Sécheresse 2026 : historiquement gros exportateur de maïs, la Sica Atlantique devrait en importer sur la campagne 2026-2027
Les disponibilités exportables en céréales sur l’hinterland du grand port maritime de La Rochelle Pallice vont être tronquées par la récolte catastrophique de maïs. De l’autre, la période de dégagement n’a pas été à la hauteur des espoirs et les perspectives d’exportations sur les moyen et long termes sont incertaines. Sica Atlantique s'attend à une campagne commerciale atypique cette année avec un net retrait des exportations de grains mais des importations de maïs.
Les disponibilités exportables en céréales sur l’hinterland du grand port maritime de La Rochelle Pallice vont être tronquées par la récolte catastrophique de maïs. De l’autre, la période de dégagement n’a pas été à la hauteur des espoirs et les perspectives d’exportations sur les moyen et long termes sont incertaines. Sica Atlantique s'attend à une campagne commerciale atypique cette année avec un net retrait des exportations de grains mais des importations de maïs.
« Nous avions projeté 1,8 Mt à l’exportation sur la campagne 2026-2027 au 1er juillet 2026, contre 2,1 Mt réalisées en 2025-2026, en raison des récoltes de céréales à paille prévues en baisse d’un an sur l’autre. Mais c’était avant les canicules et la sécheresse estivales qui ont détruit le potentiel de rendement des cultures de printemps sur notre hinterland, le maïs en premier lieu mais également le tournesol », se désole Pierre-Jean Huré, directeur commercial de Sica Atlantique. Le groupe a dû revoir sa stratégie pour la campagne commerciale des céréales 2026-2027.
Des disponibilités à l’exportation réduites comme peau de chagrin
Après des récoltes en céréales à paille inférieures à l’an dernier, la collecte de maïs en 2026 est attendue catastrophique.
Des récoltes de céréales à paille en retrait
Sur l’hinterland du Grand port maritime de La Rochelle-Pallice (GPMLR), les productions de blé tendre et de blé dur sont en baisse d’une campagne à l’autre, avec à la clef un volume exportable en retrait, étant donné que leur consommation domestique demeure quasi stable d’une campagne sur l’autre. « En orge fourragère, si la production est moins mauvaise en volume qu’en blé tendre, le tonnage à l’exportation sera également impacté », déclare Pierre-Jean Huré.
Une production de maïs désastreuse
« La récolte de maïs est pire que catastrophique, sauf sur les parcelles irriguées. Le maïs pluvial devrait partir en ensilage pour la majorité », indique le directeur commercial. Au niveau national, la production de maïs grain est estimée à 9 Mt en 2026 (contre 13,9 Mt en 2025), selon les dernières prévisions d’Agreste, en date du 3 septembre. Argus média et les opérateurs de la filière tablent plutôt sur 7 Mt.
Dans le contexte actuel, « à fin juin 2027, les tonnages chargés seront bien moindres que projetés en début de campagne, avec la quasi absence de disponibilités à l’exportation en maïs. Nous devrions revenir à des volumes du début des années 1980 », déplore le dirigeant du terminal portuaire rochelais.
Sica Atlantique a exporté 200 000 t de maïs en 2025-2026, contre 155 800 t en 2024-2025 et 94 500 t en 2023-2024. Mais les deux produits phare du silo portuaire demeurent le blé tendre et l’orge fourragère, avec des exportations de l’ordre respectivement de 1 Mt et 500 000 t en moyenne sur les trois dernières campagnes.
Le silo portuaire va passer d’exportateur à importateur de maïs
Si les importations se sont limitées à 18 000 t de tourteau de soja en origine Brésil sur les deux premiers mois de la campagne, les déchargements de grains et autres matières premières agricoles dans les silos portuaires de la Sica Atlantique vont progresser en maïs.
Au vu de la maigre récolte de maïs attendue sur l’hinterland, le prestataire de service s’attend à passer d’exportateur à importateur de cette céréale. La situation s’annonce similaire dans les autres ports de la façade Atlantique, comme les Sables-d’Olonne, Montoir-de-Bretagne voire Nantes, selon certains échos du marché (à confirmer). « En tant que société d’intérêt collectif agricole, si nos coopératives adhérentes ont besoin de maïs, nous ferons notre possible pour leur en fournir à un prix raisonnable », assure le dirigeant de Sica Atlantique. Et d'ajouter : « Nous n'avons pas de demande d’importation de maïs à l’heure actuelle ».
Par ailleurs, la production de tournesol sur l’hinterland rochelais « n’est pas bonne » et celle de soja à l’échelle française (301 000 t en 2026, contre 396 000 t en 2025) ne sera guère meilleure, ce qui pourrait conduire à une hausse des importations en graines et/ou tourteaux oléagineux sur les installations de la Sica Atlantique sur la campagne 2026-2027.
L'activité d'exportations de céréales peu dynamique en juillet et août
« Les exportations de blé tendre (sur l’Afrique de l’Ouest) sur les deux premiers mois de la campagne 2026-2027 ont été assez poussives. Heureusement, celles en orge fourragère (sur la Chine) ont été un peu plus dynamiques et ont permis de sauver les meubles », indique Pierre-Jean Huré, directeur commercial du groupe Sica Atlantique.
| Exportations au départ du groupe Sica Atlantique | ||
| En tonnes | Juillet-août 2025 | Juillet-août 2026 |
| Blé tendre | 208 237 | 146 110 |
| Blé dur | 5 194 | 1 326 |
| Orge fourragère | 148 697 | 91 699 |
| Orge de brasserie | 4 214 | 20 447 |
| Maïs | 24 130 | 14 135 |
| Oléagineux | 28 724 | 12 921 |
| Autres | - | 4 077 |
| Total | 419 197 | 290 715 |
| Source : groupe Sica Atlantique | ||
Globalement, en ajoutant les sorties d’orge de brasserie (sur l’Inde) et de colza (sur les Pays-Bas et le Royaume-Uni), les chargements sur juillet-août 2026 sont en baisse de 37 % par rapport à la même période de l’exercice commercial précédent (cf. tableau), qui était déjà loin d’être exceptionnel pour une période de dégagement.
Un carnet de commandes vide sur les prochains mois
« Si l’activité semble repartir en septembre, avec des chargements de blé tendre en cours et à venir à destination de l’Égypte, de la Libye et l’Afrique de l’Ouest, dans les trois prochains mois, tout dépendra de ce qui se passera en Ukraine et en Russie », explique le dirigeant du terminal portuaire de La Rochelle-Pallice.
Les flux de céréales russes et ukrainiens depuis la mer Noire demeurent perturbés par les bombardements, ce qui entretient l’incertitude sur la compétitivité des céréales françaises à l’exportation.
« Si nous espérons un regain d’activité dans les prochains mois, il sera également important d’assurer des prix corrects qui permettent une rémunération satisfaisante de l’ensemble de la filière française des grains », conclut le dirigeant de la Sica.