Élevage laitier : 16 ans de recul sur la traite robotisée dans le Puy-de-Dôme
À Sauxillanges et Manglieu, dans le Puy-de-Dôme, deux GAEC ont adopté la traite robotisée dès 2010 et 2011. Seize ans plus tard, les éleveurs confirment leurs premières impressions de l'époque.
À Sauxillanges et Manglieu, dans le Puy-de-Dôme, deux GAEC ont adopté la traite robotisée dès 2010 et 2011. Seize ans plus tard, les éleveurs confirment leurs premières impressions de l'époque.
En août 2010, le GAEC de la Limandie, à Sauxillanges, franchissait un cap en installant l’un des premiers robots de traite du Puy-de-Dôme. L’objectif pour les éleveurs était de compenser le départ en retraite du père de Vincent Anglaret sans embaucher de salarié supplémentaire. Seize ans plus tard, le robot a transformé bien plus que la traite. Il a redéfini le quotidien des éleveurs, leur rapport au troupeau et même leur équilibre vie professionnelle et privée.
La traite n’est plus une contrainte, mais une surveillance
À la Limandie, les 70 Prim’Holstein produisent toujours autant de lait, mais le temps consacré à leur traite est passé de cinq heures par jour à une seule grâce au robot.
On a gagné en souplesse. Avant, il fallait être à l’heure pour la traite, maintenant, on gère notre journée comme on veut » témoigne Vincent Anglaret.
Malgré l'installation du robot, le pâturage a pu être maintenu. Grâce à deux portes de tri à la sortie de l'appareil, les vaches peuvent sortir paître du 20 mars à la Toussaint, puis regagner le bâtiment pour la nuit. « On a gardé notre système car le parcellaire le permettait », souligne l'éleveur.
Le travail, lui, a radicalement changé. Les vaches sont moins manipulées mais la surveillance s'est accentuée. Vincent Anglaret passe désormais plus de temps à observer ses animaux, à anticiper les maladies, aidé par les données du robot, accessibles en temps réel sur son téléphone.
On est plus précautionneux, on voit mieux ce qui ne va pas. »
Le stress, lui, a fondu. Plus de course contre la montre, plus d’astreinte fixe. « On peut décaler nos horaires si besoin même si on reste réguliers. » Un luxe qui a aussi profité à sa vie de famille.
Pourtant, tout n’a pas été simple. Les premiers mois, il a dû s’adapter à l’absence de rythme imposé, pour habituer les vaches à se faire traire à tout moment de la journée. Une fois le troupeau rodé, il a repris des horaires fixes par confort. « C’est plus facile pour organiser sa journée. »
Seize ans après, le robot a fait ses preuves. L'éleveur n'a eu à déplorer que quatre ou cinq grosses pannes, jamais plus d’une demi-journée d’arrêt.
La maintenance en revanche a évolué.
Au début, j’avais un petit contrat, mais au final, ça me coûtait plus cher que le gros contrat à 1 000 euros par mois qu’on a aujourd’hui et dans lequel tout est compris. »
En 2027, Vincent Anglaret prévoit de changer son robot.
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Le robot, un levier pour repenser l’élevage
À quelques kilomètres de là, à Manglieu, le GAEC des Peslières a lui aussi adopté le robot en janvier 2011. Ici, pas de pâturage possible. Le parcellaire, trop éloigné et sur un sol séchant, ne le permet pas. Les 65 Prim’Holstein sont donc 100 % en bâtiment, en logette et aire raclée. Avant, la traite en salle classique demandait aux éleveurs plus de quatre heures par jour. Aujourd’hui, cette astreinte a disparu.
Comme à Sauxillanges, le robot a permis un suivi bien plus fin des animaux.
Avec l’application sur le téléphone, on voit tout en temps réel. Dès qu’une vache a un problème, on est alerté » explique Loïs Bouchiche.
La production laitière est en hausse constante depuis 16 ans, et les vaches semblent « mieux vieillir » selon l'éleveur. « On détecte plus tôt les mammites, les montées de température… » Le robot a aussi libéré du temps pour leur deuxième troupeau de 70 vaches allaitantes Salers et l’engraissement des jeunes bovins.
En 2020, la famille a même franchi une nouvelle étape en s’équipant d’un robot d’alimentation. « On a gagné en précision et en économie », explique Laurent Bouchiche. Les génisses bénéficient désormais de trois rations différentes selon leur âge, et les laitières sont nourries cinq à six fois par jour au lieu de deux.
Nous avons réduit le gaspillage, gagné une meilleure croissance pour les génisses, et d’ingestion pour les laitières. »
Les données des deux robots se croisent, offrant une vision encore plus complète du troupeau.
Pour les Bouchiche comme pour les Anglaret, le robot n’est pas qu’un outil, c’est un véritable partenaire. « On ne reviendrait pour rien au monde en arrière », résume Laurent Bouchiche.
Et si les éleveurs témoignent unanimement ne pas se servir de l'ensemble des données fournies par le robot, cet équipement a bel et bien révolutionné leur métier.
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