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Traiter, fertiliser ou semer - La bineuse comme support de multiples applications

Outre le désherbage mécanique, la bineuse s’utilise pour d’autres opérations, telles que la pulvérisation, l’apport d’engrais en localisé ou l’implantation de couverts végétaux.

Avec des ventes dopées ces dernières années par des subventions – aujourd’hui taries – dans le cadre de différents plans nationaux, les volumes de bineuses commercialisés ont subi un net coup de frein. Les débits de chantier limités comparativement à un pulvérisateur à rampe, ainsi que les besoins de précision, font réfléchir les potentiels intéressés qui leur préfèrent les traitements en plein. Pourtant, les vertus du binage sont bien connues. « Un binage vaut deux arrosages », comme le dit l’adage. Avec les années sèches de plus en plus fréquentes, la technique trouve son intérêt. En cassant la croûte de battance et en aérant le sol, favorisant l’oxygénation des racines, le passage de la bineuse donne bien souvent un coup de boost à la culture, qui se révèle bénéfique au moment de la récolte. Et avec les herbicides de plus en plus sélectifs, c’est bien généralement la seule méthode de lutte contre certaines adventices parfois résistantes.

Le «désherbinage» bénéficie des dernières technologies

Aussi, combiner les travaux lors du binage constitue un moyen de redonner de l’intérêt à cet outil. Il est en effet possible de pulvériser sur le rang, de fertiliser ou de semer un couvert lors des différentes interventions avec la bineuse.

<em class="placeholder">Buses de pulvérisation localisée montées à l&#039;avant du châssis d&#039;un bineuse Phenix Agrosystem</em>
Les buses montées sur les bineuses s'utilisent aussi bien pour fertiliser que pour traiter sur le rang. © Pulvejuste
Afin d’éliminer les dernières adventices logées au plus près des cultures, certains pratiquent le « désherbinage ». Entre 60 et 70 % de la surface est désherbée mécaniquement, le reste – une petite bande autour du rang de culture – étant traité chimiquement. C’est une manière de réduire de manière drastique la quantité d’herbicides, tout en s’assurant de toucher toutes les adventices. Il est possible d’avoir une ou deux buses par rang pour traiter respectivement sur ou au pied de la culture.

<em class="placeholder">Désherbineuse Carré attelé à un tracteur Claas</em>
Il est possible d’avoir une ou deux buses par rang pour traiter respectivement sur ou au pied de la culture. © Carré
En termes de technologies, les désherbineuses n’ont pas à rougir face aux pulvérisateurs conventionnels. En effet, le DPAE, la circulation continue, la coupure par tronçon ou buse par buse figurent aujourd’hui au catalogue des solutions proposées par bon nombre de sociétés spécialisées dans ces équipements. Seules les buses souffrent d’un manque de choix. « Il faut en effet trouver des buses à angle faible homologuées qui conviennent aux débits et aux pressions souhaités », remarque Alexandre Taburet, d’Einböck.

En termes de périodes d’intervention, le « désherbinage » se trouve écartelé entre les conditions sèches favorables au désherbage mécanique optimal et des conditions d’hygrométrie élevée concourant à la réussite maximale du désherbage chimique. Certaines Cuma, ETA et exploitations trouvent néanmoins le bon compromis en réalisant cette opération tôt le matin, bénéficiant des conditions fraîches qui vont en s’asséchant au fur et à mesure que la journée avance, favorisant la dessication des adventices fraîchement arrachées.

Le « fertibinage » fait de plus en plus d’adeptes

Autre opération, la fertilisation au moment du binage. Cette opération est réalisée plus tardivement que le « désherbinage ». « Sur du maïs, on va intervenir au stade 7-8 feuilles, qui correspond bien souvent au dernier passage de bineuse », explique Thierry Evelin, de Carré. Le « fertibinage » semble mobiliser de plus en plus d’intérêts de la part des agriculteurs et entrepreneurs. C’est d’autant plus vrai lorsque le prix de l’engrais est élevé. « Mettre l’engrais au plus près de la culture permet de booster cette dernière tout en réduisant l’apport de 30 %, puisqu’il y a moins de perte par volatilisation ou par lessivage », explique Patrice Cordonnier de Pulvéjuste.

En engrais liquide, si certains utilisent les mêmes équipements que pour le « désherbinage », de la cuve jusqu’aux buses, d’autres incorporent l’engrais à l’aide de dents, une méthode qui rend l’apport plus efficient. Certains constructeurs ou installateurs exploitent une ou deux des trois à cinq dents par interrang sur la bineuse pour enfouir l’urée liquide, à l’aide d’un tube Inox logé derrière le soc. D’autres constructeurs, comme Carré et Einböck, ajoutent une dent droite supplémentaire pour dissocier la profondeur de travail des socs de binage de celle d’incorporation de l’engrais.

<em class="placeholder">Bineuse Carré avec trémie pour la fertilisation solide ou le semis de couverts végétaux.</em>
L'apport d'engrais en localisé, sous forme solide ou liquide, au moment du binage, permet de réduire la quantité appliquée. © Carré
Pour ce qui est de l’engrais solide, celui-ci peut être déposé à la volée en amont des socs de bineuse qui vont l’enfouir, soit à l’aide de socs et/ou de disques à une profondeur maîtrisée.

Comme pour le « désherbinage », les technologies embarquées sur la fertilisation sur bineuse vont du très simple, avec DPAM, aux technologies avancées comme le DPAE, la pesée dynamique et/ou l’Isobus.

Semer le couvert entre les rangs

Troisième type d’intervention, le semis de couvert. « Quand le maïs arrive au stade 8-10 feuilles, voire plus, on vient semer les couverts, explique Alexandre Taburet. La culture est suffisamment établie pour ne pas subir de concurrence de la part du couvert. » Le couvert est la plupart du temps appliqué à la volée, avant d’être enfoui par la bineuse. Il faut choisir des essences qui résistent bien à la faible luminosité et qui vont pleinement se développer une fois le maïs récolté.

Combiner les outils frontaux et arrière

Ajouter une deuxième fonction à la bineuse n’implique pas forcément d’alourdir de manière drastique cette dernière. « On voit de plus en plus de cuves frontales dans les exploitations, cite pour exemple Patrice Cordonnier, de Pulvéjuste. Ces cuves peuvent servir pour la fertilisation au semis des céréales ou à la plantation des pommes de terre, voire être attelées l’été pour lutter contre les éventuels départs d’incendie. Ces cuves permettent d’équilibrer le tracteur avec l’outil sur lequel on installe juste le système d’application. Cette configuration évite d’avoir à lester l’avant du tracteur, comparativement à une cuve sur la bineuse. »

Même réflexion pour les trémies frontales qui se démocratisent dans les exploitations.

Et le relevage frontal peut être aussi utilisé pour appliquer l’engrais ou le couvert à la volée, à l’image de la rampe SeedStar d’Einböck, qui peut être associée à d’autres outils comme un déchaumeur, pour le semis de couvert, ou une herse étrille, pour le sursemis sur prairie.

<em class="placeholder">Cuve frontale Kuhn PF 1500 sur tracteur Fendt et bineuse avec système de fertilisation liquide.</em>
Certains combinent fertilisation, désherbage chimique et semis de couvert avec le binage. © Ets Costedoat

<em class="placeholder">Bineuse Lemken avec cuve frontale sur un tracteur New Holland </em>
Combiner une trémie ou une cuve frontale avec la bineuse permet d'équilibrer adéquatement le tracteur © Lemken

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