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Multi-médias
Artopia : entre utopie et ambition, un pôle aurillacois d’excellence artistique

Aurillac a ses parapluies, son festival, ses pépites du microbiote et désormais aussi un lieu insolite dédié à l’expression des artistes du street-art mais pas que. 

Vincent Pietri, cofondateur d’Artopia, et le peintre Tris, dans la nacelle de la montgolfière 3 D installée dans le hall d’Artopia.

Artopia : un nouveau lieu dédié à la création artistique ouvre ses portes à Aurillac

Entrer dans Artopia, c'est un peu comme plonger dans l'univers d'Alice au pays des merveilles. Les premiers enfants qui ont eu la chance de pousser la porte de ce lieu atypique et magique ont sans doute eu cette sensation d'un monde irréel en découvrant l'œuvre féérique de Tris (alias Tristan Ménard) : une montgolfière sortant d'un mur au milieu des nuages peints et en 3D.

Une œuvre éphémère(1) de cette figure tricolore du street-art : installé à Londres, Tris peint sur les façades du monde entier et a accepté avec enthousiasme l'invitation de Vincent Pietri pour cette résidence au sein de ce nouveau lieu dédié à la création et à la palette artistique dans toute sa diversité.

Je veux qu'Artopia et Aurillac deviennent demain un pôle d'excellence et d'accueil artistique et un accélérateur de création territoriale" - Vincent Pietri

Après plusieurs résidences ces derniers mois - dont celle du duo Sweo et Nikita donnant naissance à une spectaculaire araignée géante et son œuf Fabergé - Artopia a officiellement ouvert ses portes au grand public le 5 décembre, comme un cadeau offert aux Aurillacois et Cantaliens mais aussi aux artistes.

Un laboratoire créatif multi-médias au cœur du Cantal

Imaginé et géré par l'association 10e art à qui l'on doit le festival de street-art du même nom mais aussi la création et l'essor de l'Épicentre, ce lieu vise "à apporter une vision éclectique de ce qui constitue le monde des cultures urbaines, un mouvement composé lui-même de sous-mouvements", explique Vincent Pietri, président de l'association.

Peinture, image, photo, vidéo, son, danse... Artopia conjugue les arts au pluriel avec l'ambition que chacun s'enrichisse de l'univers et du savoir de l'autre. En ce sens, cet espace de plus de 300 m² - répartis sur plusieurs étages de ce qui fut une ancienne cordonnerie -, a une réelle vocation de laboratoire créatif en plein cœur du centre-ville aurillacois.

Une vraie gageure pour des artistes davantage habitués aux zones industrielles périphériques. Et une ambition qui a guidé Vincent Pietri et son équipe depuis des années : montrer que la création peut naître "loin des capitales et que l'art n'appartient pas qu'aux métropoles".

Des espaces modulables pour libérer la créativité

Ici, tout est fait pour faciliter l'expression créative en libérant l'artiste des contraintes matérielles du quotidien et en lui offrant des outils modernes. À commencer par le showroom de 70 m² en rez-de-chaussée, qui peut servir de hall d'exposition à des œuvres monumentales avec une scénographie sur-mesure.

Des œuvres éphémères que viendront recouvrir celles d'artistes accueillis ultérieurement en résidence, favorisant ainsi une forme d'émulation. Ce hall, modulable, équipé d'un bar et d'une cuisine professionnelle, peut aussi être privatisé, tout comme la salle "galerie" attenante qui peut tout autant accueillir des expositions, des réunions ou des ateliers (peinture, photo...) dédiés aux scolaires, aux seniors... ou encore être convertie en lieu d'entraînement pour des danseurs.

Aux petits soins des artistes

Chaque étage gravi permet de mesurer l'ambition du projet Artopia et d'en approcher chaque brique constitutive. Au premier niveau, un espace de coworking est accessible, de même que des bureaux (loués à l'année), à des professionnels déjà installés ou à de jeunes artistes locaux en devenir : comme ceux sortis du lycée de la communication Saint-Géraud dont Artopia accompagne l'envol en leur faisant bénéficier d'un réseau de compétences ainsi que de machines de découpe multi-matériaux.

"On fait de la dentelle, du sur-mesure car je veux qu'Artopia et Aurillac deviennent demain un pôle d'excellence"

Plus inattendu, un studio de tatouage : "Pas mal de nos artistes multi-médias sont graffeurs mais aussi potentiellement tatoueurs. Aujourd'hui, les studios fixes de tatouage sont en train de fermer, ce studio leur permet d'avoir un lieu d'exercice ponctuel", explique Vincent Pietri.

Au deuxième étage, c'est un véritable studio d'enregistrement son qui a été installé, isolé phoniquement et doté d'enceintes de monitoring et du matériel professionnel dédié. Création de bandes-son pour une vidéo, de podcasts... tout est possible ici.

Un pôle d'excellence artistique dans le Cantal

Changement de décor plus loin avec ce local consacré à l'élaboration des peintures selon les consignes et la gamme personnelle des artistes accueillis qui s'épargnent ainsi leur transport. C'est aussi à cet étage que se situe l'appartement des artistes en résidence qui profitent des bienfaits... d'un sauna ou encore de séances d'ostéopathie.

"On fait de la dentelle, du sur-mesure car je veux qu'Artopia et Aurillac deviennent demain un pôle d'excellence et d'accueil artistique et un accélérateur de création territoriale", affiche Vincent Pietri.

(1) Exposition de Noël immersive (possibilité de se faire photographier dans la nacelle de la montgolfière) visible jusqu'au 4 janvier.

 

Lieu de création et d’émulation artistiques, Artopia se veut un espace de partage entre artistes et grand public. Il est ouvert du mercredi au dimanche de 11 heures à 19 heures,  au 6 rue du Frère Amance à Aurillac. “Artopia est un territoire à inventer, un lieu où la création circule, se partage, se transmet et où le spectateur est invité à être moteur, complice et passeur.” D’où le principe, en franchissant sa porte, d’une adhésion : 3,50 € à la journée, 25 € à l’année.


Le Cantal, terre d'accueil des cultures urbaines

Même rural, le Cantal est tout sauf hermétique aux cultures urbaines, un intérêt, une curiosité qu'a su susciter l'association Session Libre, tournée vers la pratique sportive avec ses Sessions volcaniques et un site, l'Épicentre à Aurillac.

De la moquerie à la reconnaissance olympique

"Il y a 20 ans quand on parlait de skateboard dans le Cantal, on se moquait peut-être un peu de nous, quand on voit que ces disciplines (BMX, skateboard) sont programmées aux Jeux olympiques, on se rend compte que notre vision n'était pas si à côté de la plaque", avance Vincent Pietri.

"Il y a 20 ans quand on parlait de skateboard dans le Cantal, on se moquait peut-être un peu de nous"

L'Épicentre : un tremplin pour les jeunes talents

"Quand on voit que les écoles d'apprentissage - skate, BMX - sont remplies à l'Épicentre ça montre qu'il y avait une réponse à apporter à ces pratiques ; et quand on voit des gamins de 17-18 ans qui ont un niveau digne des meilleurs nationaux, ça montre aussi que cet accompagnement amène à une pratique de qualité, sécurisée, professionnalisante peut-être", poursuit Vincent Pietri.

Artopia : la suite logique d'une vision

"Aujourd'hui, j'espère faire d'Artopia un lieu aussi emblématique et pointu que ce qu'on a fait avec l'Épicentre", conclut le président de l'association 10e art.

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