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Prospective
Sorgho : un marché qui se cherche encore

Divers experts présents lors du congrès européen du sorgho ont mis l’accent sur le potentiel du grain, qui peut servir divers débouchés industriels.

© Schwoaze_Pixabay

La production mondiale de sorgho oscille entre 60 et 70 Mt depuis les années 70, explique Arthur Boy, expert de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM), lors du congrès européen du sorgho, organisé par le consortium Sorghum ID les 12 et 13 octobre à Toulouse. Les intervenants du congrès sont assez unanimes : si le sorgho n’est pas suffisamment développé dans le monde, c’est parce que la culture souffre d’un déficit d’image.

Recul de la sole hexagonale de 15 % entre 2020 et 2021

En 2021/2022, la production mondiale progresserait à 65,7 Mt selon l’USDA en octobre, contre 62,5 Mt en 2020/2021, mais cela est davantage d’ordre conjoncturel pour l’instant, jugent les intervenants. Par exemple, la météo favorable en France devrait permettre d’augmenter les volumes annuels. Mais la sole nationale de sorgho grains entre 2020 et 2021 recule de 15 %, à 72 000 ha, selon Soghum ID. Le sorgho souffre de la comparaison avec le maïs en termes de rendements, le premier pouvant certes dépasser les 60 q/ha, mais le second les 100 q/ha.

 

 

Aux États-Unis, « nous tablons sur une récolte 2021 de 11 Mt environ, contre 9,5 Mt en 2020 », déclare Florentino Lopez, consultant du cabinet Creando Manana. Mais il confirme que les agriculteurs états-uniens sont encore trop peu nombreux à s’intéresser à la culture, au vu de sa trop faible productivité, et que cette hausse de la production est surtout liée à la clémence du climat 2021.

Le sorgho est aussi considéré, à tort selon les intervenants, comme un produit de qualité moindre. « Certains pensent encore que le sorgho est trop riche en tanins, peu digestibles pour les animaux. Or, cela fait des années que ce n’est plus le cas grâce aux nouvelles variétés […] Le sorgho dispose de 2-3 % de protéines en plus que le maïs, et est adaptable à l’alimentation de tous les animaux », témoigne Frédéric Guedj en marge du congrès, responsable développement sorgho du semencier Lidea.

Seule la Chine s’intéresse réellement à la culture, et importe aujourd’hui près de 85 % des volumes mondiaux. Depuis le début de la campagne 2021/2022, « la Chine a déjà réservé 2 Mt », précise Florentino Lopez. La consommation chinoise est attendue à 10 Mt pour 2021/2022, contre 8 Mt environ la campagne précédente, selon le dernier rapport du Conseil Internationale des Céréales (CIC) de septembre.

La Russie et l’Ukraine profitent d’ailleurs de la hausse de l’intérêt chinois, augmentant leurs surfaces de respectivement 9 % et 8 % entre 2020 et 2021, à 90 000 ha et 54 000 ha, selon Sorghum ID.

Si le principal moteur du marché du sorgho est pour le moment la Chine, la plante a d’autres vertus, comme ses faibles besoins en intrants, et ce dans un contexte de lutte contre le changement climatique et de flambée des prix des fertilisants. « Le sorgho n’est pas la seule solution mais il en est une parmi d’autre contre le changement climatique », s’est exprimé Serge Zaka, docteur-chercheur en agroclimatologie chez ITK, et invité au troisième congrès européen du sorgho.

Des alcools, des pâtes, des biscuits à base de sorgho…

Les utilisations industrielles sont encore marginales mais se développent. En France, la distillerie Bows (Brave Occitan Wild Spirit) basée à Montauban et active depuis 2016, produit divers alcools (whisky notamment) à base de sorgho (consommation de 30 t/an de grains environ). La céréale est également utilisée dans la production de biscuits, de pâtes ou de bière dans divers pays (France, Italie, Afrique…). Mais les tonnages sont encore faibles, et des flux réguliers sont indispensables si la production veut réellement se développer, expliquent les industriels.

 

 

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