Filière ovine : Copagno dresse le bilan d’une année 2025 marquée par la FCO et les tensions commerciales
À Saint-Beauzire (43), Copagno a dressé un bilan 2025 contrasté, entre baisse de production et hausse des prix. Face à la FCO, les éleveurs adhérents ont relevé le défi de recapitaliser rapidement les cheptels pour maintenir autant que possible les volumes.
À Saint-Beauzire (43), Copagno a dressé un bilan 2025 contrasté, entre baisse de production et hausse des prix. Face à la FCO, les éleveurs adhérents ont relevé le défi de recapitaliser rapidement les cheptels pour maintenir autant que possible les volumes.
L’assemblée générale de Copagno qui s'est tenue le 28 mai dernier en Haute-Loire, a dressé un bilan 2025 marqué par la mobilisation des éleveurs face à l’épizootie de fièvre catarrhale ovine (FCO). Malgré des pertes significatives et des défis commerciaux persistants, la coopérative a su maintenir son activité, portée par une hausse des prix et la réactivité de ses adhérents.
Une année 2025 sous le signe de la FCO et de ses conséquences
La fièvre catarrhale ovine a lourdement frappé les élevages du Massif Central en 2024, laissant des traces profondes non sans conséquence sur 2025. Les éleveurs, confrontés à une surmortalité et à des retards de croissance, ont dû recapitaliser leurs cheptels dans l’urgence.
Bien que la vaccination soit disponible, la surmortalité et les retards de croissance observés il y a plus d’un an ont décalé les cycles de production, limitant la disponibilité des agneaux, notamment lors des périodes clés comme Pâques » souligne Thierry Orcière, président de Copagno.
Au niveau national, la production d’agneaux a reculé de 5 à 7 % sur les trois premiers trimestres de 2025. À l'échelle de Copagno, cette baisse de production a engendré une perte de commercialisation de 4 600 agneaux, par rapport à 2024.
Malgré ce contexte difficile, la coopérative est parvenue à atteindre un volume de commercialisation de 67 642 animaux, principalement des Agneaux rustiques Pays d’Oc (28 147 têtes), Label Rouge Tendre Agneau (5 194 têtes), des agneaux rustiques (8 537 têtes) et Agneau de l’Adret (2 748 têtes).
Son chiffre d’affaires sur cette année 2025 a même dépassé les 10,6 millions d’euros, soutenu par une progression notable des prix de vente (+12 €/tête pour les agneaux Label Rouge Pays d’Oc et Label Rouge Agneau de l’Adret).
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Moins de grillades d'agneau sur les barbecues français ?
Cette performance contraste avec le second semestre 2025. Les prix ont chuté face à la baisse de 14 % de la demande en volume, imputable à la hausse des prix quelques mois avant et à un surplus d’agneaux lié au décalage de production post-FCO. « Nous avons eu un engorgement du marché à l'été 2025 » précise Thierry Orcière.
La saison des grillades n'est plus aussi porteuse d'affaires qu'autrefois. L'augmentation des coûts de l'alimentation de façon générale et des coûts de l'énergie pour les ménages conduisent ces derniers à des arbitrages dont l'agneau ne fait clairement pas parti.
Les gens continuent de partir en vacances mais réduisent leur consommation notamment de viande d'agneau dont le prix est élevé en rayon » explique le président.
La coopérative est parvenue malgré tout durant cette période à maintenir le rythme des collectes et éviter ainsi l'accumulation à la fois de la baisse des cours et le report des animaux. Les agneaux sous Label Rouge Pays d'Oc ont moins subi cette crise que d'autres grâce à la priorisation de leur abattage.
Nous pouvons constater la résilience de cette filière et la force du partenariat avec Bigard-Castres qui ont permis de limiter cette crise pour nos éleveurs. »
2026 : un rebond timide, mais des incertitudes persistantes
Le début d’année 2026 apporte un souffle d’optimisme prudent. Les cours, bien qu’en baisse modérée, restent plus stables que prévu, et le prix des brebis a même augmenté. « Cet épisode de FCO est derrière nous », affirme Thierry Orcière. Christophe Guillerand, directeur de Copagno note que la baisse des cours sur les agneaux Label Rouge a permis de retrouver « un dynamisme commercial », avec des volumes commercialisés en hausse sur les deux premiers mois de l’année.
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L’horizon n’est cependant pas totalement dégagé. L’instabilité du marché européen, exacerbée par le contexte géopolitique mondial et l’émergence de la clavelée en Grèce (qui limite les échanges commerciaux et rebat les cartes), pourrait encore peser sur les cours.
Dans ce paysage incertain, Copagno, adossée au groupe Feder (873 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 pour 217 000 bovins et 138 000 ovins commercialisés en 2025), continue de faire preuve de résilience.