Aller au contenu principal

Trois questions à Christophe Beaunoir, directeur général de Saipol
Saipol : « Nous ne pensons pas manquer de graines de tournesol cette année »

A l’occasion des 15 ans de l’usine de trituration de colza 100% français du Mériot, Christophe Beaunoir, directeur général de Saipol est revenu sur la situation des marchés pour La Dépêche Le petit meunier.

Christophe Beaunoir, directeur général de Saipol, sur le site du Mériot le 27 avril 2022
© Yanne Boloh

La Dépêche Le petit meunier : Il y a quelques années, Saipol indiquait que le marché mondial de l’huile de tournesol à destination de l’alimentation humaine était saturé. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas ? Est ce parti pour durer ?

Christophe Beaunoir : Pour les usages en alimentation humaine, le marché des huiles est globalement à peu près stable avec des particularités par type d’huiles. Le marché de l’huile de colza pour l’alimentation est effectivement saturé, il n’y aurait d’ailleurs pas de telles superficies en colza en France (1,1Mha) s’il n’existait pas d’autres débouchés pour cette huile comme les biocarburants car les tourteaux ne suffisent pas à l’équilibre économique de la trituration. L’équilibre des huiles est évidemment remis en cause par la guerre en Ukraine. Toutefois, l’huile de tournesol constitue un petit marché au niveau mondial puisqu’elle est principalement consommée dans l’Union Européenne, en Amérique du Sud et en Inde, le reste du monde consommant surtout des huiles de soja et de palme. Les Européens perçoivent actuellement ce déséquilibre car ils sont en première ligne mais les choses devraient retrouver un équilibre sous l’impulsion des prix relatifs. La France, voire l’UE, sème ainsi cette année plus de tournesol. Les semis sont en cours, mais nous aurions environ 100 000 hectares de tournesol de plus que l’an dernier dans l’Hexagone. Et cette tendance à la hausse des surfaces va surement perdurer l’année prochaine pour atteindre au total 1 million d’hectares en 2023 en France.

 
LD-LPM : En 2020 et 2021, des OS vendaient plus tôt leurs graines de tournesol que prévu. Quel impact cette temporalité a t elle sur votre activité et qu’est-ce qui explique cette politique de vente plus précoce que d’habitude ? Uniquement les prix ?

C.B : Oui, absolument, les marchés sont dirigés par les prix. Il est vrai qu’en 2008-2009, nombreux sont les agriculteurs à avoir regretté de ne pas avoir vendu assez tôt et d’avoir laissé passer les bonnes opportunités. Ils veulent donc saisir les occasions. Mais cela ne change en rien notre activité de trituration ni nos prévisions. Nous ne pensons pas que nous manquerons de graines cette année. Il existe d’ailleurs des volumes de graines de la récolte 2021 qui se remettent à sortir d’Ukraine par la Pologne et la Roumanie. Il faudra bien sûr voir comment se déroulent les semis et la conduite des cultures en Ukraine pour 2022 et 2023. Reste aussi la grosse interrogation sur l’état de ses outils de trituration en raison des frappes ciblées sur les différents outils de production agricoles. Or, si une usine est touchée, il faut au moins deux ans pour la reconstruire.

LD-LPM :  En 2022, il se dit que les agriculteurs et OS ayant été déçus d’avoir manqué les pics de prix, se positionnent plus tard que d’habitude.

C.B. : Les décisions des agriculteurs sont naturellement liées aux prix relatifs que ce soit pour la date de la vente ou pour leurs semis. Cette année la France sera au total proche des 2 millions d’hectares d’oléagineux entre les 1,1 M ha de colza et les 800 000 ha de tournesol. Cela redonne de réelles marges de manœuvre pour la trituration en France des graines nationales. Elles représentent d’ailleurs plus de la moitié des graines triturées par Saipol dans ses 5 outils français, deux d’entre eux (Le Meriot et Lezoux) étant d’ailleurs, de par leur localisation au milieu des terres, dédiées exclusivement aux graines françaises. Nous visons à augmenter aussi cette part nationale dans nos trois implantations portuaires, que ce soit Bassens ou Grand Couronne voire Sète. Et nous soutenons la production en France de graines à basse émissions de gaz à effet de serre avec une prime qui est passée de 27 à 50 €/t pour accompagner aussi l’augmentation des cours de colza et de tournesol avec notre dispositif OleoZe pour des graines issues de pratiques agricoles durables et tracées. Nos clients allemands et suédois notamment sont très demandeurs.

Lire aussi : "Saipol : comment le site Le Mériot traite un million de tonnes de graine de colza par an ?"

Les plus lus

Le ELPIS venu charger 30000 tonnes d'orge fourragere a destination du Mexique sur la presqu'ile Elie.
Exportations céréalières : Sénalia a enregistré une belle activité en orge fourragère sur la campagne 2025-2026

Le prestataire de services, installé sur le port de Rouen, a exporté moitié plus d’orge fourragère durant la campagne 2025-…

Installations de Nord céréales dans le port de Dunkerque.
Nord céréales : retour à une campagne céréalière quantitative et qualitative en 2025-2026

Après une récolte céréalière en 2024 catastrophique qui avait amputé de 70 % les exportations de Nord céréales entre les…

<em class="placeholder">navire à quai sur le port de la Rochelle.</em>
Sica Atlantique : des exportations céréalières tout juste satisfaisantes en 2025-2026

La campagne 2025-2026 se caractérise par un retour à la normale du niveau d’exportations céréalières pour Sica Atlantique,…

Graphique prix colza tournesol France au 8 mai 2026
Marché des céréales du 14 juillet 2026 : Les prix du blé et du maïs augmentent sur Euronext aidés par une logistique russe et ukrainienne fragilisée.

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 13 et le 14 juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le…

Graphique prix blé maïs orge France au 9 juillet 2026
Marché des céréales du 9 juillet 2026 –  Les prix du blé et du maïs augmentent dans l’attente du rapport de l’USDA et d’une baisse des stocks de fin de campagne

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 8 et le 9 juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le petit…

<em class="placeholder">Navire à quai, devant le silo portuaire de Sica Atlantique à Tonnay-Charente.</em>
Moisson 2026 : quelles perspectives de commercialisation en orge et blé pour la Sica Atlantique au port de La Rochelle avec des rendements qui s’annoncent hétérogènes ?

Le silo portuaire de La Rochelle exprime des craintes pour la campagne de commercialisation 2026-2027 qui risque de pâtir…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne