Face à la sécheresse, faut-il ensiler le maïs maintenant ou attendre ?
Les fortes chaleurs et le manque de pluie ont fortement impacté les cultures de maïs ensilage cette année. Pascale Faure, conseillère fourrage à la Chambre d’agriculture, apporte son éclairage pour aider les agriculteurs à prendre la bonne décision.
Les fortes chaleurs et le manque de pluie ont fortement impacté les cultures de maïs ensilage cette année. Pascale Faure, conseillère fourrage à la Chambre d’agriculture, apporte son éclairage pour aider les agriculteurs à prendre la bonne décision.
Les maïs ont souffert de la sécheresse, mais tous ne sont pas perdus. Pascale Faure a observé que, malgré des conditions extrêmes, certaines parcelles conservent une apparence normale.
Les pluies récentes, bien que légères, ont permis aux maïs de réagir positivement, notamment en demi-montagne où la floraison commence à peine. »
Avec des températures plus fraîches la nuit et des journées autour de 25-30 °C, les maïs qui entament leur floraison pourraient encore se développer correctement.
Pour ceux qui ont fleuri il y a une quinzaine de jours, notamment en plaine, la situation est plus préoccupante. Les fortes chaleurs auront indéniablement impacté les fécondations ; le risque de ne pas avoir de grains, ou très peu, est avéré. Pourtant, même dans ce cas, la conseillère fourrage de la Chambre d’agriculture insiste : « ça fera toujours un peu de matière sèche ». Une ressource précieuse dans un contexte où les récoltes d’herbe ont été moyennes au printemps, le pâturage d’ores et déjà interrompu faute de repousse et où les approvisionnements en fourrage se raréfient. «
Il faut bien avoir conscience que cette sécheresse est nationale. Les voisins ne seront d’aucun secours pour fournir des fourrages. Certains produits sont d’ailleurs déjà introuvables, comme la pulpe de betterave. »
Ne pas jeter le maïs vert : une question de bon sens
« Tant que le maïs est vert, on le garde » assène la conseillère. Même si la qualité ne sera pas optimale, le maïs vert représente une source de matière sèche indispensable pour les mois à venir. « On ne peut pas se permettre de balancer de la matière sèche par la fenêtre » insiste-t-elle.
Pour les maïs qui n’ont pas encore fleuri, l’espoir persiste. Si les dernières feuilles sont encore vertes, une reprise est possible avec le retour de la pluie.
On aura certainement des épis un peu moches et toutes les plantes n’en n’auront pas mais à l’échelle de la parcelle, il y aura quand même quelque chose à récolter pour nourrir les animaux. »
En revanche, si les feuilles sont déjà brunes ou blanches, « il n’y a plus rien à espérer ». Dans ce cas, Pascale Faure recommande d’ensiler les maïs sans attendre au risque de perdre de la digestibilité.
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Comment évaluer l’état de ses parcelles ?
Avant de prendre une décision, un diagnostic de la parcelle doit être réalisé.
Sur une surface de 10 mètres carrés, il faut d’abord vérifier le peuplement en comptant le nombre de pieds de maïs. Ensuite, compter le nombre d’épis « en général un par pied, mais certains peuvent en avoir plusieurs ou aucun ». Puis, sur 20 épis consécutifs, compter le nombre de grains dans chacun. Cela permet d’estimer le nombre de grains pour 10 mètres carrés puis pour un mètre carré.
Cette évaluation doit être réalisée en plusieurs points de la parcelle (minimum 3), en évitant les bords, souvent non représentatifs. »
Dès lors, si le résultat donne moins de 500 grains/m², il faut ensiler ou distribuer en affourragement en vert, voire faire pâturer la parcelle.
Entre 500 et 1 500 grains/m², Pascale Faure recommande d’attendre si l’appareil végétatif (4 à 5 feuilles vertes autour et au-dessus de l’épi) est encore en bon état. Dans le cas contraire, il faudra ensiler.
Enfin, si plus de 1500 grains/m² sont comptés, il faut attendre, car le potentiel de rendement reste intéressant.
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Une décision à prendre avec prudence
La théorie a ses limites face à la réalité du terrain. Pascale Faure reconnaît que chaque parcelle est unique mais elle encourage les agriculteurs à ne pas hésiter à solliciter un avis extérieur pour évaluer ensemble la situation. « Nous pouvons les accompagner, et nous déplacer, au besoin. »
Beaucoup misent sur les orages annoncés après le 15 août, espérant tenir jusqu’à cette date sans nouvelle vague de chaleur. En attendant, la patience et l’observation restent les meilleures alliées.