Annie Genevard à Montluçon : Opération communication autour de la simplification agricole
En marge de la visite d'Emmanuel Macron sur le site de la mine de lithium d’Echassières dans l'Allier, et du Conseil des ministres décentralisé à Montluçon qui s'est tenu ce mercredi, la ministre de l'Agriculture a animé une table ronde sur la simplification.
En marge de la visite d'Emmanuel Macron sur le site de la mine de lithium d’Echassières dans l'Allier, et du Conseil des ministres décentralisé à Montluçon qui s'est tenu ce mercredi, la ministre de l'Agriculture a animé une table ronde sur la simplification.
La ministre de l'Agriculture était présente à Montluçon dans le cadre du déplacement du président de la République, Emmanuel Macron
Devant un parterre de responsables agricoles de l'Allier, mais aussi des départements limitrophes, notamment de la région Centre Val de Loire, Annie Genevard a assuré le service après-vente de la loi d'urgence agricole, qui entrera dans les prochains jours en débat à l'Assemblée nationale, et dont l'ambition est justement de redonner de l'air aux agriculteurs, en matière administrative notamment.
Loi d'urgence agricole : c'est au Parlement de transformer l'essai
Si pour elle, le Gouvernement a fait le job "dans un pas de temps assez inédit", la balle est désormais dans le camps des députés. Durant une heure, la séquence avec la ministre, qui s'est éclipsée ensuite pour participer au conseil des ministres, s'est voulu maîtrisée avec des intervenants fléchés en amont : quatre témoins, quatre agriculteurs installés en production porcine, avicole, ovine et grandes cultures, tous à la fois témoins et victimes de l'usine à gaz administrative française, mais aussi de la violence des voisins doublée souvent de celle d'associations environnementales.
Tous sont installés en région Centre Val de Loire, aucun dans l'Allier. Curieux tout de même de ne pas avoir pris soin de faire témoigner un local de l'étape lors de ce déplacement en terres bourbonnaises placé sous le haut patronage de l'Elysée...Le Bourbonnais, cœur battant de l'Allier, partie intégrante de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce n'est qu'au départ de la ministre que les responsables professionnels du département ont pu avoir voix aux chapitre, exposant les enjeux auprès de la conseillère de la ministre et du Draaf Auvergne-Rhône-Alpes, Armand Sanséau.
Philippe Van den Broek, éleveur dans l'Indre : huit ans de procédure pour agrandir son élevage de porcs
Philippe Van den Broek, éleveur de porcs installé à Feusines, au sud de l'Indre, a témoigné de son long parcours du combattant : huit ans de procédure pour agrandir son élevage de porcs pour passer de 300 à 600 truies : " J'ai 55 ans, c'est un investissement de 5 millions d'euros. On s'engage pour 18 ans, ce sont des projets de vie. Les personnes qui viennent porter des recours sur vos projets, ils attaquent vos convictions, vos familles, la situation que j'ai vécu, on ne peut pas l'exiger d'un jeune, moi j'ai 25 ans de métier" . Et d'alerter sur les conséquences de l'adoption en l'état de la directive européenne IED (émissions industrielles et d'élevage) : " Si la France et l'Union européenne ne bougent pas, cette directive IED aboutira à 40% de fermeture des élevages d'ici 2030. Le Parlement européen peut intervenir et les Etats membres aussi ".
Une fois encore c'est altérer la souveraineté alimentaire de la France, "pendant ce temps les chinois bâtissent des bâtiments d'élevage abritant 24 000 porcs".
Annie Genevard, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire : " Le recours possible contre une démarche abusive cela donne aux agriculteurs des cordes à leur arc face à tous ceux qui leur cherchent des noises"
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Mélanie Soulas-Barrault, éleveuse de volailles bio dans l'Indre : "Les gens veulent manger du poulet et des œufs mais ne veulent pas de poulaillers"
Présidente des Jeunes agriculteurs de l'Indre, Mélanie Soulas-Barrault a interrogé la ministre : " Je suis épiée par mon voisin président d'une association environnementale. Pour eux, je ne fais pas du bio, j'ai des gros bâtiments, pour eux un gros bâtiments c'est une usine. On va avoir besoin de 234 œufs par habitant, on importe la moitié de nos poulets. On a besoin de 250 bâtiments en France pour assurer ses besoins, sachant qu'on a minimum deux ans de papiers. Comment fait-on concrètement ?".
Un élevage n'est pas une industrie lourde
Au sujet du relèvement des seuils ICPE, la ministre de l'Agriculture a indiqué : "Un élevage n'est pas une usine de l'industrie lourde. Nos élevages doivent pouvoir bénéficier d'un régime plus simple que l'ICPE, pour relever les seuils d'autorisation. 25% des projets dans les tuyaux pourraient bénéficier de cet allégement, 40% des élevages existants qui souhaitent se moderniser ou s'agrandir pourraient aussi en être bénéficiaires".
Annie Genevard, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire : "Le mur devant nous c'est le renouvellement des générations en agriculture. A force de dire que tout va mal, comment voulez-vous encourager les jeunes à choisir l'agriculture, transmettons de l'espoir à nos jeunes".
Le contrôle annuel unique des agriculteurs est entrée en vigueur depuis le 21 avril 2026
Annie Genevard a déroulé son bilan : cinq lois agricoles passés en cinq ans, le contrôle annuel unique des agriculteurs qui vient d'entrer en vigueur, l'ambition du Gouvernement de gagner le combat de la souveraineté alimentaire, y compris en s'attelant au sujet stratégique de l'eau...
Selon Geoffrey Rivaux, président de la FNSEA de l'Allier, il s'agit de passer de la parole aux actes, citant le rendez-vous manqué du projet de barrage du Chambonchard sur le Cher : "L'an dernier nous avons trois crues, le barrage aurait pu être rempli en une semaine ".
90 projets de stockage hydrauliques pourraient être débloqués
Pour développer le stockage de l’eau, la loi d'urgence agricole propose d’accélérer l’autorisation de projets hydrauliques agricoles dès lors qu’ils sont prévus dans un projet de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE) et de permettre au préfet de reprendre la main sur un Organisme unique de gestion collective (OUGC) défaillant. Il autorise aussi le préfet de demander au ministre de déroger au SAGE (Schémas d’aménagement et de gestion de eaux) pour des projets de stockage concertés localement.
" Les préfets sont la clé du bon déploiement des projets sur les territoires", a indiqué Annie Genevard.
Ces deux mesures, auxquelles s’ajoute l’introduction d’un principe de proportion dans les mesures de compensation dans les zones humides, devraient permettre de débloquer « 90 projets de stockage hydrauliques » selon Annie Genevard. Sur les perspectives : " On a pu reconstruire Notre-Dame en cinq ans, je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas faire sortir de terre des bâtiments d'élevage ! Nous voulons faire feu de tout bois pour débloquer les projets agricoles et agroalimentaires tout en respectant les exigences environnementales".
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