Yvan Chollet, en Suisse : « Je suis payé à la biomasse produite par mes couverts »
Quand on pratique le SDSC depuis dix-sept ans et que l’on rêve de biomax, qu’y a-t-il de mieux que d’être rémunéré à la biomasse produite par les couverts d’interculture pour joindre l’utile à l’agréable ? Une fois encore, la Suisse et le canton de Genève promeuvent l’ACS et encouragent les agriculteurs à améliorer la qualité de leurs sols ainsi que la séquestration de carbone. Témoignage d’Yvan Chollet, qui a adapté ses itinéraires en conséquence. Yvan innove également avec une démarche très intéressante d’implantation du tournesol. La fertilisation du maïs est quant à elle l’objet de premiers essais pour tenir compte du volant d’auto-fertilité.
Dans le canton de Genève, l’exploitation d’Yvan Chollet couvre aujourd’hui une centaine d’hectares, répartis en 80 ha de grandes cultures, 12 ha de vignes et 8 ha de prairies permanentes (pour les vaches et les compensations écologiques). Yvan a quelques vaches allaitantes (10 mères). Les sols de l’exploitation sont hétérogènes, plus ou moins profonds, d’argilo-limoneux (20 à 40 % d’argile) à sableux hydromorphes en passant par des sols de graviers. 50 ha sont drainés.
« Mon père et moi avons arrêté le labour en 1998, sauf pour le tournesol et le maïs, principalement pour gagner du temps. Au vu des résultats positifs en TCS, nous avons cessé de labourer pour le maïs en 2006 et pour le tournesol en 2009. J’y ai pris goût et suis passé au SD en 2009. Mon père croyait que le 750A était pour semer des couverts, je lui ai répondu qu’on allait semer dans des couverts ! », témoigne Yvan. L’impact sur les charges de mécanisation est notable : « Mon tracteur de tête est un 4 cylindres. Grâce au semis direct, j’ai baissé ma puissance de traction tout en doublant ma surface travaillée (avec les travaux en prestations), c’est vraiment positif », sourit Yvan.
« En quinze ans, je suis passé de 2,5 à 4 % de MO sur 0-20 cm, grâce à des apports de composts de déchets verts à hauteur de 15 t MS/ha/an. Les apports de fumier de bovins sont faibles, avec seulement mes 10 vaches mères et leur suite. La paille que j’exportais autrefois revenait principalement sous forme de fumier de cheval. Aujourd’hui, la plupart des pailles restent au champ, je n’exporte que ce dont j’ai besoin pour les vaches et ramène le fumier sur les parcelles. Je souhaite que la ration apportée au sol reste à 15 t MS/ha/an, même en réduisant les apports de déchets verts, avec les résidus des cultures et des couverts produisant beaucoup de biomasse. »
La rotation actuelle d’Yvan est la suivante : maïs grain/orge de printemps/colza associé/blé tendre d’hiver/tournesol associé ou pois de printemps/blé tendre. Toutes les cultures sont conduites en mode extenso, c’est-à-dire sans fongicide, insecticide et régulateur.
Faut-il fertiliser le maïs en ACS ?
Le maïs, d’indice 280, est semé début mai en direct au monograine John Deere Max Emerge à 50 cm d’écartement, dans un couvert. Les 50 cm entre-rangs sont liés à l’utilisation d’un cueilleur de même écartement à la demande d’un agriculteur pour lequel Yvan récolte en prestation. Cela permet d’avoir le semoir réglé pour le colza, le tournesol et le maïs.
Le couvert est détruit avec 360 g/ha de glyphosate (avec sulfate d’ammonium, huile et adjuvant mouillant ; tous les traitements herbicides sont réalisés avec un volume de bouillie de 50 l/ha et adjuvantés). Aucun anti-limace n’est utilisé. Le maïs est désherbé avec 1,5 l/ha d’Equip Power au stade 4 feuilles. « Je réalise des essais jouant sur la date de destruction du couvert, la densité de semis du maïs et la fertilisation apportée au maïs, entre 0 et 80 kg N/ha en urée. Il n’y a pas eu de fertilisation localisée apportée au semis en 2025, des essais sont prévus en 2026. » Les résultats de l’année 2025 sont présentés dans le tableau ci-dessous. Un premier couvert avait produit 8 t MS/ha quand il a été roulé à la Toussaint ; un deuxième couvert a ensuite pris le relais, détruit chimiquement début avril. L’essai a été récolté trois semaines plus tôt que prévu, d’où l’humidité du grain à 35 %, à cause d’une compagnie de sangliers qui s’était installée dans le champ et l’avait déjà entamé à plus de 10 %. L’humidité du grain n’était plus que de 28 % dans un témoin récolté à la date nominale trois semaines plus tard. La bande semée à 95 000 grains/ha et fertilisée à 60 kg N/ha a été stressée par autre chose que la fertilisation azotée, ce qui a affecté son rendement. L’essai ne comprenait pas de répétition en 2025, il y en aura en 2026. Ces premiers résultats nous indiquent que le maïs aurait quasiment pu se passer de fertilisation azotée, ce qui fait écho aux observations d’agriculteurs du sud-ouest de la France (TCS 131 page 6). Les essais se poursuivent en 2026.
L’orge semée au combiné et le colza en direct accompagné
L’orge de printemps (variétés Planet et Sting) est semée au combiné herse rotative - semoir à disques sur le gel en sortie d’hiver (le 26 janvier en 2025), dans les résidus du maïs. La parcelle est nettoyée au préalable avec 360 g/ha de glyphosate. « Les nombreux arbres et haies favorisent les renards, les chouettes et les rapaces, ce qui me permet de ne pas avoir de problème avec les campagnols. Par contre, j’ai beaucoup de problèmes de sangliers depuis deux-trois ans. Alors je sème l’orge de printemps avec le combiné pour pouvoir reniveler. Quand il gèle, les anéciques descendent en profondeur donc j’en détruis peu avec la herse rotative », explique Yvan. L’orge est désherbée avec 1 l/ha d’Axial One et fertilisée au stade 2/3 feuilles avec 90 à 110 kg N/ha d’urée (il n’y a pas de fertilisation localisée au semis). Elle est récoltée à la mi-juillet et la paille est broyée. Le rendement pluriannuel de l’orge de printemps est de 65 q/ha.
Le colza est semé au monograine à 50 cm d’écartement fin juillet. Les éléments semeurs sont équipés de chasse débris. Les plantes compagnes (trèfle d’Alexandrie, niger et lin) sont semées à la volée. « Je ne cultive plus de colza Holl car je trouve que les variétés disponibles ne sont pas assez vigoureuses. Je préfère un hybride restauré comme SY Matteo. Je roule sitôt le semis. J’ai moins de problèmes de limaces en semant le colza en plein été, je n’utilise plus d’anti-limace sur cette culture. Avec cette date de semis et avec les plantes compagnes, je n’ai pas de problème d’altise. Par contre, je peux avoir des punaises. En 2025, les plantes compagnes se sont peu développées car la pluie n’est revenue que le 20 août. En 2026, je sèmerai les plantes compagnes à la volée juste avant de semer le colza. », indique l’exploitant. Le désherbage se limite à une application de glyphosate avant le semis (360 g/ha) pour gérer les chénopodes et amarantes, puis de la propyzamide à 0,72 g/ha et de l’Effigo à 0,2 l/ha qui cible les laiterons. « La succession maïs/orge de printemps avant le colza permet une bonne gestion du ray-grass et du vulpin, mais il ne faut pas faire d’impasse sur la propyzamide ! En cas de forte présence de chénopodes ou d’amarantes, je broie le colza à la mi-septembre à 20-25 cm de haut. Je note une bonne efficacité de cette pratique pour gérer ces adventices. Cela semble peu impacter le colza, qui repousse bien ensuite. Le colza est la seule culture pour laquelle je ne réduis pas la dose d’azote. Il reçoit dans les 150 kg N/ha, dont 5 au semis et 40 à l’automne », continue-t-il. Conduit en extenso, donc sans fongicide ni insecticide, le colza a produit 39 q/ha en 2025. « J’ai aussi eu des années à 18 q/ha, la moyenne pluriannuelle est de 30 q/ha. »
Un couvert d’interculture est semé au 750A sitôt la récolte du colza, tandis que les repousses de colza sont détruites avec 360 g/ha de glyphosate avant la levée du couvert. Ce couvert est composé de pois fourragers (50 kg/ha), tournesol, sarrasin et vesce. Les repousses de colza sont détruites car elles ne produisent pas assez de biomasse, au contraire du couvert d’interculture qui a produit entre 6 et 10 t MS/ha en 2025. Cette stratégie s’explique par le fait qu’Yvan bénéfice d’une rémunération à la biomasse de couvert produite dans le cadre du programme Résulterre. « Si cela était possible, il serait plus intéressant de détruire les repousses de colza plus tard, dans le couvert levé. Ainsi les limaces commenceraient par manger les repousses de colza et s’en prendraient moins au couvert en train de lever. Ne pas détruire les chardons et les liserons en été serait aussi plus intéressant, pour ne les détruire qu’à l’automne, quand la sève redescend dans les organes souterrains. »
Le blé semé en direct et suivi d’un sorgho au drone
Le blé tendre est semé au 750A dans le couvert en place. Depuis deux ans, la densité de semis a été abaissée de 400 g/m² à 250 g/m². Les variétés cultivées actuellement sont Axen (classe de qualité TOP, équivalent à un BAF en France), Campanile (classe I, équivalent à un BPS) et Spontan (classe II, équivalent à un BP). Le couvert est détruit avec 720 g/ha de glyphosate, tandis que le blé est rarement désherbé à l’automne : « C’est peut-être grâce au glyphosate, peut-être aussi grâce au couvert étouffant et à la rotation. Le brome stérile est l’adventice la plus problématique, je ferai peut-être un rattrapage au printemps. » Du sulfate de calcium dihydraté est apporté à hauteur de 150 kg/ha. Le blé reçoit entre 0 et 80 kg N/ha d’urée en un seul apport au stade épi 1 cm, avant ou sous une pluie. Une fertilisation localisée (50 kg/ha de 18,46) n’est apportée au semis que pour les parcelles reprises récemment. « Je ne fais plus d’apport qualité sur blé car les sols carburent à fond, je fais toujours 14 à 16 % de protéine. » Le rendement pluriannuel du blé est de 68 q/ha.
L’interculture après le blé est couverte par du sorgho Piper. En 2025, le sorgho a été semé pour partie au drone (à 30 kg/ha) avant la récolte du blé paille broyée, pour partie au 750A (à 25 kg/ha) après la moisson avec paille exportée pour les vaches. 15 t/ha de fumier de cheval paillu ont été apportées le lendemain du semis. Les deux modalités d’implantation ont conduit à un beau résultat avec 6 t MS/ha. « Nous avons pas mal de cailloux ici alors je me suis juré de ne plus utiliser de semoir à dents. Je cherchais une solution pour implanter correctement le sorgho sous les pailles broyées. J’avais pensé à un semoir sous la moissonneuse-batteuse mais le côté pratique du drone a primé : je géoréférence la parcelle sur le site de commande en ligne, j’indique la date de semis souhaitée, je dépose les sacs de semences au coin de la parcelle et c’est tout, cela me dégage du temps pendant ce pic de travail, ce qui est appréciable. Mon plus gros problème, ce sont les sangliers qui trouvent refuge dans le sorgho. Ils ne mangent pas le sorgho, mais trouvent de la nourriture en grattant mes sols vivants. » En 2025, une partie du sorgho a été pâturée par les vaches, le reste a été broyé avant le semis du tournesol.
Une stratégie d’implantation du tournesol très innovante
Le tournesol a été réintroduit dans la rotation pour mieux tirer parti de certaines parcelles séchantes. « Le tournesol, c’est bien, mais pas sans sous couverture ! Sinon, la biomasse qui retourne au sol est vraiment faible. Alors j’ai cherché à associer des plantes de service. » Culture difficile à réussir en semis direct, le tournesol est semé après un léger travail du sol. La levée est protégée des limaces avec du phosphate ferrique. « En 2023, le couvert avait été détruit par le gel et la parcelle nettoyée avec 360 g/ha de glyphosate début avril. Le 15 avril, j’avais semé 30 kg/ha de sarrasin au combiné herse rotative (5 cm de profondeur) - semoir à disques dans les résidus du couvert. Le lendemain, j’ai semé le tournesol à 85 000 grains/ha au monograine. L’idée était de profiter de l’allélopathie du sarrasin pour se passer de désherbage en culture. Le résultat était encourageant, avec toutefois un peu trop de concurrence du tournesol par le sarrasin et beaucoup de chénopodes par endroits. Fin août, j’ai constaté qu’il y avait suffisamment de lumière au sol pour faire pousser du trèfle. J’avais récolté environ 20 q/ha de tournesol et de sarrasin. Comme c’était compliqué à séparer, j’ai utilisé cela comme semence pour des couverts. »
Il poursuit : « En 2024, après un passage de herse rotative à 5 cm de profondeur, j’ai semé le tournesol au monograine, puis du sarrasin (25 kg/ha), du trèfle blanc (10 kg/ha) et du trèfle violet (10 kg/ha) à la herse étrille juste avant la levée du tournesol. Sans désherbage, je n’ai eu que quelques chénopodes et amarantes. J’ai eu pas mal de dégâts de pigeons à la levée, qui ont nourri ma réflexion. »
« En 2025, j’ai ainsi commencé par semer 30 kg/ha de sarrasin début avril avec le combiné. Cinq semaines plus tard, j’ai semé le tournesol au monograine à 92 000 grains/m² (sans fertilisation localisée) dans le sarrasin qui faisait déjà 20 à 30 cm de haut. Dans cette parcelle entourée de chênes dans lesquels vivent de nombreux pigeons, cette stratégie a super bien marché, les pigeons ont été leurrés, ils n’ont pas ou peu occasionné de dégâts au tournesol à la levée. J’ai détruit le sarrasin et calmé quelques chardons, liserons et chénopodes, avec 360 g/ha de glyphosate juste avant le semis du tournesol. Puis j’ai semé à la volée 10 kg/ha de trèfle blanc et 10 kg/ha de trèfle violet, qui ont couvert le sol sous le tournesol. Pour une autre parcelle, j’ai essayé du trèfle blanc, du trèfle incarnat et de la luzerne lupuline mais je préfère les trèfles blanc et violet. » Non fertilisé et avec un désherbage qui s’est limité à la seule application de glyphosate juste avant le semis, le tournesol a produit 25 q/ha avec 35 % de dégâts de pigeons avant la récolte. « En 2026, je procéderai comme en 2025 », conclut Yvan.
La fin de rotation
Les pois protéagineux sont semés au 750A dans le couvert de sorgho. Ils sont désherbés avec 300 g/ha d’aclonifen et 228 g/ha de pendiméthaline. Le rendement pluriannuel des pois est de 35 q/ha. Le pois protéagineux est suivi par le même couvert d’interculture que le colza.
Le deuxième blé de la rotation est semé en direct dans le couvert avec le 750A. Détruits avec 720 g/ha de glyphosate, les trèfles qui accompagnaient le tournesol avaient produit entre 4 et 4,8 t MS/ha en 2025. « Il a plu 200 mm en dix jours après le semis du blé. Il n’y aurait pas eu les trèfles, j’aurais perdu le blé. Le trèfle améliore aussi de la portance pour la récolte du tournesol, surtout dans les parcelles non drainées comme cette année avec près de 100 mm de pluie avant la récolte. » Ce deuxième blé est généralement très propre, et le désherbage se limite à une application de sulfonylurée en sortie d’hiver. La fertilisation est identique à celle du premier blé de la rotation.
L’interculture entre le deuxième blé et le maïs était occupée auparavant par un couvert relais, comprenant notamment du seigle et de la vesce velue. Ce couvert n’était pas réussi tous les ans, et « le seigle pompe beaucoup d’eau avant le maïs » (voir le TCS 130 page 19). Désormais, c’est un double couvert qui est implanté : du sorgho Piper pour l’été puis un sursemis de légumineuses (féveroles, pois protéagineux, pois fourragers, vesces…). « À part le sorgho Piper que je dois acheter, c’est un couvert simple dont je peux produire les semences. »
Résulterre
Résulterre est un programme financé par la confédération helvétique et le canton de Genève, qui s’étend de 2024 à 2031, avec six ans de mise en pratique puis deux ans de compilation et d’analyse des résultats. Le budget global du projet avoisine les 6 millions de francs suisses. L’objectif est d’encourager les agriculteurs à améliorer la qualité de leurs sols ainsi que la séquestration de carbone.
Les contributions à la parcelle sont les suivantes :
- limiter les périodes sans une couverture vivante des sols : 100 CHF/ha/an pour 0 jour, 50 CHF/ha/an pour un à trente jours sans couverture vivante ;
- maximiser la production de biomasse par les couverts en interculture : 100 CHF/ha/an au-delà de 10 t MS/ha, 50 CHF/ha/an pour 5 à 10 t MS/ha. La méthode Merci doit être utilisée sur au moins deux parcelles chaque année ;
- maximiser la production de biomasse par les plantes associées dans les cultures : 100 CHF/ha/an au-delà de 25 % de biomasse supplémentaire, 50 CHF/ha/an pour 1 à 25 % de biomasse supplémentaire. La pesée est réalisée juste avant la récolte de la culture principale. La méthode Merci doit être utilisée et comparée à un témoin non associé ;
- favoriser les apports de matières organiques issues de la ferme : 100 CHF/ha/an au-delà de 2,45 t MO humifiée/ha/an de, 50 CHF/ha/an pour 1 à 2,45 t MO humifiée/ha/an ;
- améliorer la qualité du sol, évaluée par le ratio MO/teneur en argile : 300 CHF/ha/an au-delà de 17 %, 200 CHF/ha/an entre 17 et 14 %, 100 CHF/ha/an entre 14 et 12 %.
Le projet Résulterre est le fruit du pragmatisme agronomique des Suisses
Comme la conduite extenso dont il est question dans ce reportage, rien n’est obligatoire et les agriculteurs ont le choix d’y rentrer et même d’en sortir s’ils jugent nécessaire d’appliquer un anti-limace ou un fongicide pour sauver la culture. C’est une incitation pour faire mieux et trouver des solutions. Globalement, ça fonctionne puisque la grande majorité des surfaces est maintenant primée extenso.
C’est la même stratégie avec Résulterre. Cette fois-ci, ce sont les aspects qualité des sols et séquestration du carbone qui sont recherchés. Ainsi que Pascal Boivin et son équipe de l’université d’Hepia (Genève) l’ont montré, les couverts végétaux, leurs biomasses, la persistance de leurs couvertures vivantes impactent davantage l’évolution positive des niveaux de MO des sols que le semis direct. C’est pour cette raison que le seuil mini pour accéder à la prime est fixé à 5 t MS/ha voire 10 t MS/ha pour la doubler. Bien que celui-ci paraisse haut, il incite les agriculteurs à soigner leurs implantations, à mieux adapter leurs mélanges avec des progrès assez immédiats. Cette stratégie pousse les pionniers comme Yvan Chollet à anticiper les semis dans les céréales au drone et à développer des approches relais afin de capter, avec plus de 10 t MS/ha, les 100 CHF/ha de prime.