« Nous espérons une meilleure dynamique à l’exportation en blé tendre sur la seconde partie de campagne », indique Pierre-Jean Huré
Le directeur commercial du groupe Sica Atlantique fait le bilan du premier semestre de la campagne de commercialisation 2025-2026, en termes d’exportations de grains. Le silo portuaire rochelais a chargé 1,1 Mt, et projette d’expédier au moins autant de grains d’ici la fin juin.
Le directeur commercial du groupe Sica Atlantique fait le bilan du premier semestre de la campagne de commercialisation 2025-2026, en termes d’exportations de grains. Le silo portuaire rochelais a chargé 1,1 Mt, et projette d’expédier au moins autant de grains d’ici la fin juin.
« Le premier semestre de la campagne 2025-2026 s’est mieux passé que la précédente. Nous retrouvons des chiffres classiques, sans enregistrer un super "trade". Nous pouvons mieux faire », temporise Pierre-Jean Huré, directeur commercial du groupe Sica Atlantique. Le silo portuaire rochelais comptabilise un peu plus d’un million de tonnes d’exportations de grains entre le 1er juillet et le 31 décembre 2025, près de la moitié moins que l’an dernier et dans l’ordre de grandeur des sorties d’il y a deux ans sur la même période (cf. tableau ci-dessous).
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Forte activité en orge fourragère
Dans le détail, le prestataire de service a connu, sur la première moitié de campagne 2025-2026, « un fort dynamisme en orge fourragère, moins prononcé en blé tendre, bien que la céréale occupe la première place du podium en termes de chargement », commente le dirigeant de Sica Atlantique.
Si les expéditions de blé tendre ont progressé de 42 % entre juillet-décembre 2024 et juillet-décembre 2025, celle d’orge fourragère ont crû de 215 %. On remarquera également des trafics en orge de brasserie et en oléoprotéagineux significatifs, en hausse respectivement de 304 % et 610 % d’un semestre sur l’autre. Les dégagements de colza ont été opérés en juillet, ceux en tournesol ayant pris le relais en novembre-décembre.
| Exportations opérées par Sica Atlantique | ||||
| En tonnes | 1S 2022-2023 | 1S 2023-2024 | 1S 2024-2025 | 1S 2025-2026 |
| Blé tendre | 925 000 | 440 000 | 343 758 | 488 110 |
| Blé dur | n. p. | n. p. | 22 474 | 50 458 |
| Orge fourragère | 196 000 | 371 000 | 125 131 | 394 389 |
| Orge de brasserie | 30 000 | 15 000 | 7 984 | 32 293 |
| Maïs | 30 000 | 50 000 | 25 363 | 65 186 |
| Oleoprotéagineux | n. p. | n. p. | 8 908 | 63 298 |
| Total | 1 345 000 | 960 000 | 533 618 | 1 093 734 |
| n. p. : non parvenu | ||||
| Source : Sica Atlantique, janvier 2026. | ||||
En blé tendre, le client phare est l’Afrique de l’Ouest, suivie par le Maroc en l’absence persistante de l’Algérie en froid diplomatique avec la France. La Chine est quant à elle, le plus gros importateur d’orge fourragère en début de campagne, remplacée par l’Arabie saoudite par la suite, ce qui fait du Moyen Orient la deuxième région destinatrice des céréales chargées par Sica Atlantique, avec Oman et la Jordanie en complément.
En termes d’importations, l’Etablissement vraquier de l’Atlantique (EVA), filiale du groupe Sica Atlantique, a importé environ 150 000 tonnes de tourteau de soja sur la première partie de la campagne 2025-2026, un volume plus élevé que la campagne dernière sur la même période.
Un blé tendre au taux de protéine limite
« Dans l’absolu, nous nous attendions à une croissance de l’activité cette campagne par rapport la précédente, qui a enregistré un volume à l’exportation historiquement bas [en raison d’une récolte 2024 en céréales à paille catastrophique, NDLR] », indique Pierre-Jean Huré.
La moisson 2025 s’est quant à elle effectuée « dans de bonnes conditions », avec des tonnages normaux en orge fourragère comme en blé, ainsi qu’une « belle qualité » globalement. « Si les poids spécifiques sont très bons et les taux d’humidité satisfaisants, le taux protéique en blé tendre présente un niveau juste exportable avec ses 11 % de moyenne », détaille le dirigeant de Sica Atlantique.
Les prix sont extrêmement bas sur la scène mondiale
Autre bémol cette campagne, « les prix sont extrêmement bas sur la scène mondiale, ce qui impacte la fluidité du marché », ajoute-t-il.
Un point positif cependant : « Sica Atlantique a retrouvé sa pleine capacité de stockage et de chargement en juin dernier, après la fin des travaux post incendie [qui s’est produit le 10 août 2023, NDLR] », se réjouit le directeur commercial.
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Des prix en orge fourragère supérieurs à ceux du blé tendre
« Nous espérons que la deuxième partie de la campagne 2025-2026 sera aussi dynamique que la première. Si une grosse partie de l’orge fourragère a été vendue sur le premier semestre à la faveur de prix supérieurs à ceux du blé tendre depuis le mois d’octobre [qui ont incité les agriculteurs à lâcher leur marchandise, NDLR], il reste un gros volume de blé tendre à commercialiser », souligne Pierre-Jean Huré.
Ce dernier espère « retrouver un niveau d’activité correct en blé tendre sur le second semestre 2025-2026 », qui dépend « de la demande mondiale mais également de la logistique des grains ».
Pour l’heure, le prestataire de service n’a pas connu de problèmes logistiques que ce soit en termes de chargement maritime (avec des sorties régulières) comme en termes d’acheminement de la marchandise de l’hinterland rochelais vers les terminaux portuaires, par camion ou par train.
Un début de mois de janvier actif
Du 1er au 19 janvier 2026, Sica Atlantique a exporté 65 000 t de blé tendre (30 000 t sur l’Espagne et 35 000 t sur l’Afrique de l’Ouest), 33 000 t d’orge fourragère (sur le Maroc) et 14 000 t de blé dur (en France, dans le cadre d’un transfert de marchandise de port à port), ce qui fait un total de 112 000 t. « Nous devrions encore charger du blé tendre et de l’orge fourragère mais nous ne savons pas à quelle échéance », indique le directeur commercial du terminal portuaire.
Il faut dire que dans un environnement commercial soumis aux tensions géopolitiques de toutes sortes qui régissent la demande et la logistique en grains sur le marché mondial, il est difficile de se projeter. « Nous sommes dans le flou. Nous espérons charger un peu de maïs et enregistrer une meilleure dynamique en blé tendre », précise Pierre-Jean Huré.
La deuxième partie de campagne devra composer avec le blé argentin
Mais rien n’est moins sûr avec la concurrence de l’origine argentine dont la production est annoncée record et qui bénéficie de taxes à l’exportation abaissées récemment. « Le seul bémol viendrait d’une qualité incertaine en protéine. Est-ce que cela redonnera de la compétitivité au blé tendre français ? C’est le marché qui nous le dira », conclut le dirigeant de Sica Atlantique, qui table sur un objectif d’exportation de grains sur la campagne de commercialisation 2025-206 à 2,1 Mt.
Des conditions de culture satisfaisantes concernant la récolte 2026
Selon les échos en provenance de l’hinterland du port de La Rochelle Pallice, les semis de blé et d’orge se sont passés dans de très bonnes conditions cet automne. « Si cela augure de belles perspectives de récolte pour l’heure, il est encore trop tôt pour se prononcer car nous ne sommes pas à l’abri d’accidents climatiques cet hiver et ce printemps », temporise Pierre-Jean Huré, le directeur commercial du groupe Sica Atlantique.