Désherbage des céréales en sortie d’hiver : adapter la stratégie au contexte de la parcelle
Le bulletin technique N° 108 du 26 février 2026 consacré aux céréales de montagne et rédigé par la Chambre d'agriculture 43 est paru. Le point sur ses principaux enseignements et les préconisations.
Le bulletin technique N° 108 du 26 février 2026 consacré aux céréales de montagne et rédigé par la Chambre d'agriculture 43 est paru. Le point sur ses principaux enseignements et les préconisations.
Les parcelles traitées à l’automne ou semées tardivement présentent généralement un état satisfaisant, avec une très faible présence d’adventices. Dans ces situations, un désherbage n’est pas nécessaire pour le moment. Une intervention pourra être envisagée ultérieurement, au printemps, si de nouvelles adventices apparaissent. Pour les parcelles les plus propres, faire l’impasse sur le désherbage.
Patienter pour le désherbage dans les parcelles hydromorphes
Dans les zones hydromorphes ou les parcelles sujettes à l’humidité, les céréales subissent les conséquences d’un excès d’eau, se traduisant par un jaunissement dû à un manque d’oxygène au niveau des racines. L’orge d’hiver est particulièrement vulnérable, mais les autres céréales ne sont pas épargnées. On observe également des déchaussements sur les céréales moins développées, sous l’effet des cycles gel/dégel. Dans ces situations, il est déconseillé d’effectuer un passage d’herbicide ou d’utiliser une herse étrille, afin de ne pas fragiliser davantage les cultures. Un roulage pourra être réalisé lorsque les parcelles seront suffisamment ressuyées.
Pour les parcelles semées précocement à l’automne, les adventices, souvent déjà bien développées en l’absence de désherbage automnal, nécessitent une attention prioritaire. Il est préférable de désherber avant d’effectuer le premier apport d’azote, car celui-ci pourrait renforcer les adventices. Cela est particulièrement vrai pour les graminées difficiles à contrôler, comme le ray-grass ou le vulpin. Dans ces cas, il est crucial d’agir rapidement avant que ces adventices ne deviennent trop vigoureuses.
Choisir le produit en fonction de la flore présente
La stratégie de désherbage en sortie hiver doit être raisonné en fonction de la flore présente et de leur densité de peuplement au sein de la parcelle (voir les deux tableaux sur les dicotylédones, ray-grass et/ou vulpin).
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Utiliser l'agronomie pour maîtriser les ray-grass et vulpins
Les ray-grass et les vulpins, une fois parvenus à un stade avancé de développement, deviennent particulièrement difficiles à éradiquer, réduisant ainsi l’efficacité des herbicides. Pour limiter leur prolifération dans les cultures céréalières, il est indispensable de mettre en œuvre des techniques agronomiques adaptées.
Parmi les stratégies les plus efficaces, on retrouve la rotation des cultures, la pratique du faux-semis, le décalage des dates de semis et l’alternance entre labour et non-labour. Ces méthodes permettent de gérer les populations d’adventices de manière durable, tout en réduisant la dépendance aux solutions chimiques.
L’introduction de cultures diversifiées, comme des prairies temporaires ou des cultures estivales comme le maïs, dans la rotation perturbe le cycle biologique des adventices. Cela diminue significativement la pression exercée par celles qui germent principalement en automne, telles que les véroniques, les pensées, les ray-grass et les vulpins.
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Le faux-semis consiste à réaliser un travail superficiel du sol (sur 3 à 4 cm de profondeur maximum) à l’aide d’un déchaumeur ou d’une herse étrille. Cette technique vise à stimuler la germination des graines d’adventices présentes en surface, afin de les détruire avant l’implantation de la culture principale. Pour une efficacité optimale, il est recommandé d’effectuer cette opération environ trois à quatre semaines avant le semis, en évitant ainsi la levée d’adventices dans la culture future. Pour cibler spécifiquement les ray-grass et les vulpins, il est conseillé de pratiquer le faux-semis en septembre ou octobre, lorsque l’humidité du sol favorise leur germination.
Décaler la date de semis des céréales d’automne constitue une autre méthode efficace pour limiter la levée des ray-grass et des vulpins.
Selon les essais menés par Arvalis, retarder le semis du blé d’environ 20 jours par rapport aux dates habituelles permettrait de réduire les levées automnales de vulpins de 80 % et celles des ray-grass de 50 %.
Ce levier est particulièrement recommandé pour les parcelles les plus infestées.
Enfin, le labour occasionnel, pratiqué tous les 3 à 4 ans, s’avère utile pour contrôler les adventices dont les graines ont une faible persistance dans le sol. Cela concerne de nombreuses graminées, comme les vulpins, les ray-grass, les folles-avoines, les bromes, les panics, les sétaires et les digitaires, ainsi que certaines dicotylédones, telles que les gaillets et les bleuets. En revanche, cette technique est moins efficace contre les dicotylédones dont les graines conservent leur pouvoir germinatif plus longtemps, comme les renouées, les chénopodes, les amarantes et les rumex.
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