« Nous fauchons à plat pour obtenir le meilleur taux de matière sèche »
À Hudimesnil dans la Manche, les associés du Gaec du Mesnilge sont très attachés à la qualité des fourrages produits sur leur exploitation. Pour eux, la fauche à plat avec une combinaison de grande largeur est un des maillons clés de la chaîne de récolte pour réussir l’ensilage d’herbe.
À Hudimesnil dans la Manche, les associés du Gaec du Mesnilge sont très attachés à la qualité des fourrages produits sur leur exploitation. Pour eux, la fauche à plat avec une combinaison de grande largeur est un des maillons clés de la chaîne de récolte pour réussir l’ensilage d’herbe.
« Notre objectif est de réaliser un ensilage d’herbe à plus de 35 % de matière sèche dans un délai de 48 heures entre la fauche et la récolte. Comme nous ramassons en moyenne 60 hectares à chaque fois, le groupe de fauche à plat de 9 m de large est, par son débit horaire, un des outils clés dans la réussite des chantiers de récolte », souligne Patrice Clérault, associé du Gaec du Mesnilge à Hudimesnil (Manche), avec son épouse Annie, son fils Paul et son voisin André Teinture. Cet élevage laitier normand, en bio depuis 2019, alimente ses 160 vaches laitières à la traite avec une ration à base d’ensilage d’herbe et d’ensilage de maïs épi.
« Nous visons la qualité nutritive en récoltant de l’herbe jeune. L’utilisation d’une faucheuse sans conditionneur est selon nous la solution la plus adaptée pour préserver le fourrage et éviter les pertes, surtout avec les légumineuses. Étant donné que nous disposons de notre propre remorque autochargeuse, nous maîtrisons l’intégralité du chantier et adaptons la surface fauchée aux conditions météo. Nous privilégions d’ailleurs le beau temps à la quantité récoltée. N’ayant pas la contrainte de trouver des bennes pour charrier comme avec l’ensileuse, c’est facile de multiplier les coupes et nous en réalisons d’ailleurs généralement cinq par an. »
Six hectares fauchés par heure
Au total, le Gaec fauche chaque année 500 hectares avec son combiné Claas Disco de 9 m de large. L’ensilage d’herbe en représente 300 hectares, auxquels s’ajoutent 50 hectares de foin. Le reste correspond au fauchage des prairies pâturées en topping, dans lesquelles l’herbe est coupée avant l’arrivée des animaux, et à la coupe des refus dans quelques parcelles. Le premier groupe de fauche triple, qui vient d’être renouvelé en 2026 par un modèle identique (Disco 3200F Profil à l’avant et Disco 9300 à l’arrière), est arrivé en 2019, en remplacement d’un ensemble avant et arrière d’une largeur de travail de 7 m. Il avait été acheté à l’époque 42 000 euros HT et le Gaec vient de verser une soulte de 30 000 euros pour le remplacer par un neuf. « Nous avions à l’époque profité de l’aide PCAE qui nous imposait d’augmenter le débit de chantier, d’où l’acquisition d’une combinaison triple. Nous avions en même temps investi dans un andaineur à tapis Roc RT 730 pour récolter de l’herbe la plus propre possible et ramasser les légumineuses sans perdre de feuilles, afin de bénéficier d’une bonne teneur en matières azotées.
En bio, la qualité du fourrage est très importante. Plus la valeur nutritive est élevée, moins nous achetons d’aliments concentrés », précise Patrice Clérault. « Avec le groupe de 9 m, la stabilité au travail est bien supérieure à celle de l’ensemble composé d’une faucheuse frontale et d’une unité latérale arrière. De surcroît, comme la combinaison triple est bien équilibrée, nous pouvons faucher avec le tracteur en mode deux roues motrices, ce qui évite d’arracher le tapis végétal lors des manœuvres, apprécie Anthony Gohin, le salarié en charge de la fauche. Nous roulons à 15-16 km/h en moyenne et coupons environ 6 hectares par heure. La taille des parcelles va de 1 à 20 hectares, pour une moyenne de 4-5 hectares. »
L’herbe non azotée sèche plus vite
L’ensemble Claas est attelé sur un Fendt 718 Vario de 180 chevaux. « C’est agréable de faucher avec ce tracteur compact. Sa transmission à variation continue permet d’être précis dans les manœuvres, notamment dans les quarts de champ. Elle permet aussi d’adapter facilement la vitesse d’avancement, comme nous réalisons parfois des pointes à 20 km/h dans les zones les plus claires. L’autoguidage permet, lui, de travailler à pleine coupe », souligne Paul Clérault.
Les éleveurs fauchent en moyenne à une hauteur de 7-8 cm, excepté pour la luzerne pour laquelle ils retiennent 10 cm. Ils attaquent la coupe uniquement lorsque la rosée est levée, souvent en fin de matinée. Ils commencent par les parcelles à la végétation la plus dense, afin qu’elles profitent de la plus longue durée d’ensoleillement. « Nous ne fanons pas aussitôt pour laisser le temps à l’herbe de sécher. Nous passons la faneuse une seule fois, généralement le lendemain après-midi. Comme nous n’apportons pas d’azote sur les prairies, l’herbe est moins chargée en eau et sèche assez vite, permettant de récolter deux jours après la fauche », précise Patrice Clérault. Le fanage est assez rapide, car le Gaec dispose de deux faneuses portées de 9 et 11 m d’envergure. L’andainage a généralement lieu le matin de la journée d’ensilage. Il est réalisé avec l’andaineur à tapis de 7,30 m de large composé de deux unités de 3 m. « En jouant sur le sens de rotation des tapis, nous regroupons soit 10 m de large, soit 13 m, afin d’alimenter correctement la remorque autochargeuse, tout en limitant la vitesse d’avancement. Rouler vite demande de la puissance et engendre de la surconsommation de carburant », remarque l’agriculteur.
Les dix derniers hectares fauchés finissent le silo
L’andaineur à tapis est apprécié pour sa capacité à ramasser sans charger le fourrage de terre ou de pierres. « Cela se voit sur les couteaux de l’autochargeuse, qui n’ont pas d’accrocs, ce qui n’était pas le cas auparavant avec l’andaineur soleil », indique Paul Clérault. Les associés du Gaec conçoivent le silo par couches, de façon à obtenir un ensilage de qualité nutritionnelle homogène durant toute la durée de distribution. Cela implique de retirer toutes les bâches à chaque chantier et de monter sur le tas avec le tracteur et la remorque autochargeuse. « Pour terminer correctement le silo, les dix derniers hectares fauchés sont ramassés en dernier. Cela permet d’avoir environ 20 % du volume d’herbe plus humide, qui est donc plus facile à tasser », explique Patrice Clérault.
Le Gaec du Mesnilge en chiffres
4 associés : Patrice, Paul et Annie Clérault, André Teinture
2 salariés
160 vaches laitières à la traite
L’activité fenaison
500 ha d’herbe fauchés par an, dont 300 ha en ensilage (5 coupes)
1 combiné de fauche Claas de 9 m de large
2 faneuses portées Claas de 9 et 11 m
1 andaineur à tapis Roc de 7,30 m
1 remorque autochargeuse Schuitemaker à trois essieux de 55 m3 DIN
Valeurs de l’ensilage d’herbe récolté en 2025
33,9 % de matière sèche
16,5 % de protéines brutes
22 % de cellulose
0,95 UFL/0,90 UFV
101 PDIN
77 PDIE
Hacher plus fin l’ensilage d’herbe pour augmenter l’ingestion
Les associés du Gaec du Mesnilge d’Hudimesnil, dans la Manche, viennent de renouveler leur remorque autochargeuse par un modèle à trois essieux Schuitemaker Rapide 9700XC de 55 mètres cubes DIN, qui est notamment équipé d’un système de coupe à 80 couteaux. Ce dispositif est annoncé pour une longueur théorique de brins de 24 mm. « En hachant plus fin, l’objectif est d’augmenter les quantités ingérées par les vaches laitières (VL). Cette approche est incontournable pour améliorer le niveau de production des vaches qui sont déjà à 40 litres par jour. Nous espérons ainsi gagner de 1 à 1,5 litre de lait par VL et par jour », précise Patrice Clérault. Les éleveurs ne peuvent pas compter sur leur matériel de distribution pour recouper les brins, étant donné qu’ils disposent depuis 2014 d’un robot d’alimentation Lely Vector.