Aller au contenu principal

­­­­­Entreprises de travaux agricoles : pourquoi le moral des patrons d’ETA est en berne ?

Les intempéries de 2024 qui ont notamment conduit à une mauvaise moisson génèrent une baisse d’activité et de moral chez les entrepreneurs de travaux agricoles.

Moissonneuse-batteuse déversant les grains de céréales dans une benne agricole.
55% des ETA affirment rencontrer des difficultés à être payées dans les délais et près d’une sur deux observe une hausse d’impayés, selon une étude de la FNEDT auprès de ses adhérents.
© Marie-Christine Bidault

Un patron d’ETA sur trois n’a pas le moral

Près d’un patron d’entreprise de travaux agricoles (ETA) sur trois déclare ne pas avoir le moral selon l’enquête de conjoncture de la fédération nationale entrepreneurs des territoires (FNEDT) lancée le vendredi 23 août auprès de ses adhérents entrepreneurs de travaux agricoles, ruraux et forestiers  (avec 700 réponses en 5 jours seulement). 

46% des patrons d’ETA déclarent avoir un moral moyennent bon et seulement 22% un bon moral. 38% des entreprises jugent l’activité moins bonne qu’il y a un an, et se disent dans l’incapacité de compenser la perte de chiffre d’affaires liée aux intempéries.

Relire : Entreprises de travaux agricoles : un risque de faillite en cascade lié aux intempéries, selon la FNEDT

Les ETA confrontées à des annulations de chantiers, retards de paiement voire impayés

« Que ce soient les difficultés économiques de leurs clients agriculteurs, le refus de révision de prix de certains gros groupes industriels ou la tentative de choix du moins-disant des collectivités aussi en difficultés…trésorerie et marges fondent, et les carnets de commande s’allègent dans les secteurs les plus touchés par les intempéries », commente Philippe Largeau, président de la FNEDT dans un communiqué diffusé le 29 août.

Les ETA les plus touchées sont celles se situant dans « les régions les plus impactées par le changement climatique (tempêtes, inondations, sécheresse) », pointe la fédération qui évoque une « forte dégradation des conditions de travail », « une désorganisation des travaux » et des « casses de machines ».
 

La mauvaise moisson 2024 pèse sur les trésoreries

« Les tensions économiques de leurs clients céréaliers se répercutent sur la situation des ETA », souligne aussi la fédération des entreprises de travaux agricoles qui liste parmi les conséquences de la mauvaise moisson 2024 pour ses adhérents : « des annulations de chantiers, délais de paiement allongés, trésoreries à sec ». 

55% des ETA affirment rencontrer des difficultés à être payées dans les délais et près d’une sur deux observe une hausse d’impayés.

Relire : Moisson 2024 : les pistes pour faire face aux besoins de trésorerie

12% des ETA envisagent de reporter leurs investissements voire de vendre du matériel

Face à cette situation, les patrons d’ETA se montrent prudents sur la gestion de leur entreprise. 25% déclarent vouloir reporter leurs investissements, 15% rechercher de nouveaux marchés, 10% abandonner certains marchés et 12% vendre du matériel. 

Il y a des faillites d'ETA en cours

« Il y a des faillites en cours, mais on ne peut pas encore quantifier, car c'est un processus très long », nous fait savoir la FNEDT qui pointe le chiffre de 12% d'ETA souhaitant vendre du matériel (notamment des gros engins et surtout des ensileuses) comme un indicateur très inquiétant. 

« L’inflation, en particulier sur les agroéquipements et les pièces détachées, reste bien présente à l’esprit des dirigeants », commente par ailleurs Philippe Largeau dans le communiqué de presse.

Voir tous nos articles sur les ETA

La fédération des ETA demande de l’aide à l’Etat

A l’issue de cette enquête, la FNEDT demande à l’Etat, aux banques et aux assurances de venir en aide aux entreprises de travaux agricoles, à travers des prêts garantis, une baisse des taux de prêts et des prix d’assurance et un accès à des prêts de trésorerie. 

Lire aussi : Avec 18 milliards d’euros de frais, « la mécanisation agricole marche sur la tête » selon la FNCuma

Les plus lus

Remplissage du réservoir d'un engin agricole de GNR
Comment évolue le prix du GNR avec la guerre au Moyen-Orient ?

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le prix du GNR a pris plus de 60 centimes le litre en moyenne en France,…

Remplissage du réservoir d'AdBlue d'un tracteur
Comment évolue le prix de l’AdBlue ?

Au coût du carburant qui pèse sur le compte d’exploitation des agriculteurs, s’ajoute l’AdBlue nécessaire dans tous les…

<em class="placeholder">Patrice Clérault et son fils Paul Clérault, agriculteurs à Hudimesnil dans la Manche</em>
« Nous fauchons à plat pour obtenir le meilleur taux de matière sèche »

À Hudimesnil dans la Manche, les associés du Gaec du Mesnilge sont très attachés à la qualité des fourrages produits sur leur…

<em class="placeholder">Joël Coureau devant une ensileuse New Holland FX 48 transformé en automoteur de fauche. </em>
Joël Coureau - « Près de 20 ans d’expérience en moisson décomposée »

Pionnier de la moisson décomposée dans le Tarn-et-Garonne, Joël Coureau explique les atouts et les limites de cette technique…

<em class="placeholder">Benoit Delafosse, agriculteur à Torigny-Les-Villes dans la Manche, et tracteur Case IH avec groupe de fauche Pöttinger au travail composé d&#039;une faucheuse frontale Novacat ...</em>
« Avec la faucheuse à groupeur à vis, la faneuse ne sort plus du tout »

Benoit Delafosse, agriculteur à Torigny-les-Villes dans la Manche, ne tarit pas d’éloges envers sa faucheuse latérale portée à…

<em class="placeholder">Combiné de fauche Kuhn GMD 9530 RV/FC 3125 DF attelé à un tracteur Case IH Puma 200</em>
« Une qualité d’herbe au top »

Au Gaec des Croix, à Valprivas en Haute-Loire, le groupe de fauche Kuhn à groupeur à vis a remplacé l’automoteur Krone…

Publicité