Du mieux, mais les inquiétudes demeurent
Lundi 5 janvier, le syndicat des Jeunes agriculteurs de Lozère a tenu sa traditionnelle conférence de presse de début d'année sur l'exploitation de Thibault Cartoux, au Crouzet. L'occasion pour les élus de revenir sur une année 2025 forte en actualités, et aborder les défis 2026.
Lundi 5 janvier, le syndicat des Jeunes agriculteurs de Lozère a tenu sa traditionnelle conférence de presse de début d'année sur l'exploitation de Thibault Cartoux, au Crouzet. L'occasion pour les élus de revenir sur une année 2025 forte en actualités, et aborder les défis 2026.
« Nous sommes dans un contexte agricole particulier, marqué par plusieurs défis majeurs » a rappelé Hervé Boudon, président des Jeunes agriculteurs, en introduction de la conférence de presse.
Il a rappelé les aspects positifs de l'année écoulée, notamment « l'amélioration des prix agricoles après trente à quarante ans d'attente de prix rémunérateurs ». Et précisé que les prix de vente des broutards, agneaux, petits veaux et lait en 2025 sont nettement meilleurs qu'en 2022-2023, bien qu'encore fragiles face à la volatilité des marchés.
Au niveau des installations avec DJA, 63 ont été enregistrées en 2025, en hausse par rapport à l'année précédente. Après un record de 80 installations en 2022-2023 et une baisse à une cinquantaine en 2024, la Lozère remonte à 60 installations. Le département se classe parmi les cinq meilleurs de France. Une dynamique positive saluée par les élus du syndicat, qui se disent « fiers du travail accompli avec le PAI ».
Élodie Joubert, vice-présidente du syndicat, a détaillé les combats menés pour maintenir la DJA et les aides du dispositif unique régional. « La Région ne veut plus mettre d'argent dans l'agriculture », s'est agacé cette dernière. Elle a dénoncé la baisse continue du niveau de la DJA et les promesses non tenues sur le DU, malgré la présence active des JA aux réunions départementales et régionales.
Des changements pour 2026
Le président sortant a abordé trois défis majeurs pour l'avenir. Premièrement, la prédation avec 126 attaques déclarées pour plus de 400 animaux touchés, particulièrement sur le Méjean, le sud Lozère et les Cévennes. « Quatre loups ont été prélevés en Lozère, du jamais-vu, mais la pression reste forte », a-t-il souligné. Le déclassement du loup de « strictement protégé » à « espèce protégée » depuis le 1er janvier 2026 devait engendrer des changements de gestion de cette population, mais les nouvelles règles du plan loup national restent insuffisantes, selon les JA.
Deuxièmement, l'accord Mercosur, combattu depuis dix ans par les JA, risque d'être signé le 12 janvier selon les informations disponibles. Cet accord dénoncé par les syndicats agricoles depuis les premières négociations, représente « une concurrence déloyale pour la viande bovine française et pourrait faire chuter les prix rémunérateurs récemment obtenus », a souligné Hervé Boudon. Entraînant des conséquences à long terme sur l'installation de jeunes agriculteurs, le renouvellement des générations et la viabilité future des exploitations.
Troisièmement, la DNC, préoccupation majeure des agriculteurs en ce début d'année 2026. Les JA souhaitent « donner une chance à la zone vaccinale de réussir avant d'envisager d'étendre la vaccination en Lozère ». Une zone vaccinale qui s'étend sur neuf départements autour des Pyrénées, pour le moment.
« C'est une maladie grave, et l'abattage est terrible », a souligné le président des JA qui défend la position du syndicat de croire en l'éradication possible de cette maladie. À condition que « les agriculteurs soient responsables collectivement ».