Aller au contenu principal

Armand Sanséau, nouveau directeur régional de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt Auvergne-Rhône-Alpes : « Le sanitaire est prioritaire »

Nommé à la tête de la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt Auvergne-Rhône-Alpes (Draaf Aura) depuis un peu plus d’un mois, Armand Sanséau prend ses fonctions dans un contexte agricole sous tension.

Armand Sanséau, nouveau directeur régional de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf).
Armand Sanséau, nouveau directeur régional de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf).
© bertrand badin

Armand Sanséau, nouveau directeur régional de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt d’Auvergne-Rhône-Alpes (Draaf Aura) est passé par la Corrèze, l'Allier...

« Ça fait un peu plus d’un mois que je suis arrivé. La première des choses que j’ai à faire, c’est de bien comprendre le territoire et son agriculture », explique Armand Sanséau, nouveau directeur régional de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt d’Auvergne-Rhône-Alpes (Draaf Aura). Une priorité dans une région qu’il connaît en partie, mais dont il souligne la diversité.

« Nous avons par exemple deux massifs, les Alpes et le Massif central, qui ne reposent pas du tout sur le même fonctionnement économique », observe-t-il, indiquant que depuis son arrivée, il s’emploie à rencontrer l’ensemble des acteurs de ce territoire vaste et divers.

Le parcours d’Armand Sanséau éclaire sa lecture des enjeux actuels. Depuis ses débuts en Corrèze où il a exercé entre 2001 et 2004 en tant qu’adjoint au directeur et chef du service économie agricole de la direction départementale de l’agriculture et de la forêt au moment de la crise de l’ESB, jusqu’à la gestion de l’influenza aviaire en Pays de la Loire (Draaf de 2021 à 2023), en passant par la fièvre catarrhale ovine dans l’Allier (directeur départemental des territoires – DDT de 2010 à 2014), il a été confronté à de nombreuses crises sanitaires.

La sanitaire, un sujet prioritaire pour Armand Sanséau

« Depuis toutes ces années où j’évolue au cœur des réalités agricoles, j’ai vu la fréquence des sécheresses se rapprocher et la question de la gestion de l’eau, notamment en été, devenir de plus en plus prégnante ». Des événements qui ont, selon le nouveau Draaf des conséquences lourdes, « aux niveaux économique, humain et territorial ».

Lire aussi DNC : Des témoignages poignants encore très empreints d'émotion

Risques climatiques et sanitaires : Prévenir plutôt que guérir

Fort de ces expériences, Armand Sanséau a pris ses fonctions il y a un mois, armé pour le premier défi qu’il doit relever. « Le sanitaire est le sujet prioritaire », reconnaît-il, évoquant notamment la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), l’influenza aviaire, la Drosophila suzukii… Dans un contexte de multiplication des menaces, il reconnaît une inquiétude partagée : « On est tous vigilants et attentifs. »

Pour lui, ces évolutions sont largement liées au climat : « Ce n’est pas à 100 % lié, mais à 95 % », analyse-t-il. Face à ces risques, Armand Sanséau défend une approche structurée portée avant toute chose par la prévention. L’enjeu est d’abord d’informer et d’anticiper : « L’anticipation est primordiale. Il faut que les agriculteurs et tous les acteurs soient bien informés. » Vient ensuite la détection précoce, « le plus tôt possible », afin « d’éviter que ça se disperse très rapidement ». Une stratégie qu’il résume en un triptyque : « prévention, suivi et accompagnement ».

Huit bachelors agro en Auvergne-Rhône-Alpes

Au-delà de l’urgence sanitaire, le renouvellement des générations en agriculture constitue un autre axe fort de développement pour le Draaf. Ces dernières années, c’est avéré, l’enseignement agricole attire davantage de jeunes, malgré un contexte démographique défavorable.

« Le nombre d’apprenants augmente chaque année. Il est certain que l’enseignement agricole propose, notamment grâce à leurs fermes, des environnements passionnants pour les jeunes pour construire leurs réflexions et où ils peuvent réellement s’épanouir », souligne-t-il.

Il met en avant un modèle pédagogique fondé sur la responsabilisation avec des jeunes présentant « une maturité impressionnante. Ces jeunes ont pour la majorité un véritable projet professionnel en tête. Les élèves sont réellement acteurs de leur avenir et pour moi c’est l’une des grandes qualités de l’enseignement agricole ». Enfin, dans un secteur en mutation et complexe où il faut à la fois maîtriser l’agronomie et la gestion d’une entreprise, Armand Sanséau tient à saluer l’ouverture des bachelor agro à la rentrée 2026, dont huit seront proposés en Aura. « Le métier d’agriculteur a beaucoup évolué. Il demande un niveau de qualification élevé. »

Lire aussi Jérémie Bosch, nouveau président de Vetagro Sup : "L'enseignement agricole ne doit pas être déconnecté des filières agricoles et agroalimentaires"

Accompagner le défi de la souveraineté alimentaire

Enfin, le nouveau Draaf inscrit son action dans une réflexion plus large sur la souveraineté alimentaire. À ses yeux, la production ne peut être dissociée des débouchés. « Produire, c’est bien, mais l’objectif, c’est de vendre », rappelle-t-il. Une approche qui suppose de « répondre aux besoins du consommateur ». L’objectif est clair : « Faire en sorte que globalement la production soit réalisée en France ». C’est en ce sens que le Draaf compte mener, en lien avec la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la chambre régionale d’agriculture d'Auvergne-Rhône-Alpes, la déclinaison régionale de la conférence sur la souveraineté alimentaire lancée en décembre dernier par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard.

Lire aussi AOP laitières d'Auvergne : L'interprofession appelle la Draaf à poursuivre ses enquêtes

 

 

Les plus lus

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière