« Nous sommes gagnants sur tous les plans avec le groupeur à tapis courts »
La Cuma L’Arc en ciel de Chemillé-en-Anjou a investi en 2025 dans une combinaison de fauche de 8,50 m d’envergure équipée d’un groupeur à tapis courts. Cet équipement, qui a remplacé un ensemble de 6 m de large, a permis de gagner en débit de chantier et en confort, sans compromis sur la qualité.
La Cuma L’Arc en ciel de Chemillé-en-Anjou a investi en 2025 dans une combinaison de fauche de 8,50 m d’envergure équipée d’un groupeur à tapis courts. Cet équipement, qui a remplacé un ensemble de 6 m de large, a permis de gagner en débit de chantier et en confort, sans compromis sur la qualité.
« Grâce au groupeur à tapis courts de notre combinaison triple de fauche avec conditionneur à fléaux de 8,50 m de large, nous rassemblons le fourrage sur 3,80 m de large. L’herbe reste ainsi exposée au soleil avant sa reprise avec l’ensileuse automotrice dotée d’un pick-up de 4,50 m, précise Adrien Banchereau, salarié de la Cuma L’Arc en ciel de Chemillé-en-Anjou (Maine-et-Loire). Les 12 adhérents engagés sur cet équipement souhaitaient passer à un modèle plus large, afin de gagner en débit de chantier et être plus efficaces quand les fenêtres météo sont favorables. Ils ne voulaient surtout pas de tapis longs, qui forment un gros andain central ne favorisant pas le préfanage. Les agriculteurs connaissent d’ailleurs très bien les intérêts des tapis courts, car plusieurs sont en service dans le secteur, étant donné que le concessionnaire Servimac de Chemillé raccourcissait lui-même les versions longues avant que Krone propose cette solution à son catalogue. »
40 heures gagnées sur 600 hectares fauchés
Composée d’une unité frontale EasyCut F 320 CV Glide et d’un groupe arrière Easycut B 880 CV Collect, la combinaison Krone a été achetée en 2025 pour un montant de 92 000 euros HT en conditions financières de démonstration. Pour sa première campagne à la Cuma, elle a coupé 600 hectares, comme l’ancien ensemble, qui était constitué de deux faucheuses (avant + arrière) à conditionneur à fléaux de 3,20 m de large chacune. « Avec le précédent équipement monté sur un tracteur Claas Axion 810 de 205 ch, nous travaillions sur 6 m de large et rassemblions sur 4 m, à l’aide de volets groupeurs. La vitesse d’avancement allait de 15 à 18 km/h. Avec l’actuelle combinaison triple attelée pour sa première campagne sur le même tracteur, l’allure oscille généralement entre 9,5 et 12 km/h. C’est plus confortable pour le chauffeur et cela entraîne moins d’usure. L’ensemble est aussi mieux équilibré », souligne Sébastien Allard, salarié de la Cuma. Tout en roulant moins vite, le débit de chantier s’est amélioré. « À surface identique, nous avons réalisé 139 heures de fauche avec le groupe de 8,50 m, contre 179 heures avec celui de 6 m. Ce gain de 40 heures est précieux en termes d’organisation du travail, car il nous libère du temps durant les périodes de travaux les plus chargées », souligne Adrien Banchereau. Pour la saison 2026, la Cuma vient d’investir dans un tracteur Claas Axion 830 de 235 ch, dont la puissance supérieure permettra d’être plus à l’aise en terres meubles.
Moins d’heures d’ensileuse à l’herbe
Les adhérents craignaient que l’envergure soit handicapante dans les petites parcelles, mais, en réalité, il n’y a pas d’incidence. « Le plus dur est d’effectuer le premier tour. Ensuite, nous utilisons le guidage automatique pour travailler à pleine coupe », explique le chauffeur. Le groupe de fauche triple est amorti par la Cuma sur dix ans et sa prestation coûte aux adhérents 200 euros par heure, main-d’œuvre et tracteur compris. Étant donné que le débit de chantier est supérieur, le coût par hectare de 46 euros est sensiblement identique à celui de la combinaison de 6 m, dont le tarif horaire était de 150 euros. Si les adhérents n’ont pas vu leur facture de fauche baisser, ils sont en revanche gagnants à l’ensilage. « Avec les 8,50 m de fourrage bien répartis sur 3,80 m de large, l’ensileuse automotrice est correctement alimentée. Elle réalise moins de tours dans la parcelle et, même si elle avance un peu moins vite, elle affiche un meilleur débit de chantier, qui se traduit par une baisse du coût de récolte par hectare », souligne Sébastien Allard. « En roulant moins vite, les tracteurs tirant les bennes rencontrent moins de difficultés à suivre l’ensileuse, surtout lorsqu’ils sont justes en puissance et qu’en plus le sol est un peu mou », renchérit Adrien Banchereau.
La largeur de l’andain adaptée au volume de fourrage
Les groupeurs à tapis courts sont aussi appréciés par les adhérents pour leur polyvalence. « En présence de beaucoup d’herbe destinée à l’ensilage, nous réalisons trois andains côte à côte. En revanche, si le volume est faible, nous accélérons les tapis, afin de confectionner un andain moins large. Pour le foin, nous les relevons pour faucher à plat. Toutefois, lors du détourage, nous activons le tapis côté bordure pour ramener le fourrage vers l’intérieur de la parcelle. Cette opération facilite ensuite le fanage », remarque Sébastien Allard.
Les chauffeurs modifient par ailleurs l’intensité de conditionnement en fonction du fourrage récolté. « En ray-grass, par exemple, nous fermons davantage la tôle déflectrice et sélectionnons la grande vitesse de rotation (900 tr/min) des rotors à fléaux mobiles. En revanche, avec les fourrages fragiles comme la luzerne et le trèfle, nous ouvrons au maximum et engageons le petit régime (600 tr/min), afin de préserver les feuilles », soulignent-ils. Ces réglages s’opèrent facilement sur le groupe arrière à l’aide de leviers. Sur la faucheuse frontale, il faut changer de poulies les courroies d’entraînement du conditionneur. « Ce changement de vitesse est nettement plus simple que sur la précédente faucheuse frontale Krone, sur laquelle il fallait dévisser cinq boulons sur chacune des deux poulies avant de les inverser. Cette simplicité fait que nous n’hésitons plus à adapter l’intensité de conditionnement à la matière à faucher », admet Adrien Banchereau. La suspension hydraulique des unités de coupe est une autre caractéristique appréciée des chauffeurs, car ils la pilotent facilement depuis la cabine en fonction des conditions.
600 hectares avec le même jeu de couteaux
La qualité d’affûtage des couteaux des faucheuses joue un rôle considérable sur la puissance absorbée, le carburant consommé et la qualité de coupe. Pour obtenir les meilleurs résultats, Adrien Banchereau et Sébastien Allard, salariés de la Cuma L’Arc en ciel de Chemillé (Maine-et-Loire), n’hésitent pas à refaire chaque matin le tranchant des couteaux. « Nous utilisons une petite meuleuse sans fil équipée d’un disque à poncer, que nous emportons avec nous lors des chantiers importants, afin d’affûter en cours de journée », indiquent-ils. Cette pratique permet aussi de prolonger la durée de vie des couteaux, car ceux du groupe de fauche sont encore d’origine après 600 hectares coupés.
En chiffres
Parc fenaison de la Cuma de Chemillé
1 groupe de fauche triple de 8,50 m d’envergure
1 faucheuse portée arrière de 3,10 m de large
2 faneuses (6 et 8 toupies)
2 andaineurs à double rotor (un à andainage central et un à dépose latérale)
2 andaineurs portés à simple rotor
1 presse haute densité (120 x 90 cm) avec système de coupe à 26 couteaux
1 presse à balles rondes