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La Cuma de L'Escut réalise de réelles économies avec la coupe à tapis

La Cuma de l’Escut a investi en 2018 dans une coupe flexible à tapis, dite Draper. Après 600 hectares récoltés, les adhérents sont satisfaits par l’augmentation de débit de chantier et de la baisse de consommation de GNR.

Les 12 adhérents de la Cuma de L’Escut, de Couloumé-Mondebat, dans le Gers, sont convaincus de la capacité des barres de coupe flexibles à ramasser les cultures au ras le sol. Ils utilisent ce type de plateforme depuis le début des années 80 pour récolter les protéagineux, notamment le soja, ainsi que les céréales. Avec leur modèle Draper flexible arrivé l’an dernier, ils semblent avoir monté d’un niveau en termes de performances. « Sur les conseils de notre concessionnaire Eurosama, nous avons acquis une coupe flexible à tapis Case IH 3162 de 9,15 m, l’une des premières en France, pour remplacer le modèle flexible 3020 de 7,65 m. Malgré la largeur de travail supplémentaire de 1,5 m, l’Axial-Flow 7230 de 450 ch avance toujours aussi vite et consomme même moins », indique Stéphane Pavan, agriculteur et chauffeur de la machine. Lors de la dernière campagne, la Cuma a récolté 600 hectares (ha) avec sa plateforme Draper, dont 380 ha de soja. La vitesse d’avancement est restée la même : entre 6 et 7 kilomètres par heure pour le soja, par exemple. La consommation de GNR a, elle, baissé de 25 %, passant de 20 à 15 litres par hectare, déplacement compris (environ 400 km de trajets routiers). Cette économie a permis de compenser l‘augmentation du prix du carburant et de maintenir le coût de la prestation à 78 euros par hectare. Stéphane Pavan estime que les meilleures performances sont à mettre au crédit de la régularité d’alimentation. « Comme les tapis acheminent régulièrement la matière devant le convoyeur, le batteur est alimenté sans à-coups et, ainsi, le moteur de la moissonneuse-batteuse tourne à charge constante. Cela se ressent particulièrement en cabine, car le niveau sonore est nettement inférieur à celui observé avec la précédente coupe à vis d’alimentation. »

Lire Aussi : Les coupes Draper allient polyvalence et performance

La vitesse des tapis à ajuster aux conditions

La flexibilité du tablier garantit une fauche au plus près du sol pour ramasser l’intégralité de la récolte. © D. Laisney

Le modèle Draper Case IH intègre une centrale hydraulique assurant l’entraînement de l’ensemble des organes : lamier, rabatteurs, tapis, tambour central d’alimentation du convoyeur et vis supérieure pour les cultures hautes. Elle possède un double châssis pour le contrôle du piquage, afin de travailler avec les doigts de la barre de coupe parallèles au sol. Ce réglage permet de corriger l’angle de l’équipement en fonction des conditions de sol, par exemple si la machine s’enfonce. Il donne également la possibilité de faire talonner la plateforme lors de la fauche au ras du sol, pour éviter de monter des pierres. Les deux tapis latéraux s’ajustent en vitesse selon le volume de récolte. Il est recommandé de les faire tourner vite avec peu de matière et plus lentement en présence d’un épais matelas de paille. L’entraînement du lamier à sections s’effectue au centre du tablier sans laisser de bande mal fauchée, ni créer de bourrages au niveau du recroisement. La cadence se paramètre en fonction de la sensibilité à l’égrenage. « Les rabatteurs aux doigts souples viennent happer la récolte en souplesse et permettent de reprendre facilement les cultures plaquées au sol. Dommage que le guidage par roulettes en acier des barres porte-dents se révèle bruyant », souligne l’agriculteur.

Flexible aux protéagineux, rigide aux céréales

La récolte du soja représente 60 % de l’activité de la coupe Draper de la Cuma de Couloumé-Mondebat. © Cuma de l'Escut

En plus du soja, la plateforme Draper ramasse un large panel de cultures : blé, orge, lentilles, chanvre, lin oléique, triticale… « Nous récoltons des parcelles en bio et certaines sont infestées de mauvaises herbes. Par exemple, dans du blé envahi de liseron, la coupe Draper avale tout et passe là où les plateformes classiques s’arrêtent à cause des enroulements autour de la vis d’alimentation », souligne Stéphane Pavan. Plus anecdotiquement, la barre de coupe est aussi utilisée pour le maïs grain. « Une solution économique en coteaux consiste à cultiver le maïs avec un interrang de 45 cm à une densité de 100 000 pieds par hectare. Nous le battons en septembre avec un rendement moyen de 60 quintaux par hectare à 15 % d’humidité. Ce maïs grain se récolte bien avec la coupe à tapis, mais il arrive que les tiges s’enroulent autour des rabatteurs », précise Stéphane Pavan. Pour cette culture, comme pour les autres céréales, le tablier demande d’être rigidifié. L’opération se réalise hydrauliquement et s’accompagne de la pose manuelle, en cinq minutes, de huit clavettes de verrouillage. En mode rigide, le contrôle de la hauteur de coupe s’effectue via des palpeurs sous la plateforme, comme une coupe conventionnelle. Sur le plan de l’entretien, la fauche à fleur de sol demande d’intervenir plus souvent sur le lamier. « Nous changeons les sections tous les 100 ha pour le soja. Les doigts frottant sur le sol s’usent assez rapidement, ainsi que les patins en téflon supportant la coupe au sol en mode flexible », reconnaissent les adhérents.

Chiffres clés

Avec la coupe Draper

600 ha récoltés, dont 380 ha de soja

15 l/ha de GNR

78 €/ha par moisson

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