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Élevage : Comment les outils numériques peuvent-ils aider au paturâge ?

Reliefs, parcelles éloignées, vêlages au pré, aléas météo… Pour répondre à ces contraintes, le programme Sm@rtÉlevage de l’Institut de l’élevage a testé plusieurs innovations numériques en condition d’élevage. Tour d’horizon.

En élevage, les drones peuvent servir à localiser des animaux égarés, détecter des vêlages et des comportements anormaux, estimer la pousse de l'herbe ou encore vérifier l’état des clôtures, des barrières ou des portes.
En élevage, les drones peuvent servir à localiser des animaux égarés, détecter des vêlages et des comportements anormaux, estimer la pousse de l'herbe ou encore vérifier l’état des clôtures, des barrières ou des portes.
© Réussir

Au pâturage, la maîtrise de diverses informations, telles que la position des animaux, l’état des clôtures ou encore le climat, conditionne l’efficacité technique du système. Ces enjeux ont fait l’objet d’expérimentations conduites par l’Institut de l’élevage (Idele) dans le cadre du programme Sm@rtÉlevage. Ce projet a évalué en conditions réelles plusieurs outils numériques destinés à simplifier la gestion des troupeaux.

Fixées sur un ou plusieurs animaux, les balises GPS permettent, par exemple, un suivi à distance et en temps réel du troupeau. Reliées à une application sur smartphone, tablette ou PC, elles offrent une cartographie des parcelles, un historique des déplacements et des alertes en cas de franchissement de limites.

L’éleveur définit ainsi ses parcelles, crée des zones de sécurité et choisit la fréquence de géolocalisation. Certains systèmes vont plus loin, avec des projets de clôtures virtuelles, grâce auxquels l’animal est averti par un signal sonore ou électrique lorsqu’il approche d’une limite.

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Un GPS pour localiser les animaux en temps réel

À la ferme des Gascous, dans l’Aude, Vincent Bibbeau a progressivement équipé son élevage caprin de balises GPS.

« En 2009, j’ai d’abord utilisé cet outil pour mon premier patou qui sautait la barrière et s’échappait quand il était jeune. J’ai ensuite continué à poser ce GPS sur mes patous et quelques chèvres », témoigne-t-il.

Selon l’éleveur, les options les plus utiles sont de pouvoir dessiner les contours de son exploitation. « Je demande au GPS qu’il soit en veille quand les animaux sont dans la limite fixée. Lorsqu’ils sortent de cette limite, la balise se met en mode actif et relève des points régulièrement. Quand mes animaux s’échappent, je peux ainsi savoir très précisément où ils sont et par quels endroits ils sont passés. Je peux être plus efficace sur la réparation de clôtures et cibler l’endroit à quelques dizaines de mètres près. » 

Gain de temps, sérénité et sécurité sont les atouts majeurs de cet équipement, notamment en zones accidentées. Quelques points de vigilance doivent toutefois être relevés. La précision du GPS est d’environ 10 m en milieu couvert. Son autonomie est, quant à elle, très dépendante de la fréquence des relevés et de la couverture réseau. Côté budget, les éleveurs doivent compter entre 150 et 900 € par balise, selon la marque choisie, et ajouter le coût de l’abonnement au logiciel et le rachat de batteries.

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Pourquoi investir dans une station météo connectée ?

Autre levier facilitant le bon déroulé du pâturage : la donnée climatique locale. Des éleveurs peuvent se doter d’une station météo connectée installée dans un environnement dégagé et à proximité des prairies.

Cet outil centralise la pluviométrie, les températures, l’hygrométrie, le vent, le rayonnement UV ou les risques de gel sur une application mobile. Certaines stations météo peuvent aussi être couplées à des capteurs d’ambiance en bâtiment. Sur la station expérimentale du Mourier, en Haute-Vienne, l’outil a été intégré au cœur d’un système ovin viande de 700 brebis. Margaux Goyenetche, ingénieure agronome spécialisée en production animale, témoigne : 

« Notre station météo connectée nous permet d’avoir en temps réel toutes les données climatiques du site. Les données météo sont directement reliées à l’application Davis® sur le téléphone portable et l’enregistrement automatique des données nous permet d’avoir, pour chaque jour, une connaissance très précise des conditions expérimentales ». Selon la professionnelle, l’avantage de la station est de pouvoir consulter des prévisions localisées. « Cela nous permet de prévoir les jours de pluie ou les jours de fortes chaleurs », affirme-t-elle.

Si les coûts varient de 300 à 2 000 € selon la marque choisie, l’Idele recommande d’être attentif à la qualité des capteurs et à la fiabilité du signal (Wifi, Sigfox, LoRa).

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Surveiller ses animaux sans se déplacer grâce au drone

Dernier outil testé : le drone de surveillance. Quadricoptère ou voilure fixe, caméra HD embarquée, pilotage via un téléphone portable… En quelques minutes, l’éleveur peut visualiser les vêlages, les animaux égarés, les clôtures ou encore les abreuvoirs, et évaluer l’hétérogénéité de ses parcelles. Au Gaec Beauvis, mené par Thomas Beauvis en Loire-Atlantique, le drone est devenu un appui au quotidien.

« Au lieu de faire plein de tours pour aller voir les vaches, le drone me permet d’économiser 2 tours sur 3, par jour », témoigne l’éleveur allaitant, qui utilise l’outil directement depuis son téléphone portable. « C’est très simple d’utilisation, les 30 premières minutes sont un peu compliquées mais ça vient très vite ! »

Confort, réactivité et sécurité sont au rendez-vous pour 200 à 1 600 € selon le modèle choisi, à condition de se former et de respecter une réglementation évolutive.

L’autonomie de 30 minutes à quelques heures, ainsi que la portée d’environ 1 km selon les modèles, restent toutefois des limites à intégrer avant de se lancer. Ces outils numériques redessinent la gestion du pâturage, sans toutefois remplacer l’œil humain et l’expérience de terrain.

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