Aller au contenu principal

Débuts réussis pour les contacteurs membranaires

Trois ans après leur autorisation par l’Union Européenne, quelques embouteilleurs et négociants se sont équipés de contacteurs membranaires pour gérer les teneurs en oxygène et gaz carbonique dissous des vins. Ils sont plutôt satisfaits.

Les contacteurs membranaires commencent à trouver leur place lors de l’embouteillage, pour désoxygéner et carboniquer ou décarboniquer les vins en un seul passage. La société Ymélia, principal fournisseur en France, annonçait fin 2016 en avoir commercialisé huit en France auprès de négociants et d’embouteilleurs à façon. Son Pervélys coûte 110 000 euros environ pour un 50 à 100 hl/heure. « Il est à la fois plus rapide, plus efficace et plus précis qu’un stripping à l’azote pour désoxygéner ou qu’un diffuseur pour carboniquer, argumente François Rigail, codirigeant d’Ymélia. On arrive à dégazer jusqu’à moins de 0,1 mg/l d’02 dissous et à carboniquer jusqu’à 8-9 g/l. »

Difficile pour l’instant de trouver des utilisateurs mécontents. « J’ai déjà équipé trois de mes quatre unités mobiles d’embouteillage, témoigne Denis Legras, embouteilleur à façon dans le Languedoc. Le contacteur est fiable et performant. » Il suffit d’entrer les consignes en taux de CO2 et O2 souhaités et de régler le débit. « On descend facilement à 0,1 ou 0,2 mg/l d’O2 dissous en sortie. Le vin reprend un peu d’O2 au tirage mais on dépasse rarement 0,8 mg/l dans la bouteille. » La maison Famille Perrin en Vallée du Rhône, équipée depuis mars 2016, arrive même à des valeurs inférieures. « Avec un Pervélys, suivi d’un tirage inerté, on tombe à 0,3-0,4 mg/l d’O2 dissous, assure Vincent Hudon, responsable technique crus. Le Pervélys va nous permettre de diminuer nos doses de SO2»

Des bulles très fines

Autre point amélioré : la carbonication. « La finesse des bulles est très intéressante, poursuit Vincent Hudon. On peut monter les doses de CO2 à 1 200 mg/l sur les blancs pour apporter de la fraîcheur sans durcir les vins. » Les Allemands gazéifient déjà des mousseux au contacteur jusqu’à 8 ou 9 g/l de CO2 avec un tirage isobarométrique. Des essais ont été menés en France avec une finesse de bulles qui n’aurait rien à envier à celle de bien des mousseux de qualité.

Parmi les autres avantages du Pervélys, les utilisateurs citent sa rapidité, comparée à une désoxygénation à l’azote suivie d’une diffusion de CO2, une plus faible perte d’arômes qu’avec l’azote, la diminution de la mousse au tirage, due à une moindre concentration en azote des vins, et enfin une très bonne répétabilité des teneurs en gaz tout au long du tirage, liée à la précision des capteurs.

témoignage

« Une révolution pour gazéifier »

« Nous avons fait un essai Pervélys avec un embouteilleur à façon sur un muscat petit grain à 35 g/l de sucre résiduel. On recherchait un bon équilibre acidité-sucrosité et on a joué sur le CO2 pour le trouver. Le Pervélys a permis de monter la teneur de CO2 à plus de 2 g/l alors qu’avec un diffuseur classique j’atteins péniblement 1,4 g/l. Le résultat est top. Le gaz fait ressortir les arômes et les bulles sont plus fines qu’avec un diffuseur. Nous allons renouveler l’opération l’an prochain et augmenter les volumes. »

(((François Teisserenc)))

Comment ça marche ?

Le Pervélys contient des membranes tubulaires hydrophobes qui laissent passer les gaz dissous dans le vin (02, CO2, N) mais pas les liquides, un peu à l’image d’un poumon. Le vin circule à l’extérieur des membranes. L’intérieur est mis sous vide pour attirer ces gaz dissous. On peut en même temps faire traverser du CO2 pour gazéifier les vins. L’appareil est entièrement automatisé.

Les plus lus

<em class="placeholder">Amélie Berthaire, responsable qualité hygiène et sécurité de l’environnement à la cave vinicole de Lugny, à Lugny, en Saône-et-Loire </em>
Cave coopérative de vinification en Saône-et-Loire : « Avec l'IA, je peux parfois gagner jusqu’à la moitié de mon temps »

Amélie Berthaire, responsable qualité, hygiène, sécurité et environnement à la cave vinicole de Lugny, à Lugny, en Saône-…

<em class="placeholder">évolution du % d&#039;exploitations déficitaires et bénéficiaires en Occitanie</em>
Viticulture en Occitanie : seulement un quart des exploitations bénéficiaires en 2024

CerFrance Occitanie a analysé les comptabilités d’un échantillon de 494 exploitations viticoles. Les résultats 2024 sont sur…

<em class="placeholder"> Bertrand Morand – Directeur Filières Coopérative U

&lt; Timothée Zimmerlin – Chef de groupe Liquides Coopérative U

&lt; Olivier Dabadie – Président Plaimont

&lt; ...</em>
Coopérative U choisit la cave coopérative de vinification Plaimont pour lancer son 126e contrat de filière

Le 10 février 2026, sur le salon Wine Paris, Coopérative U et la cave coopérative de Plaimont ont signé un accord de…

<em class="placeholder">Fabien Lapeyre, vigneron à Saint-Hilaire-du-Bois, en Gironde</em>
Vignerons Avenir en Gironde : « C’est une chance d’avoir des conseils pointus et accès à un réseau gratuitement »
Fabien Lapeyre, vigneron à Saint-Hilaire-du-Bois, en Gironde, a fait partie de la première promotion épaulée par Vignerons Avenir.
<em class="placeholder">Joël Boueilh, président des Vignerons coopérateurs de France et  vigneron à Saint-Mont (Gers), le 28 juin 2023</em>
Caves coopératives de vinification : suite au rapport du CGAAER, des audits régionaux devraient être lancés
La ministre de l’Agriculture a remis le rapport du CGAAER sur les caves coopératives, aux Vignerons coopérateurs. Voilà ce qu’il…
<em class="placeholder">Damien Malejacq, directeur marketing et communication de la cave coopérative Tutiac</em>
Cave coopérative de vinification en Gironde : « Bien utilisée, l'IA permet d’augmenter sa propre efficacité »

Damien Malejacq, directeur marketing et communication de la cave coopérative Tutiac, à Val-de-Livenne, en Gironde, utilise l’…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole