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Elliot Fleys, un Cantalien à la tête du baseball français !

Du ballon rond à la batte, le parcours incroyable d’Elliot Fleys, le "Castanhaïre" né avec un ballon rond dans les pieds qui, depuis février, dirige la Fédération française de baseball/softball.

Comment un Cantalien passe du football au baseball ?
Elliot Fleys, directeur général de la Fédération française de baseball/softball : “Mon père est d’ici, de Lafeuillade-en-Vézie, mes grands-parents aussi. L’histoire c’est que mes parents sont partis pour le travail pendant un an et demi entre Niort et Nantes... Mais on n’y est pas restés longtemps. À un an, j’étais de retour à Lafeuillade et c’est ici que j’ai passé mon enfance jusqu’à mes 18 ans. J’ai grandi avec un ballon de football dans les pieds, en démarrant vers 4-5 ans à l’ELF, et jusqu’à mes 20-21 ans.
Mes études me conduisent d’abord un an à Toulouse, puis deux ans en DUT de chimie des matériaux à Castres. J’ai pu continuer à jouer au foot en faisant les allers-retours. Je suis ensuite parti faire une école d’ingénieur à Lyon. J’ai attaqué ma vie professionnelle dans l’industrie automobile,  en Franche-Comté, pour un équipementier qui travaillait pour Peugeot. Ensuite, toujours pour cette entreprise, je suis parti travailler en Espagne pour développer un marché. Comme j’étais tout le temps en déplacement, la vie sportive n’était plus possible. En fait, j’ai travaillé sur de la préindustrialisation de pièces plastiques, essentiellement des pare-chocs, sur l’ensemble de l’Europe puisqu’on bossait pour quasiment toutes les marques automobiles. Mais en Espagne, même si j’aimais mon boulot, faire des pare-chocs de voiture, ce n’était pas le truc qui m’emballait le plus. J’avais 24 ans, je me suis posé vraiment beaucoup de questions sur mon avenir, ce que je voulais réellement faire.”

Alors, on se réoriente ?
E. F. :  “Je décide de faire une expérience supplémentaire, auprès d’une boîte belge cette fois, mais dans l’aéronautique... et aux États-Unis. J’y suis resté huit mois avant de me rendre compte que ce que voulais vraiment, c’était travailler dans le sport. J’étais dans l’Oklahoma à ce moment-là, l’Amérique profonde qui baigne dans le basket et le baseball aussi. J’ai tout arrêté et décidé de revenir en France, en 2015. J’ai fait une école de commerce, master spécialisé en management d’organisation sportive qu’il me fallait valider par un stage. Je voulais trouver un truc rapidement, pour vite repartir en milieu professionnel.”

Et c’est là que le baseball fait son apparition ?
E. F. :  “Je suis tombé sur la Fédération française de baseball/softball pour une mission de six mois sur l’organisation de nouveaux événements... Six mois, c’était parfait. Sur cette période, j’ai rencontré plein de gens bien, et au bout de ce stage, le président de l’époque, Didier Seminet, m’a proposé de créer un poste. J’ai dit oui ! J’ai d’abord eu une mission fédérale sur l’affiliation des clubs, le suivi des prises de licences, une aide administrative au monde associatif... Il y avait alors près de 200 clubs, car la fédération s’occupait aussi du cricket à ce moment-là, et environ 10 000-10 500 licenciés. Depuis le retour du baseball, pour les garçons, et du softball, pour les filles, aux Jeux de Tokyo, en sports dit “de démonstration”, nous étions alors en pleine campagne pour l’attribution des Jeux 2024 et 2028. Pendant deux ans, on a travaillé dur à la fédération pour faire admettre le baseball à Paris. Dans mes missions, j’ai beaucoup accompagné le président à travers le monde et les instances car si le sport est peu connu en France, il est majeur dans pas mal de pays, l’Amérique du Nord, l’Amérique centrale, les Caraïbes, au Japon, en Corée, à Taïwan... Cela m’a permis de toucher à beaucoup de choses.”

Avant de prendre la direction de la Fédération ?
E. F. :  “J’ai à peu près tout fait. Petit à petit, on a rajouté de la ressource humaine dans la fédération, réorganisé les pôles... Une nouvelle fois, j’étais à un moment où je pensais avoir fait le tour de la question, mais avec le départ de François Collet, directeur général, les cartes ont été rebattues. Et puis cela m’a permis aussi d’apporter quelques idées. Ne pas être retenu aux JO de Paris, cela a été mal vécu. On a pris un gros coup sur la tête. On n’a peut-être pas été assez bons pour défendre notre sport. On sait depuis peu que le baseball sera au programme des JO de Los Angeles en 2028. Mais il faut être réaliste. Les tournois olympiques de baseball/softball sont réservés à très peu d’équipes. On a un avenir intéressant avec une jeune génération qui est en train de monter. On a aujourd’hui des championnats locaux, un échelon régional puis le niveau national. Le softball, c’est D1-D2 chez les filles, comme chez les garçons, plus plusieurs challenges, et une qualification européenne en D1. En baseball, il y a D1, D2 et D3. Chez les jeunes, même topo. On commence en moins de 10 ans.”

Pour nous, le baseball se résume à un lanceur, un batteur et des mecs qui courent... ?
E. F. :  “En fait, on a le lanceur et son coéquipier le receveur en charge de réceptionner son lancer.  Il y a en plus des mecs sur le terrain en charge de protéger des bases. Le batteur, c’est son adversaire. Comme ses coéquipiers, il a pour but  de faire le tour du terrain et revenir “à la maison” sans s’être fait éliminer... Après, il est vrai qu’un match c’est long, pas forcément adapté à un schéma olympique. Peut-être la raison pour laquelle nous ne sommes pas à Paris, alors qu’on a fait un gros forcing durant deux ans.” 

C’est pour cela que le baseball five se développe tant ?
E. F. :  “Mon rôle, c’est de mettre en application la politique des élus de la fédération. Des élus qui seront renouvelés en novembre prochain d’ailleurs. On a toujours eu dans l’idée d’être un organisme dirigeant qui fédère. J’ai essayé des choses, je veux apporter ma patte, mes idées. Je suis, depuis 2016-2017, à l’initiative d’une troisième discipline qui est le baseball five, avec les Jeux olympiques de la Jeunesse de Dakar en ligne de mire (en 2026, ndlr) et j’ai très envie d’y être. Il fallait accepter de faire son introspection, son autocritique pour intéresser les gens et s’avouer que c’est long, c’est lent, c’est “chiant”, oserais-je, avec des règles compliquées, un grand terrain... Alors, toujours avec mon président de l’époque, on a imaginé une activité plus courte, plus rapide, avec des règles simples et sans matériel. Didier (Seminet) me dit alors : “À Cuba, il y a plein de gamins qui jouent dans la rue, sans rien.” 
Donc pour eux, pour qui ce sport est roi, la rue est un terrain de baseball. J’ai trouvé ça super. On a parlé de ça à la fédération internationale. Au début, beaucoup d’interrogations, mais très vite ils ont soutenu l’idée. En 2017, je suis parti au Burundi, dans le cadre d’une mission sport/humanitaire, avec un  mec de la fédé internationale. L’environnement  baseball/ softball y était inexistant. On a fait quatre jours sur place... et on a vu que ça marchait du feu de dieu, alors qu’on était en train de créer les règles ! On a ajusté au fur et à mesure. Derrière, la fédération internationale a embrayé et mis les moyens. 
Ainsi est né le baseball five. Nos premiers événements de démonstration se font à Cuba, en France... On a pensé le five comme un outil de développement. C’est aujourd’hui un sport à part entière, avec une balle en caoutchouc et un carré de 21 m de côté. C’est notre basket 3x3 à nous, notre rugby à 7. Très vite, il y a eu des compétitions, en équipe mixte garçon/fille. Premier championnat d’Europe en 2020 et la France est championne d’Europe. Très vite les “petites” fédérations sont devenues très performantes. Très vite, les “grandes” fédérations ont lancé leur five, ce qui le rend encore plus crédible.”   

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