Prix des engrais : les hausses se poursuivent dans un contexte toujours incertain au Moyen-Orient
La hausse des cours des engrais sur le marché physique français limite la demande.
La hausse des cours des engrais sur le marché physique français limite la demande.
La situation géopolitique incertaine au Moyen-Orient a continué de soutenir le marché des engrais en avril par ricochet. Le blocage du détroit d’Ormuz a fortement freiné les exportations de matières énergétiques, tandis que l’arrêt d’usines pétrochimiques pour surstocks et les dégâts subis par les terminaux portuaires lors des attaques iraniennes ont renforcé les doutes sur la capacité de la région à rétablir rapidement son offre, même en cas de résolution prochaine du conflit.
Les engrais azotés toujours sous tension
Dans ce contexte, les cours de l’urée ont poursuivi leur envolée, soutenus à la fois par la pénurie d’offres et par une demande indienne toujours dynamique. En France, les niveaux de prix élevés ont freiné les achats. Quelques transactions ont néanmoins été conclues en ammonitrate 33 %, les fabricants français ayant réduit leurs tarifs pour écouler leurs stocks de fin de campagne. Le prix moyen mensuel en avril affiche toutefois une légère hausse par rapport à mars. À l’inverse, la progression continue du cours de la solution azotée a limité les achats pour la nouvelle campagne. Les volumes engagés à ce stade demeurent nettement inférieurs à ceux observés les années précédentes.
Fermeté également du côté des engrais phosphatés
La hausse s’est également propagée aux fertilisants phosphatés. Le phosphate diammonique (DAP), dont la production nécessite des composés soufrés aujourd’hui en pénurie, a fortement progressé. Les prix du soufre ont atteint des niveaux records sous l’effet des mêmes tensions affectant le gaz et le pétrole au Moyen-Orient. Cette flambée a aussi été alimentée par l’annonce de la Chine de suspendre, dès mai, ses exportations d’acide sulfurique, composant clé dans la fabrication d’engrais.
Une réglementation européenne sous surveillance
Enfin, le bras de fer se poursuit entre le monde agricole et l’Union européenne sur la politique tarifaire. Les opérateurs attendent davantage de flexibilité concernant le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) taxant les engrais importés. Beaucoup s’interrogent sur la pertinence économique du maintien des taxes sur les engrais russes et biélorusses dans un marché européen déjà fortement sous tension.
Prix des engrais au stade distributeur (paiement 30 jours)
En €/t | Mars 2026 | Avril 2026 |
Ammonitrates 33.5 | ||
Départ usine vrac (granulés) | 501-581 | 581-525 |
Importation départ port (perlée) | inc. | inc. |
Urée | ||
Départ port vrac (granulés) | 577-759 | 759-760 |
Solutions azotées | ||
Départ Rouen | 358-455 | 455-453 |
Ternaires (15-15-15) | ||
Franco vrac camion | 580 | 580-550 |
Phosphate diammonium (DAP) | ||
Départ port vrac | 774-796 | 796-845 |
Superphosphate triple (TSP) | ||
Départ port vrac | 540-645 | 645-670 |
Binaire PK (0-25-25) | ||
Rendu silo | 517 | 517-575 |
Potasse KCl (60%) | ||
Départ vrac (compacté) | 360-365 | 360-365 |
Pour chaque engrais, les prix indiqués correspondent aux cours de début et de fin de mois.
Source : La Dépêche Le petit meunier