« On fait du volume et du taux », une production laitière record dans le Puy-de-Dôme
Le Conseil Élevage de l'EDE 63 révèle une production laitière record attribuée à une repousse herbagère automnale exceptionnelle.
Le Conseil Élevage de l'EDE 63 révèle une production laitière record attribuée à une repousse herbagère automnale exceptionnelle.
Le Conseil élevage de l'EDE du Puy-de-Dôme a présenté lors de ses assemblées générales de secteurs, les résultats techniques de la production laitière pour l'année 2024-2025 et confirment une année de production record.
Des records de production laitière en 2024-2025 : l’Allier et le Puy-de-Dôme en tête
Avec un total de 599 cheptels suivis sur les départements de l'Allier et du Puy-de-Dôme, la production laitière atteint 460 874 litres, avec une moyenne de 67,9 vaches laitières présentes par cheptel. La moyenne SIEL (Système d’Information Élevage Laitier) s'élève à 6 748 kg de lait par vache, avec un taux butyreux (TB) de 39,6 et un taux protéique (TP) de 32,7.
Dans le Bas Livradois Dore Limagne, 96 cheptels produisent 528 786 litres de lait, avec une moyenne de 72,1 vaches laitières présentes dans les élevages. La production moyenne par vache s'élève à 6 988 kg, avec un TB de 40 et un TP de 33. L'année passée, ce même territoire comptait 105 cheptels et pourtant, la production laitière totale était de 494 058 L et de 6 605 litres/vache. Le TB et le TP étaient similaires aux valeurs actuelles.
Du côté d'Ambert Livradois Forez, l'EDE Conseil Élevage suit 69 cheptels qui produisent 392 427 litres de lait, avec une moyenne de 60,9 vaches laitières présentes et une production de 5 984 kg par vache. Là encore, le TB et le TP sont similaires à leurs voisins du Livradois. Et comme eux, l'année précédente, le volume de lait produit au total était bien en deçà des valeurs actuelles avec 364 876 litres pour un nombre de troupeau identique.
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L’automne herbager : un facteur clé pour des performances laitières exceptionnelles
Ces chiffres montrent à quel point l'automne favorable a influencé la production. Pour Bibiane Baumont, responsable du service Conseil élevage lait : « c'est du jamais vu ».
Le département a déjà connu par le passé des pics de production, mais selon l'experte « jamais à de tels niveaux (plus de 2 kg/vache), surtout avec un maintien élevé des TB et TP et un taux de cellules bas ».
Le phénomène s'observe chez toutes les races suivies. Tous les secteurs du département sont également concernés et tout particulièrement le secteur Bas Livradois Dore Limagne et les Combrailles. « On observe une explosion de la production dès le mois d'août. »
Quels défis pour les éleveurs face à l’évolution des saisons de pâturage ?
L'explication se trouve dans l'alimentation et la repousse de l'herbe en automne, à la fois riche et appétente, sans être trop humide. « Les taux d'ingestion augmentent eux-aussi dès le mois d'août et le déficit énergétique des vaches se réduit aussi considérablement à partir de la même période » souligne Bibiane Baumont.
Cette situation, vécue au niveau national, interroge au-delà d'avoir un impact sur les prix. De plus en plus, la saison de pâturage se rallonge à l'automne, avant de connaître une courte rupture durant l'été. « Il va falloir envisager d'avoir à gérer cette herbe et le pic de production qui l'accompagne. »
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