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Que deviennent les parts de cave coopérative en cas de cession?

Lorsqu’un viticulteur est associé coopérateur et qu’il cède son exploitation, il doit accomplir un certain nombre de formalités auprès de la cave coopérative. La poursuite par le repreneur de cet engagement auprès de la cave n’est pas systématique.

En cas de cession des parts sociales, elles sont en principe remboursées au cédant à leur valeur nominale.
© P. Cronenberger

Quels sont les engagements d’un viticulteur vinifiant en cave coopérative ?

Le viticulteur s’engage sur un certain nombre d’années à livrer à la cave la totalité ou une partie de sa récolte. Il s’oblige à souscrire un nombre de parts sociales en fonction de son engagement.

Si l’associé coopérateur cède son exploitation, il ne peut poursuivre ses engagements. Il se trouve donc dans l’obligation de transférer les parts qui sont attachées à l’exploitation au nouvel exploitant, à moins qu’il n’arrive lui-même au terme de son engagement, ce qui lui permettra de se retirer de la cave.

Comment se déroule la cession des parts de cave coopérative ?

Cession à un tiers

Lorsque le viticulteur cède son exploitation à un tiers, le conseil d’administration de la cave doit autoriser l’admission de ce dernier. À cet effet, le viticulteur doit informer la cave de la transmission de l’exploitation dans un délai de trois mois à compter de la vente, par lettre recommandée avec avis de réception. La cave dispose ensuite d’un mois après réception de la notification pour donner son avis.

En principe, le refus de la cave n’a pas à être motivé. Il est sans recours, sauf clause contraire prévue dans les statuts.

Cession à un associé coopérateur

Si l’acquéreur est déjà associé de la cave, les statuts peuvent prévoir que le conseil d’administration donne un motif à son refus, mais dans tous les cas, cédant et acquéreur peuvent exercer un recours devant la première assemblée générale.

Si le viticulteur ne cède qu’une partie de ses vignes et continue d’être associé à la cave, la cession à un autre associé pourra être refusée, spécialement si le vendeur détient finalement un nombre de parts inférieur à ce qui est prévu par les statuts.

Le transfert des parts ne nécessite pas la rédaction d’un acte de cession, néanmoins il doit être déclaré auprès des impôts car le montant de la cession est taxé au droit de 3 %.

Refus de la reprise de parts

L’acquéreur de l’exploitation peut très bien refuser de reprendre l’engagement auprès de la cave. Dans ce cas, le cédant devra attendre le terme de son engament pour se retirer sauf si la coopérative accepte sa démission.

Quelles sont les possibilités de retrait de la cave coopérative ?

À l’expiration de la durée initiale de l’engagement, ou des reconductions éventuelles, l’associé peut notifier son intention de se retirer par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, dans le délai prévu par les statuts.

Néanmoins, la cave coopérative pourra accepter un retrait de l’associé en cours de période d’engagement, dans les cas suivants :

- en cas de force majeure dûment justifiée et approuvé par le conseil d’administration,

- dès lors que l’associé donne un motif valable (ex : maladie…), si son départ ne cause pas de préjudice au bon fonctionnement de la coopérative et n’a pas pour conséquence de diminuer le capital social en dessous du seuil précisé par les statuts.

Comment s’effectue le remboursement ?

Dès lors que le conseil d’administration refuse d’agréer le nouvel exploitant ou en cas de retrait, les parts sociales du cédant doivent lui être remboursées, en principe à la valeur nominale. Il est à noter que la cession entre vendeur et acquéreur de l’exploitation se fait quant à elle à un prix librement fixé entre les parties (assujetti à la plus-value le cas échéant).

Le conseil d’administration fixe l’époque à laquelle le paiement des sommes dues pourra être fait. Ce délai ne peut excéder le délai maximal de cinq ans fixé par le législateur.

Pour un conseil adapté, n’hésitez pas à consulter votre notaire.

repères

Dans le cas d’une cession à un tiers, le conseil d’administration de la cave doit autoriser son admission.

En cas de transfert des parts, la rédaction d’un acte de cession n’est pas nécessaire, mais il est soumis à un droit de cession et doit donc être déclaré auprès des impôts.

Si l’acquéreur de l’exploitation refuse de reprendre l’engagement, le cédant doit attendre son terme pour se retirer, à moins que la coopérative accepte sa démission.

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