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Élevage : pour vos litières, des alternatives à la paille

Après un printemps précoce, deux épisodes caniculaires avant l’été, une période de sécheresse qui s’installe, un déficit fourrager se profile et nous oblige à trouver des solutions d’adaptation. Il va falloir gérer au mieux les stocks de fourrages et l’utilisation de la paille dans l’alimentation sera une des solutions.

paille
© Freepik

Cette situation va demander à chacun de revoir ses pratiques habituelles et de trouver des solutions alternatives pour la litière

L’objectif est d’anticiper dès à présent l’utilisation de la paille et de réfléchir à des solutions pour l’économiser ou la remplacer.

 

 

Économie de paille

L’économie de paille peut être réalisée à différentes échelles.

La diminution des quantités peut aller jusqu’à 15 % :

  • Diminuer l’apport journalier : de préférence pour les génisses de renouvellement, les vaches à vêlages tardifs ou encore les animaux destinés à la vente (moins exigeants). Il faudra cependant veiller à ce que les animaux restent propres et que la température de la litière n’atteigne pas 38 °C à 10 cm de profondeur.

     

  • Retarder la rentrée des génisses de renouvellement ou encore des vaches à vêlages tardifs en prolongeant le pâturage sur une parcelle saine et portante. Attention, il faut compter 20 % de besoins supplémentaires.

     

  • Garder les vaches plus longtemps aux cornadis ou leur donner accès à une parcelle attenante à la stabulation.

 

Substituts à la paille

Des substituts à la paille existent. Ils n’ont pas tous les mêmes propriétés (confort, absorption, stockage…) mais quel que soit le produit utilisé, l’important est qu’il soit sec et non contaminé pour éviter moisissures et bactéries.

 

 

Quels matériaux pour substituer la traditionnelle paille de céréales ?

 

La sciure : adaptée aux jeunes ou à l’engraissement

Avantages : bon absorbant et possibilité d’être utilisée en sous-couche (20 cm), combinée avec de la paille, ou encore disposée sur une sous-couche de plaquettes de bois.

Inconvénients : trouver des disponibilités, entretien de la litière avec ébousage régulier et utilisation plus appropriée pour les jeunes bovins (la sciure colle aux pis des vaches).

La sciure doit être stockée à l’abri, au sec. Compter environ 5 à 6 kg/vache/jour.

En fonction du besoin, on rajoute de la sciure au godet ou à la pailleuse.

Concernant l’utilisation des produits ligneux, on préférera des bois blancs (bouleau, noisetier…), plus absorbants s'ils sont bien secs.

 

Les plaquettes de bois : accessibles à tous

Avantages : bonne capacité d’absorption. Litière saine, elle ne s’échauffe pas. Bonne portance. Possibilité d’être utilisées en sous-couche de 10 cm maximum.

Inconvénient : nécessité de disposer d'un produit sec (moins de 30 % d'humidité).

Les plaquettes de bois constituent une bonne alternative ou un complément à la paille. Elles sont particulièrement intéressantes si vous disposez d'une ressource en bois locale. 

En revanche, leur efficacité dépend fortement de leur séchage, de leur gestion quotidienne et du type d’élevage (vaches allaitantes, laitières, engraissement, etc.).

Il est possible d’utiliser les plaquettes seules ou faire un mélange paille/plaquettes en utilisant les plaquettes comme sous-couche.

Modalités d’utilisation :

  • couche de 10 cm, à renouveler en rajoutant une nouvelle couche de 10 cm et curer l’ensemble dès que les animaux ne sont plus propres ;

     

  • sous-couche de 10 cm et pailler normalement par-dessus après avoir laissé les animaux quelques jours sur les plaquettes pures ;

     

  • 20-30 cm de plaquettes pour une longue période (3 semaines à 2 mois). À décompacter régulièrement avec un extirpateur car il y a formation d’une croûte à 7 cm de profondeur qui empêche les plaquettes d’en-dessous de bien absorber les jus.

     

Utilisation en aire raclée : épandre un petit volume de plaquette tous les deux jours et racler l’ensemble. Ce produit est fortement antidérapant.

Les deux premières formes d’utilisation sont les plus efficaces en termes de volume produit.

Dans tous les cas, c’est la propreté des animaux qui doit guider vos décisions, si les animaux sont en mauvais état de propreté, il faudra curer et pailler. 

Par contre, s’ils restent propres, même si le bois devient noir, il n’y a aucun risque pour les animaux.

 

La paille de colza : il faut y penser !

Avantages : confortable pour les animaux. À utiliser soit en sous-couche, soit alterné avec de la paille de céréales.

Inconvénients : peu absorbant. Lorsque la litière est accumulée, les animaux s’y enfoncent. Peu de disponibilité. Utilisation plus appropriée pour les jeunes bovins.

 

La paille de maïs : une solution de dépannage

Avantage : utilisation en sous-couche (10-15 cm).

Inconvénients : si la paille n’est pas broyée, le paillage notamment à la pailleuse sera à proscrire. Les bottes sont souvent pleines de terres et de pierres. Conservation difficile si pas complètement sec, risque de développement de moisissures.

La plante de maïs est très riche en eau. 

Pour avoir de la paille avec la meilleure qualité possible, il est nécessaire que les cannes de maïs après récolte soient broyées et laissées au sol pour sécher quelques jours si possible. Il faudra alors constituer des andains en évitant de racler le sol. 

Les bottes peuvent être stockées dehors.

Comme pour les plaquettes, étaler les bottes avant la rentrée des animaux permettra de finir de sécher.

 

La paille de miscanthus : rare mais efficace

Avantage : récoltée sèche, la paille est très absorbante.

Inconvénient : peu de disponibilité.

 

La dolomie : double intérêt

Sable calcaire (30 % CaO) magnésien (20 % MgO).

Avantages : amendement basique, absorbant et moins de risque que la litière chauffe.

Inconvénient : à privilégier pour les animaux à l’engraissement.

La dolomie peut être utilisée en sous-couche de 10 à 12 cm, écartée 3 semaines avant la rentrée des animaux.

 

La balle de riz : une solution adaptée

Avantages : animaux très propres, utilisation seule possible, pas besoin de pailleuse et demande peu de temps de mise en place.

Inconvénient : si la case n’est pas assez chargée, la litière est gaspillée car elle n’est pas toute remontée à la surface.

La balle de riz peut être utilisée seule. Si la case est chargée, on peut mettre une simple couche de 20 à 25 cm, les animaux vont la remuer et elle remontera à la surface. 

S’il y a peu d’animaux, une couche de 10 cm suffit.

 

 

Que choisir pour mon exploitation ?

Si l’exploitation est à proximité d’usines ou de scieries, il peut être intéressant de se procurer des produits dérivés du bois tels que la sciure qui est un bon absorbant. 

Attention toutefois au prix du transport si le point de vente est éloigné de l’exploitation. 

La solution qui semble la plus accessible reste les plaquettes de bois, à condition de se situer dans une zone ou la matière première est disponible. 

La FDCUMA 03 peut vous proposer des solutions en vous mettant en relation avec des personnes ayant de la plaquette, ou pour mettre en place un chantier de broyage

Attention, les demandes sont fortes et le planning de la déchiqueteuse risque d’être rapidement chargé, alors n’attendez pas.

Les conseillers de l’unité élevage sont à votre disposition pour toutes questions.

 

Réaliser des plaquettes avec son propre bois

Privilégier des bois blancs, vérifier que le chantier soit accessible et que le volume soit assez conséquent.

Grappin coupeur : 4 à 6 € / m3 selon chantier et déplacement.

Déchiquetage : 70 m3/h et 100 m3/h.

Tarif : CUMA de la Bourse : 400 €/h, soit 4 à 6 €/ m3.

Prix du m: 10 à 15 € hors matière première, transports, chargement…

Quelques informations :

1 MAP (mètre cube apparent de plaquettes) à 250 à 300 kg

Calibre des plaquettes : 30 à 50 mm

3 à 4 m3 de plaquettes = 1 t de paille

La FDCUMA 03 et la CUMA de la Bourse vous proposent des plaquettes et une prestation de broyage, tarifs sur demande.

 

Unité Élevage de la Chambre d’agriculture de l’Allier

 

 

Lire aussi : Que faire des maïs fortement dégradés par la sécheresse ?

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