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Des lambrusques résistantes pour lutter contre les maladies du bois

De quoi s’agit-il ?

Jamais deux sans trois ? Pour lutter contre les maladies du bois, les chercheurs de l’Université de Haute Alsace (UHA), à Colmar, envisagent de mettre au point des ceps "trois en un". Il s’agirait d’intercaler, entre le porte-greffe résistant au phylloxéra et son greffon, un troisième individu issu des populations de lambrusques, la vigne sauvage, dont certaines expriment une très faible sensibilité aux maladies du bois. "Repenser l’architecture du pied de vigne est une piste à creuser", explique Christophe Bertsch, directeur du laboratoire vigne, biotechnologies et environnement en coordination avec le laboratoire de chimie organique et bio-organique de l’UHA, "parce que le point faible de notre vigne actuelle vis-à-vis des pathogènes impliqués dans les maladies du bois n’est pas la racine, comme pour le phylloxéra, mais bien le tronc qui agit comme un véritable bio-réacteur pour les champignons impliqués. L’idée ici est de créer un pied de vigne où le bois de vinifera sensible sera réduit au strict minimum. Les champignons, même si on sait qu’ils seront présents, ne trouveront alors pas les conditions idéales à leur développement. On émet aussi l’hypothèse selon laquelle les défenses produites par les lambrusques permettront au greffon de se défendre."

Quels sont les premiers résultats ?

L’idée de créer ce pied de vigne "trois en un" n’est pas tout à fait nouvelle. Des essais infructueux avaient déjà eu lieu sur la vigne vierge. Mais le sujet a été relancé suite aux résultats prometteurs d’un test qui visait à classifier des individus de la famille des Vitaceae du genre vitis selon leur tolérance aux maladies du bois. Ce dernier a mis en évidence que certains individus de la sous-espèce sylvestris, à savoir les lambrusques, expriment une très faible sensibilité aux maladies du bois. La rapidité de leur réaction dès lors qu’elles sont en contact avec le pathogène pourrait expliquer cette moindre sensibilité.

À quand la mise à disposition dans les exploitations viticoles ?

Tout dépend des financements car il faut d’abord valider le concept, puis produire les pieds. Les tests devront aussi être élargis à tous les pathogènes responsables du dépérissement et aux 120 lambrusques, et ce, en condition réelle de terrain. Autre défi majeur à relever : la réussite du double greffage, soit à partir des premiers greffons déjà obtenus, soit par réalisation de la double greffe en une seule fois.

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