout dans le département.

Des éleveurs qui voulaient faner décident finalement d’enrubanner leur herbe à cause du risque de pluie.
Des éleveurs qui voulaient faner décident finalement d’enrubanner leur herbe à cause du risque de pluie.
© Apap

La récolte des fourrages n’est pas un jeu. Mais comme au loto, chaque été, il y a les chanceux et les malchanceux. Les heureux gagnants de cette édition 2014 ? Ceux qui ont tout récolté précocement, ceux qui ont pu faner, enrubanner ou ensiler le plus gros de leur herbe au mois de juin. Les autres, ceux qui ont juste entamé ou qui n’ont pas terminé leurs premières coupes en juin, sont largement perdants. “En zone de montagne à 1 000 mètres d’altitude, et quand on a déprimé tous les prés, ce n’est pas possible de récolter si tôt, relève Jean-Yves Jouve, président du GVA de Riom/Condat. D’habitude, les repousses  sont  ramassées  autour  du 15 juillet mais comme il pleut, ces prés de fauche n’ont toujours pas pu être coupés…”


Les tout foins pénalisés


Il est périlleux de généraliser, tant les situations varient d’un système à l’autre et d’un bout à l’autre du département, mais globalement, les éleveurs en tout foin “n’en voient pas le bout”. “À cause du temps, il n’y a pas moyen de ramasser. Or, plus l’herbe s’éloigne de son stade optimal de récolte, plus la qualité se détériore”, explique Pierre Balladuc, président du GVA de Mauriac/Pleaux/Salers. “Les derniers foins seront de très mauvaise qualité, confirme Éric Moulier, son homologue sur Saignes/Champs. Dans le coin, il reste encore pas mal à récolter et la seule chose à faire, c’est de le ramasser très sec, car il est pourri au pied. Or, a priori, ce ne sera pas possible avant le 15 août.” Même constat sur Pierrefort, où les éleveurs
situés en altitude accusent un important retard. Du coup, même si ce n’est pas l’idéal d’enrubanner un foin “bourru”, les éleveurs s’y résignent. “D’habitude, je n’enrubanne pas, rapporte Vincent Vantal, éleveur à Salers qui n’a pu récolter que 50 % de son herbe en juin. Mais cette année, comme on n’arrive pas à faire sécher, on a attaqué à enrubanner le moins mûr pour laisser pousser une seconde coupe, et on laisse le reste pour le récolter plus tard.”


Enrubannage à tour de bras


Dans le secteur de la Planèze, l’enrubanneuse tourne également à plein régime. “On met sous plastique de la marchandise qui aurait dû faire du foin mais on n’a pas le choix : c’est pour sauver la récolte”, témoigne Jérome Fournal, président du GVA de Murat-Allanche. Dans ce secteur, la situation est particulièrement hétérogène, note Yann Bouchard, le conseiller technique de la Chambre d’agriculture. “D’un côté, certains éleveurs comme sur les communes de Celles, Neussargues ou Chalinargues ont perdu de l’herbe au printemps suite à la sécheresse. D’un autre côté, des éleveurs ont du mal à récolter à cause de la pluie…” Plus au sud du département, en Châtaigneraie, c’est pour récolter les secondes coupes que c’est compliqué. “On a de la très bonne marchandise - même si les rendements sont un peu moyens, constate Bernard Lacoste, le président du GDA de Maurs. Mais quand est-ce qu’on va pouvoir la ramasser, et qu’est-ce qu’on va pouvoir en faire : du foin, de l’enrubannage ?” Un vrai casse-tête. Ce mois d’août dans le Cantal, y compris pour les céréales, tous les éleveurs scrutent le ciel en attendant désespérément “la bonne fenêtre”.

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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