Maïs : la récolte 2026 confirme la dépendance grandissante de l’Union européenne aux importations
La hausse continue des utilisations de maïs dans l’industrie des biocarburants, conjuguée à l’érosion du potentiel productif européen, renforce année après année la dépendance de l’Union européenne aux importations. Dans ce contexte, la faible récolte française de 2026 devrait conduire à un retour des importations de maïs en France, estimées à 800 000 tonnes par FranceAgriMer.
La hausse continue des utilisations de maïs dans l’industrie des biocarburants, conjuguée à l’érosion du potentiel productif européen, renforce année après année la dépendance de l’Union européenne aux importations. Dans ce contexte, la faible récolte française de 2026 devrait conduire à un retour des importations de maïs en France, estimées à 800 000 tonnes par FranceAgriMer.
Réuni le 16 septembre, le Conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer a mis en lumière une évolution structurelle du marché communautaire du maïs. En moins de vingt ans, l’Union européenne est progressivement passée d’une situation proche de l’équilibre à une dépendance croissante vis-à-vis des approvisionnements extérieurs.
Une récolte de maïs 2026 dégradée par les vagues de chaleur
La campagne 2026-2027 vient confirmer cette tendance. FranceAgriMer évalue la récolte française de maïs à seulement 8 millions de tonnes (Mt), tandis que la collecte de maïs grain ne dépasserait pas 6,9 Mt, contre plus de 11,5 Mt en 2025-2026. Le rendement moyen s’établirait à 68 q/ha, en baisse de 25 % par rapport à la campagne précédente.
Selon les estimations présentées lors du Conseil spécialisé, le rendement moyen européen s’établirait autour de 66 q/ha. La situation apparaît toutefois contrastée selon les régions. La Bulgarie et la Roumanie bénéficieraient de conditions plus favorables, avec des rendements en progression d’environ 10 % par rapport à l’an dernier.
Dans ce contexte de contraction des disponibilités, la Commission européenne estime désormais les importations communautaires de maïs à 25 Mt pour 2026-2027, soit une révision à la hausse de 4 % par rapport à ses prévisions de juillet.
La France redevient importatrice de maïs
En France, les importations de maïs pourraient atteindre près de 800 000 tonnes au cours de la campagne 2026-2027, selon les estimations de FranceAgriMer. Parallèlement, la consommation intérieure devrait s’ajuster. Face à un maïs devenu moins compétitif dans les formules alimentaires, les mises en œuvre en alimentation animale reculeraient à 1,95 million de tonnes, contre 2,8 millions de tonnes en 2025-2026.
Selon plusieurs acteurs de la nutrition animale, entre 30 % et 40 % du maïs incorporé pourrait être remplacé par du blé tendre ou de l’orge lorsque les conditions économiques le justifient.
Des prévisions d’exportations françaises de maïs qui restent élevées
Malgré le recul attendu de la production, FranceAgriMer maintient une prévision d’exportations vers les autres États membres de l’Union européenne légèrement supérieure à 2 millions de tonnes.
Ce niveau apparaît toutefois ambitieux au regard de la réduction des disponibilités françaises. L’évolution des rendements finaux, des besoins des fabricants d’aliments du bétail et de la compétitivité des origines d’Europe de l’Est sera déterminante au cours des prochains mois.
Des importations de maïs en constante progression depuis vingt ans
Au-delà des difficultés observées cette année, la hausse attendue des importations en 2026-2027 s’inscrit dans une tendance de fond qui transforme progressivement l’équilibre du marché européen du maïs.
Les importations de maïs de l’Union européenne atteignaient seulement 2,5 millions de tonnes (Mt) lors de la campagne 2008-2009. Elles ont ensuite progressé rapidement pour dépasser 11 Mt en 2012-2013, puis 17 Mt en 2017-2018. Depuis plusieurs campagnes, elles évoluent régulièrement au-dessus de 20 Mt.
L’essor des biocarburants et le changement climatique modifient les équilibres du marché du maïs
Cette augmentation des besoins d’importation s’explique en partie par le développement des débouchés industriels. Les utilisations de maïs pour fabriquer des biocarburants auraient progressé d’environ 90 % depuis 2008-2009 pour atteindre plus de 7 Mt en 2024-2025, selon l’USDA (ministère américain de l’Agriculture), tandis que la production communautaire de maïs a reculé de près de 24 % sur la période.
En cause, la baisse des rendements et des surfaces en Europe en lien avec des aléas climatiques de plus en plus fréquents. Les épisodes de sécheresse et les vagues de chaleur observés ces dernières années ont pesé sur les performances des principaux bassins producteurs, notamment en Europe centrale et occidentale.
Une évolution qui confirme que la dépendance européenne aux importations de maïs, loin d’être conjoncturelle, s’inscrit désormais dans une tendance de long terme.