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Fourrages
Du champ au silo, les clés pour réussir son ensilage

Cantal conseil élevage et Schaumann ont organisé deux journées techniques sur l’ensilage pour sensibiliser les éleveurs cantaliens à la qualité et à la rentabilité du fourrage.

personnes de dos devant un ensilage d'herbe
Différents appareils connectés permettent de mesurer la qualité de l’ensilage. 
© R. Saint-André

Deux jours dans le Cantal pour l'Ensilage de A à Z

L’ensilage de A à Z, ce sont deux journées techniques qui ont été proposées par Cantal Conseil Élevage les 16 et 17 octobre dans le Cantal. D’abord chez Marina Gerodon à Virargues, où une cinquantaine d’éleveurs de l’Est du département se sont retrouvés, puis chez Hervé Combret, à Saint-Antoine, en Châtaigneraie, qui a réuni une vingtaine d’agriculteurs. L’entreprise Schaumann, spécialiste de la nutrition animale, y a présenté ses solutions pour réduire les pertes, améliorer la conservation et valoriser la qualité du fourrage ensilé.

Des pertes quantitatives et qualitatives évitables

“S’investir davantage dans la qualité de l’ensilage, parfois même en payant un peu plus cher, permet souvent de gagner beaucoup à la sortie”, a souligné Aline Myrthe. Car les pertes d’ensilage se traduisent par des pertes économiques pour les élevages cantaliens. Selon les travaux de l’Américain Bolsen, elles varient de 5 à 40 %, avec une moyenne française estimée entre 15 et 20 %. Ainsi, pour une ferme de 100 vaches laitières et 85 génisses, consommant environ 3 000 tonnes d’ensilage (soit 80000€ de valeur marchande), cela équivaut à une perte annuelle comprise entre 4000 et 12000€… qui se joue sur seulement deux ou trois jours de l’année !

Dans la nature, le rôle de l’infiniment petit est infiniment grand. » — Louis Pasteur

échantillon d'ensilage dans une main

Une part incompressible résulte des fermentations, mais d’autres pertes — moisissures, reprises d’air, dégradation aérobie, etc. — sont évitables avec une meilleure maîtrise du chantier d’ensilage. La spécialiste rappelle qu’un ensilage réussi se prépare avant le silo. En fauche, il est primordial de ne pas ramasser de terre, avec une hauteur de coupe de 7 à 8 cm (jusqu’à 12 cm pour la luzerne) et de créer des andains larges pour un séchage homogène. En outre, plus le taux de matière sèche est élevé, plus le hachage doit être fin. Puis tasser rapidement et par couches fines dans un silo de préférence long et étroit. Enfin, le refermer au plus vite.

Fermentation rapide et bâchage immédiat : les secrets d’un bon ensilage

Le tassage, déterminé par la finesse des couches, le nombre de passages, l’épaisseur et la pression des pneus, reste décisif. “Les tasseurs sont ceux qui rythment le tempo de l’ensilage”, a résumé la technicienne. Un supplément de qualité qui peut coûter jusqu’à 1 000 € de plus en temps passé par l’entreprise, mais qui se justifie pleinement face à la valeur de la récolte.

Un bon tassement déclenche la fermentation en deux à trois heures, sans quoi le processus peut être retardé de trois à quatre jours, au bénéfice de flores indésirables. Le bâchage doit être réalisé le jour même, en couvrant les parois mais sans tendre le film. “Par contraction d’absence d’air, il finira par épouser la forme pour créer un effet sous vide”, image Aline Myrthe. Des filets de protection complètent le dispositif pour garantir la durabilité du silo d’ensilage.

Lire aussi : Cantal conseil élevage, quand le  bien-être animal se traduit en résultats technico-économiques

Au final, un ensilage de qualité ne se résume pas à un additif ou à un matériel performant, mais à une somme d’attentions constantes. C’est ce message qu’ont voulu faire passer les intervenants de Schaumann : rigueur, précision et anticipation. Autant de clés pour la rentabilité et la performance des élevages du Cantal... ou d'ailleurs.

SCHAUMANN : Fondée comme minéralier en Allemagne il y a 80 ans, la société Schaumann emploie aujourd’hui 1 700 salariés, compte 36 filiales dans le monde et génère 750 M€de chiffre d’affaires. Elle s’appuie sur une ferme pilote intégrée au contrôle laitier allemand et sur un réseau d’exploitations partenaires en France. Forte de 25 ans de recherche et développement et de 22000 “minis silos” tests, l’entreprise a bâti sa réputation sur l’approche scientifique du fourrage, traduite en gains économiques mesurables. Elle a mis au point et commercialise des additifs pour ensilage, stabilisateurs de rations, produits anti-réchauffement... 

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