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Tourisme
Bellevue du Cantal : les saveurs d’Europe à Saint-Cernin

Un ancien établissement abandonné s’est transformé en “Bellevue du Cantal”, un ambitieux projet touristique et gourmand. Une reconversion familiale réussie pour Gijs et Linda de Graaf.  

Dans un restaurant, famille autour d'une assiette de foie gras
La production de foie gras est interdite aux Pays-bas, alors Linda se fait une joie d’en cuisiner ici, servi par son époux Gijs, secondé par leur fille Emma.
© R. Saint-André

Bellevue du Cantal, un projet de vie à Saint-Cernin

Octobre 2021, Gijs et Linda de Graaf tombent sous le charme d’un ancien établissement fermé depuis longtemps, “les Tilleuls” à Saint-Cernin, avec vue imprenable sur les montagnes. Le coup de foudre est immédiat ; il deviendra Bellevue du Cantal, le bien nommé. Aux Pays-Bas, où la pression immobilière est extrême, leur maison est vendue en trois ou quatre jours. Tout est réinvesti dans ce projet cantalien… et même un peu plus. Car les mauvaises surprises s’enchaînent : normes à reprendre intégralement, fuites, poutres à changer, terrassement extérieur. Au total, 450000€ sont investis, avec près de 200 allers-retours à la déchetterie.

Et encore, nous avons fait de la récup, rénové et détourné des meubles”, sourit Gijs, évoquant aussi “quelques gros mots lâchés dans toutes les langues”, au fil des travaux dans ces 600 m². Les photos avant/après parlent d’elles-mêmes.

Des travaux titanesques

Un père et sa fille devant le restaurant Bellevue du Cantal

Des subventions sont obtenues auprès du Département et de la Région, au prix d’un solide montage de dossiers.

Beaucoup de paperasse : on a le même mot en néerlandais”, plaisante Gijs, reconnaissant le soutien de la municipalité de Saint-Cernin pour le montage des dossiers et la rallonge accordée par le Crédit agricole face aux imprévus.

Mais dès 2022, trois gîtes ouvrent (pour deux fois six personnes et une fois quatre) : “Puy Mary”, “Puy Griou” et “Puy Chavaroche”, chacun avec jardinet privatif et accès à la piscine. Dès le début, le taux de réservation s’avère très satisfaisant. Le restaurant, lui, ouvre le 1er juin 2024 : 60 couverts en salle – dans un décor entre industriel et vintage, autour d’un efficace poêle à granulés – et bien davantage grâce aux trois terrasses. La clientèle locale répond présente, de Saint-Illide à Jussac, sans oublier les réservations liées aux cérémonies du crématorium qui déplacent des clients parfois de loin.

Cuisine réconfortante

En cuisine, Linda propose une cuisine “réconfortante”, incarnée par le stamppot, spécialité néerlandaise à base de purée, légumes et saucisse au jus. Mais la carte voyage : inspirations italiennes, espagnoles ou françaises avec les pommes salardaises du Sud-ouest et un foie gras maison à l’armagnac. Côté desserts : crème brûlée, gâteau aux spéculoos, crumbles, ou gaufres hollandaises. Avec un principe non négociable : des produits frais, du fait maison et un approvisionnement local.

Un restaurant ancré dans la vie locale du Cantal

Ouvert tous les midis avec un menu à l’ardoise très compétitif à 17 € (entrée, plat, fromages, dessert, café), le restaurant accueille aussi les groupes le soir. Le week-end, viande, poisson ou option végétarienne pour un menu à 30€ plus élaboré. Rassurés par la dynamique locale – Salon du polar, Pastourelle, Tour de France, soirées Boogie Woogie – les de Graaf ont même aménagé un parking sécurisé pour accueillir davantage de clients.

Après des réservations de Noël très satisfaisantes, ils ne manqueront pas d’anecdotes à partager avec les leurs, restés aux Pays-Bas, lors d’une semaine de repos bien méritée.
 

Pour en savoir plus :  Bellevue du Cantal, à Saint-Cernin, 11 rue de la Contie (route de Saint-Illide), appeler le 06 98 52 77 52, consulter le site internet bellevueducantal.com, adresser un mail à info@bellevueducantal.com ou suivre l’établissement sur leurs pages Facebook et Instagram. Porté par une note Google de 4,9/5  et un travail de produits frais, il est prudent de réserver...   

 

Un engouement pour la restauration, intergénérationnel

Au Bellevue du Cantal, la restauration, c’est l’affaire de toute la tribu. Gijs et Linda ? Aux commandes. Mais Emma, 16 ans (aux côtés de son père sur la photo), Niek, 18 ans, et Sam, 13 ans, ne sont pas de simples figurants. Ils prêtent main-forte et, pour deux d’entre eux, ont même fait de la gastronomie leur voie professionnelle. 
Sur les trois enfants de Graaf, deux sont scolarisés au lycée hôtelier Raymond-Cortat d’Aurillac. Un choix qui réjouit leurs parents, fiers de voir cette passion transmise. “C’est une vraie affaire familiale !”, s’exclament-ils. Déjà sensible aux enjeux de gaspillage alimentaire, Emma explique que travailler sur réservation permet de “mieux calibrer afin de limiter le gaspillage”, surtout quand on se sert de produits frais. Une conscience professionnelle précoce qui en dit long sur son implication. 
De la cuisine à la salle, du service des gîtes à l’accueil des clients, chacun trouve sa place. Et quand la petite famille fermera l’établissement une semaine après Noël pour célébrer avec les leurs le Nouvel An aux Pays-Bas, ce sera aussi pour recharger les batteries... avant de repartir de plus belle dans cette belle aventure cantalienne, où trois générations - du grand-père installé en Corrèze voisine, celle de Gijs et Linda, et celle des enfants - se retrouvent liées  à l’amour de la France et de sa gastronomie.

La France ? Quasiment un eldorado vu des Pays-Bas. Le père de Gijs est installé en Corrèze depuis 1997. “On a toujours été attirés par  la France et l’envie de  s’y installer à notre tour”, glisse Gijs en évoquant  la langue française, qu’il parle couramment, le vin, les fromages, les paysages, le soleil, “la vie !”, s’exclame-t-il. Le Cantal précisément ? Ils en connaissaient surtout Le Lioran ou Salers... guère plus. Le déclic pour cet ancien douanier-policier, c’est le Covid. Changer de vie devient vital. Pour l’envie de travailler en famille, pour l’éducation des enfants, pour se mettre au vert : les de Graaf passent ainsi d’une ville de 160000 habitants à l’insécurité grandissante à un département rural de 145000 habitants en tout ! Et comme Linda travaillait déjà en cuisine... alors banco pour la reprise du restaurant de Saint-Cernin, trouvé suite à une annonce sur Internet !

 

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